samedi 20 juin 2009

Esaïe 53,4 à 6


Texte biblique

Cependant, ce sont nos souffrances qu’il a portées, C’est de nos douleurs qu’il s’est chargé ; Et nous l’avons considéré comme puni, Frappé de Dieu, et humilié. Mais il était blessé pour nos péchés, Brisé pour nos iniquités ; Le châtiment qui nous donne la paix est tombé sur lui, Et c’est par ses meurtrissures que nous sommes guéris. Nous étions tous errants comme des brebis, Chacun suivait sa propre voie ; Et l’Eternel a fait retomber sur lui l’iniquité de nous tous.

Réflexion

Ce que nous pensions de Lui et ce qu’Il faisait pour nous :

Si un contraste fort existe entre l’aspect sous lequel se présentera le Serviteur et Son identité réelle, un autre aussi fort existe entre, d’une part, ce que les hommes ont conclu à Son sujet, et ce que, en vérité, Il accomplissait pour eux dans Sa venue :

- Alors qu’Il était méprisé, déconsidéré, c’était en réalité de nos souffrances et de nos douleurs, celles dues à nos péchés, dont Il était chargé.

- Alors que le peuple, voyant sa fin, L’a cru frappé de Dieu, pour avoir peut-être osé dire ce, qu’à ses yeux, Il ne pouvait pas être, c’est pour être notre substitut qu’Il a accepté de connaître le sort qui a été le Sien.

-Alors que le peuple était séparé de Dieu, livré à lui-même comme des brebis sans berger, c’est pour le réconcilier avec Lui et l’amener à vivre de nouveau sous Sa houlette que Lui acceptera d’être chargé de ses fautes et ainsi, arraché à Sa communion.

vendredi 19 juin 2009

Esaïe 53,1 à 3


Texte biblique

Qui a cru à ce qui nous était annoncé ? Qui a reconnu le bras de l’Eternel ? Il s’est élevé devant lui comme une faible plante, Comme un rejeton qui sort d’une terre desséchée ; Il n’avait ni beauté, ni éclat pour attirer nos regards, Et son aspect n’avait rien pour nous plaire. Méprisé et abandonné des hommes, Homme de douleur et habitué à la souffrance, Semblable à celui dont on détourne le visage, Nous l’avons dédaigné, nous n’avons fait de lui aucun cas.

Réflexion

Le caractère équivoque de l’apparence du Serviteur marqué par :

- l’insignifiance de ses origines. Tout, aussi bien dans les origines sociales et géographiques de Jésus que dans les circonstances même de sa venue dans ce monde, en témoigne. Jésus est sorti de Nazareth, une localité sans éclat : Jean 1,46. Il est issu de la classe ouvrière, une classe réputée inculte et peu instruite : Jean 7,15. Il est né dans une crèche, au milieu des bœufs et des ânes : Luc 2,6-7. Peut-on imaginer entrée plus discrète sur la scène de l’histoire que celle de Celui qui allait en devenir le pivot ?

- le caractère terne de son apparence. Bien qu’il soit en réalité le plus beau des fils de l’homme : Psaume 45,3, rien ne distinguera le Serviteur dans Son aspect des autres êtres. Comme Il le dira lui-même, la condition dans laquelle Il sera et l’aspect sous lequel on Le connaîtra n’auront rien à voir avec le statut qu’en réalité Il possède : Luc 7,25.

- le sort qu’Il connaîtra. Il aura tout de celui du raté et du perdant. Tout dans ce qu’il vivra démentira, dans les apparences, les prétentions sous lesquelles Il se présentera. Impossible donc, pour quiconque ne discerne pas sous la surface la réalité, de la découvrir à la seule vue des apparences.

jeudi 18 juin 2009

Esaïe 52,13 à 15


Texte biblique

Voici, mon serviteur prospérera ; Il montera, il s’élèvera, il s’élèvera bien haut. De même qu'il a été pour plusieurs un sujet d'effroi, –Tant son visage était défiguré, Tant son aspect différait de celui des fils de l'homme, – De même il sera pour beaucoup de peuples un sujet de joie ; Devant lui des rois fermeront la bouche ; Car ils verront ce qui ne leur avait point été raconté, Ils apprendront ce qu’ils n’avaient point entendu.

Réflexion

La gloire après le mépris :

Revenant au thème principal de cette section, le thème du Serviteur, l’Eternel présente ici en quelques mots les deux aspects du parcours qui sera le Sien dans ce monde, aspects qui seront développés dans le détail dans le chapitre suivant. C’est à ce qu’on appelle en langage journalistique un chapô, c’est-à-dire une accroche bien constituée donnant au lecteur une information immédiate quant au contenu de l’article qui suit, que nous avons ici à faire avec ces versets, le développement venant dans le chapitre suivant. Alors que l’on pourrait s’attendre à ce que l’Eternel décrive le parcours du Serviteur de manière chronologique, curieusement, c’est par la fin, l’issue finale de son parcours que commence le chapô décrivant l’itinéraire du Serviteur. Peut-être y a-t-il là de la part de Dieu un parallèle avec ce dont Il vient de parler au sujet de Son peuple. Commencer par la fin, c’est prendre de manière délibérée la décision d’inscrire dès le départ le parcours du Serviteur dans le contexte de son issue finale et certaine : la victoire. N’est-ce pas là pour nous, l’Eglise, comme pour Israël, le peuple de Dieu, quelles que soient les échecs apparents et les tribulations nombreuses qui jalonnent notre parcours, la juste perspective dans laquelle il nous faut envisager et cadrer celui-ci ? Connaître la fin avant même de savoir ce qui nous attend en cours de route, n’est-ce pas là la meilleure façon, de la part de Dieu, de nous donner les ressources de foi et de persévérance nous permettant de tenir ? Quoi qu’ils nous arrivent maintenant, nous savons où nous allons et comment finiront les choses pour nous ! Que cette perspective de la gloire et de la victoire assurées qui nous attendent soit le moteur de notre foi et de notre persévérance aujourd’hui !

Le fait de commencer par la fin glorieuse qui sera celle du Serviteur a d’autant plus de poids quand on la place, comme le fait ici l’Eternel, dans le contraste saisissant de ce qu’aura été Son parcours ici-bas. Car s’il y a bien un visage auquel on n’associerait pas celui du Serviteur, c’est bien celui du Vainqueur. Jamais peut-être, dit Esaïe, quelqu’un prétendant être vainqueur n’aura, en apparence, fait ici-bas si piètre figure que le Serviteur. Cependant, Sa gloire finale sera telle que, devant Lui, des rois et des princes se prosterneront, muets de stupéfaction devant la majesté et le rayonnement de Sa Personne. L’Eternel nous donne en quelques mots la raison de ce parcours, raison reprise et expliquée également dans un des plus beaux extraits de tous les écrits de Paul : Phil 2,5 à 11. Gloire et humiliation du Serviteur, dit l’Eternel, ne tiennent qu’à une seule chose : au prix qu’Il a consenti à payer pour que, par Lui, la purification du péché des nations puisse se faire ! Oui, c’est à l’Agneau que rendent gloire pour l’éternité toutes les créatures, mais c’est à l’Agneau immolé : Apoc 5,12. Qu’Il soit déjà aujourd’hui pour nous l’objet de notre adoration !

mercredi 17 juin 2009

Esaïe 52,11 et 12


Texte biblique

Partez, partez, sortez de là ! Ne touchez rien d'impur ! Sortez du milieu d'elle ! Purifiez–vous, vous qui portez les vases de l'Eternel ! Ne sortez pas avec précipitation, Ne partez pas en fuyant ; Car l’Eternel ira devant vous, Et le Dieu d’Israël fermera votre marche.

Réflexion

Sortez calmement !

Le Seigneur étant de retour à Sion, plus aucune raison ne justifie que le peuple de Dieu exilé à Babylone, suite à l’exil de Dieu du milieu d’eux, reste plus longtemps éloigné de sa terre. Ordre est donc donné aux israélites qui sont encore à Babylone de sortir et de partir pour rentrer dans leur pays. Deux consignes d’importance sont ici données sur la façon avec laquelle doit se faire ce départ de la terre de Babylone :

1ère consigne : elle touche à l’état et aux dispositions qui doivent être ceux du peuple de Dieu dans la perspective de ses retrouvailles avec son Dieu. Si, dans le monde, un simple citoyen ne peut se présenter devant le chef de l’Etat auquel il appartient sans se plier à un certain protocole, à combien plus forte raison la rencontre du peuple de Dieu avec son Dieu nécessite-t-elle une préparation. Il est en effet impossible que le peuple de Dieu puisse se présenter devant Lui sans être auparavant purifié de tout ce que le contact avec le monde (représenté ici par Babylone), ses us, ses coutumes, sa façon de penser, a engendré comme souillure en lui. Cette préparation personnelle et intérieure ici exigée est aussi celle que le Seigneur attend de nous aussi bien chaque jour que dans la perspective de Son retour : 2 Cor 6,14 à 18 ; Ephés 5,27. Car si notre Dieu est un Dieu de grâce, Il est aussi le Saint d’Israël !

2ème consigne : elle touche au témoignage que, dans ce départ, les israélites doivent rendre à Dieu auprès de ceux chez qui ils étaient retenus en captivité. Le départ, ordonne l’Eternel, ne doit se faire ni dans la panique, ni dans la précipitation, mais dans le calme que suscite la sécurité que procure la confiance que le peuple de Dieu a en Lui. Rappelons-nous, comme cela l’a maintes fois déjà été démontré dans le passé, que le salut du peuple de Dieu, même dans des circonstances extrêmes, ne dépend jamais de sa rapidité à fuir. Lorsque Dieu a décidé de sauver Son peuple d’une situation dans laquelle, sans Lui, il périrait sûrement, c’est Dieu Lui-même qui assure à la fois ses devants et ses arrières : Exode 14,19-20. Si, à l’instar de ce que fit Loth, nous n ‘avons pas à traîner lorsque Dieu nous ordonne de quitter le lieu de notre captivité, nous n’avons pas non plus à nous hâter plus que ne l’exige la situation.

Que Dieu nous donne chaque jour les dispositions de cœur et d’esprit nous rendant aptes à Le rencontrer et, par nos attitudes, à être dans le monde les témoins de la paix que notre foi en la certitude de la souveraineté de notre Dieu suscite en nous !

mardi 16 juin 2009

Esaïe 52,7 à 10


Texte biblique

Qu’ils sont beaux sur les montagnes, Les pieds de celui qui apporte de bonnes nouvelles, Qui publie la paix ! De celui qui apporte de bonnes nouvelles, Qui publie le salut ! De celui qui dit à Sion : ton Dieu règne ! La voix de tes sentinelles retentit ; Elles élèvent la voix, Elles poussent ensemble des cris d’allégresse ; Car de leurs propres yeux elles voient Que l’Eternel ramène Sion. Eclatez ensemble en cris de joie, Ruines de Jérusalem ! Car l’Eternel console son peuple, Il rachète Jérusalem. L’Eternel découvre le bras de sa sainteté, Aux yeux de toutes les nations ; Et toutes les extrémités de la terre verront Le salut de notre Dieu.

Réflexion

La consolation :

Le châtiment dont Jérusalem a été l’objet ayant produit l’effet escompté, l’heure est venue pour elle de faire l’expérience de la consolation. Pour le peuple de Dieu longtemps privé de Sa présence, cette consolation ne peut se faire entendre pour lui que sous la forme d’une seule bonne nouvelle : la bonne nouvelle du retour de Dieu au milieu des Siens. Tout le malheur du peuple de Dieu, montre la Bible, tient à une seule chose : la désertion de Dieu du milieu d’eux à cause de leurs péchés. Ezéchiel, en son temps, sera à la fois le témoin et le rapporteur de ce fait, cause de tous les malheurs survenus à Israël.. L’exil d’Israël, sa déportation, sa captivité, son esclavage parmi les peuples étrangers ne s’expliquent que par la désertion première et l’exil de Dieu de ses frontières. Déjà au temps de Moïse et de l’exode, face au refus d’entrer dans le pays promis, Dieu, renvoyant le peuple pour 40 ans dans le désert, avait énoncé ce principe comme celui qui serait la cause première du malheur de Son peuple : Nomb 14,34. Aussi, si le malheur suprême du peuple de Dieu a pour cause la désertion de Dieu, son bonheur, sa consolation suprêmes ne peuvent venir, eux aussi, que d’une seule source : de la bonne nouvelle de Son retour parmi eux. On comprend dès lors l’admiration dont le peuple de Dieu fait preuve pour les pieds qui viennent lui apporter cette bonne nouvelle !

Si le message de la consolation fait partie du message de la grâce, nous devons veiller à ce que ce soit au bon moment qu’il soit délivré. Trop de chrétiens, désireux d’encourager les affligés qui sont l’objet de la correction de Dieu, ont tendance, poussés par leurs sentiments, à délivrer de manière trop précoce ce message. Aussi, au lieu de laisser la correction de Dieu faire son œuvre, et produire l’effet qu’Il désire, court-circuitent ils le travail de Dieu en ne Lui permettant pas d’aller au bout de Son objectif. La consolation de Dieu ne passe jamais par la minimisation de la gravité du péché. Elle n’a jamais pour objet la valorisation de Sa miséricorde aux dépens de Sa sainteté. La consolation de Dieu est dans le retour de Dieu à la place qu’Il n’aurait jamais dû perdre ou quitter, la place royale et centrale de nos vies ; et ce retour n’est possible que lorsque ce qui a provoqué Son départ a été jugé et rejeté. Confronté aux larmes du pécheur qui souffre des conséquences de son péché, nous devons veiller, dans notre désir de consoler, à ne pas porter atteinte aux droits de Dieu, de Sa justice. Car Il est Lui, le premier, la partie offensée, celle dont les droits légitimes ont été bafoué ! Que Dieu me donne un cœur à la fois rempli de Sa miséricorde pour celui qui se repent, et plein de respect et de déférence pour Celui qui, le premier a souffert de cette situation : Dieu !

samedi 13 juin 2009

Esaïe 52,1 à 6


Texte biblique

Réveille–toi ! réveille–toi ! revêts ta parure, Sion ! Revêts tes habits de fête, Jérusalem, ville sainte ! Car il n'entrera plus chez toi ni incirconcis ni impur. Secoue ta poussière, lève–toi, Mets–toi sur ton séant, Jérusalem ! Détache les liens de ton cou, Captive, fille de Sion ! Car ainsi parle l’Eternel : C’est gratuitement que vous avez été vendus, Et ce n’est pas à prix d’argent que vous serez rachetés. Car ainsi parle le Seigneur, l’Eternel: Jadis mon peuple descendit en Egypte, pour y séjourner ; Puis l’Assyrien l’opprima sans cause. Et maintenant, qu'ai–je à faire, dit l'Eternel, Quand mon peuple a été gratuitement enlevé ? Ses tyrans poussent des cris, dit l'Eternel, Et toute la durée du jour mon nom est outragé. C’est pourquoi mon peuple connaîtra mon nom ; C’est pourquoi il saura, en ce jour, Que c’est moi qui parle : me voici !

Réflexion

Prépare-toi Jérusalem !

La coupe de la colère ôtée de sa main, la situation spirituelle de Jérusalem change du tout au tout. S’il y a une chose avec laquelle le prisonnier, habitué à ses barreaux depuis longtemps, a du mal, c’est bien la liberté soudaine et brutale. De même, ne nous arrive-t-il pas souvent après avoir péché de penser que le pardon et la grâce de Dieu ne suffisent pas pour nous rétablir complètement ? Nous pensons que la joie ne nous est pas permise, qu’elle n’est pas juste, décente, imprégné que nous sommes de l’idée qu’il est légitime que nous devions payer quand même une partie de notre faute et que, par conséquent, un délai est nécessaire entre le moment du pardon et celui de la joie retrouvée. Si, effectivement, le pardon de Dieu ne nous évite pas de vivre dans notre chair et de manière pratique les conséquences de notre péché (voir l’adultère de David), c’est faire offense à Dieu de refuser de se relever et de se réjouir lorsque Lui-même, par l’effet de la générosité de Sa grâce, nous l’ordonne (voir la parabole du fils prodigue).

Aussi comprenons-nous, après l’exposé à Sion de la situation nouvelle dans laquelle elle se trouve, l’ordre qui lui est donné par Dieu d’entrer dans l’esprit de la fête. Cette fête est d’autant plus possible que ce qui, parmi le peuple, était cause de réprobation de la part de Dieu, n’est plus et ne sera plus à l’avenir. Sans inconvenance, la joie donc peut être de nouveau présente. De plus, ajoute l’Eternel, en vertu de la grâce, aucune raison, aucun interdit ne s’y oppose. Car de même que c’est en échange de rien que l’Eternel permit qu’Israël soit vendu et opprimé par ses ennemis, c’est gratuitement, sans contrepartie, sans qu’il n’ait à payer quoi que ce soit aussi qu’il peut être rétabli. Que ce soit pour Ses ennemis ou Son peuple, Dieu nous rappelle ici que rien de ce que nous recevons comme faveur de Sa part n’est dû au fait que Dieu serait notre débiteur. L’ennemi n’a le pouvoir que Dieu veut bien lui laisser pour des raisons qui Lui sont propres. De même, la bénédiction dont Son peuple est l’objet est le fruit de Sa seule générosité. Qu’as-tu, dit Paul aux corinthiens, que tu n’aies reçu ? Et si tu l’as reçu, pourquoi te glorifies-tu comme si cela n’était pas le cas : 1 Cor 4,7. Un homme ne peut recevoir, ajoute Jean-Baptiste que ce qui lui a été donnée du ciel : Jean 3,27. Que Dieu me donne de toujours m’en souvenir !

vendredi 12 juin 2009

Esaïe 51,17 à 23


Texte biblique

Réveille–toi, réveille–toi ! lève–toi, Jérusalem, Qui as bu de la main de l'Eternel la coupe de sa colère, Qui as bu, sucé jusqu'à la lie la coupe d'étourdissement ! Il n’y en a aucun pour la conduire De tous les fils qu’elle a enfantés, Il n’y en a aucun pour la prendre par la main De tous les fils qu’elle a élevés. Ces deux choses te sont arrivées : –Qui te plaindra ? –Le ravage et la ruine, la famine et l'épée. –Qui suis–je pour te consoler ? – Tes fils en défaillance gisaient à tous les coins de rues, Comme le cerf dans un filet, Chargés de la colère de l’Eternel, Des menaces de ton Dieu. C’est pourquoi, écoute ceci, malheureuse, Ivre, mais non de vin ! Ainsi parle ton Seigneur, l’Eternel, Ton Dieu, qui défend son peuple : Voici, je prends de ta main la coupe d’étourdissement, La coupe de ma colère ; Tu ne la boiras plus ! Je la mettrai dans la main de tes oppresseurs, Qui te disaient : Courbe–toi, et nous passerons ! Tu faisais alors de ton dos comme une terre, Comme une rue pour les passants.

Réflexion

Changement de main

Au soupir du peuple de voir le bras de Dieu s’éveiller pour le secourir, Dieu répond ici en invitant Jérusalem, symbole de tout Israël, à s’éveiller à son tour et à se préparer pour le changement imminent dont elle va être le bénéficiaire. En effet, Dieu l’annonce ici clairement : le temps de la colère de Dieu envers Jérusalem, temps au cours duquel la capitale juive était livrée à la vindicte et à la domination des nations est terminée. La coupe que l’Eternel avait placé dans les mains du peuple de Dieu, coupe de Sa colère et de Son jugement que tout Israël devait boire, va changer de main. Elle sera désormais placée, dit l’Eternel, dans la main de ceux qui, dans ce temps de disgrâce du peuple de Dieu, profitaient de la situation pour l’humilier, l’asservir et l’écraser.

Nous le savons tous, nous qui sommes croyants : rien de ce qui se produit dans le monde ne relève du hasard. Tout a sa source en Dieu. C’est Lui, ne cesse de dire la Bible, qui, en son temps, élève l’un et abaisse l’autre et vice versa. Aussi nous trompons-nous lourdement si nous pensons que l’histoire du monde, avec ses victoires, ses défaites, ses renversements de régimes et de situations, n’est que le pur produit d’un jeu de hasard. Tout vient là aussi de Dieu qui décide, après avoir jugé une nation, de lui ôter des mains la coupe de la colère qu’elle devait boire pour la mettre dans les mains de celle qui était, peu de temps auparavant, la cause de sa tristesse et de son malheur.. " C’est, dit Saint-Augustin, le Dieu immuable qui est la cause de tous les changements et de toutes les révolutions du monde. " Aussi celle que nous vivons dans le temps présent ! L’heure du jugement venue, rappelle Pierre, c’est par la maison de Dieu, qu’elle commence : 1 Pierre 4,17. Or, si ce qui arrive au bois vert nous stupéfie, renchérit Jésus, qu’en sera-t-il lorsque le feu s’attaquera au bois sec, prêts depuis longtemps à subir la colère : Luc 23,31 ?

Hors du fait que l’Eternel avait abandonné Son peuple, ce passage met aussi en lumière une des réalités marquantes d’une société mûre pour le jugement. C’est une société incapable de produire en son sein des chefs sages, compétents. L’absence de véritables chefs mûrs, animés d’une vision à long terme pour leur peuple, est, disait Ralph Shallis en son temps, l’un des signes probants de la fin d’une civilisation. Que Dieu nous donne en Christ d’être et de rester Ses témoins en tout temps !