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mercredi 11 mars 2009

Esaïe 36,11 à 22


Texte biblique

Eliakim, Schebna et Joach dirent à Rabschaké : Parle à tes serviteurs en araméen, car nous le comprenons ; et ne nous parle pas en langue judaïque aux oreilles du peuple qui est sur la muraille. Rabschaké répondit : Est–ce à ton maître et à toi que mon maître m'a envoyé dire ces paroles ? N'est–ce pas à ces hommes assis sur la muraille pour manger leurs excréments et pour boire leur urine avec vous ? Puis Rabschaké s’avança et cria de toute sa force en langue judaïque : Ecoutez les paroles du grand roi, du roi d’Assyrie ! Ainsi parle le roi : Qu’Ezéchias ne vous abuse point, car il ne pourra vous délivrer. Qu’Ezéchias ne vous amène point à vous confier en l’Eternel, en disant : L’Eternel nous délivrera, cette ville ne sera pas livrée entre les mains du roi d’Assyrie. N'écoutez point Ezéchias ; car ainsi parle le roi d'Assyrie : Faites la paix avec moi, rendez–vous à moi, et chacun de vous mangera de sa vigne et de son figuier, et chacun boira de l'eau de sa citerne, jusqu’à ce que je vienne, et que je vous emmène dans un pays comme le vôtre, dans un pays de blé et de vin, un pays de pain et de vignes. Qu'Ezéchias ne vous séduise point, en disant : L'Eternel nous délivrera. Les dieux des nations ont–ils délivré chacun son pays de la main du roi d'Assyrie ? Où sont les dieux de Hamath et d'Arpad ? Où sont les dieux de Sepharvaïm ? Ont–ils délivré Samarie de ma main ? Parmi tous les dieux de ces pays, quels sont ceux qui ont délivré leur pays de ma main, pour que l’Eternel délivre Jérusalem de ma main ? Mais ils se turent, et ne lui répondirent pas un mot ; car le roi avait donné cet ordre : Vous ne lui répondrez pas. Et Eliakim, fils de Hilkija, chef de la maison du roi, Schebna, le secrétaire, et Joach, fils d’Asaph, l’archiviste, vinrent auprès d’Ezéchias, les vêtements déchirés, et lui rapportèrent les paroles de Rabschaké.

Réflexion

Second discours du chef intendant du roi d’Assyrie :

Gêné par le fait que le chef intendant, doué, semble-t-il en langue, s’adressait à eux et, d’une manière suffisamment forte pour être compris par le peuple, en judéen, les envoyés d’Ezéchias insistèrent auprès de lui pour qu’il leur parle en araméen, langue commune entre eux. Le chef intendant n’en fit rien. Au contraire, se redressant de plus belle et criant encore plus fort, il mit de côté ses interlocuteurs pour s’adresser directement au peuple qui l’écoutait depuis la muraille.

Reprenant le thème de son premier discours, une incitation ouverte à ne pas s’illusionner en pensant que l’Eternel, le Dieu de Juda, puisse les délivrer, le chef intendant ajouta 2 autres éléments persuasifs décider à convaincre les judéens de se rendre :

- 1er élément : une promesse. Celle selon laquelle les judéens seront emmenés, s’ils acceptent de se rendre, dans un pays d’abondance et de prospérité semblable à celui qu’ils auront quitté. Une promesse dénuée d’une part, de tout réalisme (être étranger, emmené contre son gré dans un pays d’exil, ne sera jamais sur le plan psychologique la même chose, à condition égale, que de vivre dans son propre pays), et, d’autre part, de toute preuve de crédibilité. On sait depuis la chute ce que valent les promesses d’un ennemi.

- 2ème élément : une comparaison. Celle faite avec le vécu des autres nations, qui, elles aussi avaient des dieux, et qui, pourtant, n’ont pu résister à la puissance assyrienne. En positionnant le Dieu d’Ezéchias au même niveau que le dieu des nations conquises, le chef intendant répète la même erreur que lors de son premier discours et prouve sa méconnaissance des hauts faits par lesquels l’Eternel s’est illustré dans l’histoire. L’ignorance est souvent le fondement de l’arrogance.

Comme Ezéchias l’avait demandé, le peuple dans son entier garda le silence et ne répondit mot au discours vaniteux qui lui était adressé. Belle unité et beau consensus spirituel qui va déterminer en grande partie la suite des évènements. En effet, la réussite des projets destructeurs de l’ennemi envers le peuple de Dieu n’a-t-elle pas trop souvent pour cause l’absence d’unité du peuple de Dieu autour de son chef, Christ ? Face aux tentations subtiles et aux discours mensongers, mais séduisants de l’ennemi nous appelant au compromis avec lui, le peuple de Juda nous enseigne ici que notre salut tient dans notre unité autour de notre chef, notre ignorance volontaire des propositions qui nous sont faites, et notre soumission aux ordres et à la parole de notre Roi.

Que Dieu nous donne ensemble cette unité et cette fermeté en Lui, sans laquelle Sa présence à nos côtés et Sa puissance ne sauraient nous être assurées !

mardi 10 mars 2009

Esaïe 36,2 à 10


Texte biblique

Et le roi d’Assyrie envoya de Lakis à Jérusalem, vers le roi Ezéchias, Rabschaké avec une puissante armée. Rabschaké s’arrêta à l’aqueduc de l’étang supérieur, sur le chemin du champ du foulon. Alors Eliakim, fils de Hilkija, chef de la maison du roi, se rendit auprès de lui, avec Schebna, le secrétaire, et Joach, fils d’Asaph, l’archiviste. Rabschaké leur dit : Dites à Ezéchias : Ainsi parle le grand roi, le roi d’Assyrie : Quelle est cette confiance, sur laquelle tu t’appuies ? Je te le dis, ce ne sont que des paroles en l'air : il faut pour la guerre de la prudence et de la force. En qui donc as–tu placé ta confiance, pour t'être révolté contre moi ? Voici, tu l’as placée dans l’Egypte, tu as pris pour soutien ce roseau cassé, qui pénètre et perce la main de quiconque s’appuie dessus : tel est Pharaon, roi d’Egypte, pour tous ceux qui se confient en lui. Peut–être me diras–tu : C'est en l'Eternel, notre Dieu, que nous nous confions. Mais n'est–ce pas lui dont Ezéchias a fait disparaître les hauts lieux et les autels, en disant à Juda et à Jérusalem : Vous vous prosternerez devant cet autel ? Maintenant, fais une convention avec mon maître, le roi d’Assyrie, et je te donnerai deux mille chevaux, si tu peux fournir des cavaliers pour les monter. Comment repousserais–tu un seul chef d'entre les moindres serviteurs de mon maître ? Tu mets ta confiance dans l'Egypte pour les chars et pour les cavaliers. D'ailleurs, est–ce sans la volonté de l'Eternel que je suis monté contre ce pays pour le détruire ? L'Eternel m'a dit : Monte contre ce pays, et détruis–le.

Réflexion

Discours et menace de Sennachérib contre Ezéchias et Jérusalem :

Malgré la somme versée par Ezéchias à Sennachérib pour lui manifester son retour à la position de soumission avec laquelle il avait, par la foi en Dieu, choisi de rompre, le roi d’Assyrie décida d’aller jusqu’à Jérusalem pour provoquer et défier le roi de Juda. Avant de lancer ses armées contre la ville sainte, à la fois capitale politique et spirituelle du royaume, Ezéchias envoya et dépêcha plusieurs émissaires, hauts fonctionnaires, pour haranguer les israélites et les convaincre, avec leur roi, de se rendre au roi d’Assyrie. La tactique utilisée aussi bien que les arguments employés, témoignent de la stratégie d’intimidation adoptée par le roi ennemi pour détruire la foi d’Ezéchias et de son peuple en la toute-puissance de Dieu et en Sa capacité d’assurer leur salut. Se faisant, il nous enseigne sur la manière d’agir de notre ennemi et de notre adversaire spirituel, aujourd’hui encore à l’égard du peuple de Dieu chrétien.

1er discours du chef d’intendance du roi d’Assyrie :

Il tourne essentiellement sur la question de l’objet en qui le roi Ezéchias met sa confiance pour le sortir de sa situation et le sauver de la puissance du roi assyrien. Plusieurs éléments dans le discours du serviteur de Sennachérib laissent voir de sa part une mauvaise appréciation de ce qui constitue la foi et les actes d’Ezéchias :

1) Sennachérib pense que la foi qu’Ezéchias professe en Dieu est un alibi qui cache en fait un accord secret passé avec le Pharaon, roi d’Egypte. Sans doute pense-t-il que le roi de Juda répète la procédure suivie en son temps par Osée, le dernier roi d’Israël, royaume frère, procédure qui, on l’a vu, n’a rien donné : 2 Rois 17,4. Sennachérib ne peut concevoir qu’Ezéchias ne place sa foi qu’en Dieu. Il est persuadé, comme le chef des intendants le dit, qu’il faut pour faire la guerre un plan et une force militaire.

Le texte présent nous interpelle et nous pose la question de savoir pour nous-mêmes en quoi nous croyons et sur quoi nous nous appuyons pour combattre au nom de l’Eternel. L’Eternel est-Il réellement notre force ou, au-delà du discours que nous tenons, nous appuyons-nous en fait plus sur des moyens humains pour assurer notre salut et le succès dans nos entreprises ?

2) Le discours du chef intendant témoigne en second lieu d’une méconnaissance du Dieu qui est l’objet de la foi d’Ezéchias qui a pour corollaire une incompréhension de la décision prise par lui de limiter au seul autel situé à Jérusalem l’adoration qui Lui est rendue. Le roi assyrien n’a pas compris la différence fondamentale, soulignée et amplifiée par Jésus dans son discours avec la samaritaine : Jean 4,24, entre le Dieu d’Israël et les dieux des nations environnantes : un Dieu qui est Esprit et n’a nul besoin qu’on lui attribue des lieux spécifiques d’adoration pour assurer ceux qui croient en Lui de Sa présence.

3) Le chef intendant pousse enfin l’audace au point de prétendre que c’est l’Eternel Lui-même qui l’a envoyé pour attaquer le pays et le détruire. Se ferait-il ici le porte-parole d’échos entendus de la part d’israélites déjà en exil dans son pays, comprenant effectivement que la chute d’Israël et son invasion par les assyriens étaient l’oeuvre de Dieu ? Pas impossible !

Le chef intendant souligne un danger qui peut aussi guetter le peuple de Dieu : celui de penser que, parce que Dieu a pu nous utiliser une fois d’une certaine manière, nous puissions répéter cette action et être sûr que Dieu va l’appuyer de la même manière. Gardons-nous ainsi de toute présomption dans notre service et apprenons pour chaque chose à dépendre de Lui !

lundi 9 mars 2009

Esaïe 36,1


Texte biblique

La quatorzième année du roi Ezéchias, Sanchérib, roi d’Assyrie, monta contre toutes les villes fortes de Juda et s’en empara.

Passage parallèle : 2 Rois 18,5 à è et 13 à 16

Il mit sa confiance en l’Eternel, le Dieu d’Israël ; et parmi tous les rois de Juda qui vinrent après lui ou qui le précédèrent, il n’y en eut point de semblable à lui. Il fut attaché à l’Eternel, il ne se détourna point de lui, et il observa les commandements que l’Eternel avait prescrits à Moïse. Et l’Eternel fut avec Ezéchias, qui réussit dans toutes ses entreprises. Il se révolta contre le roi d’Assyrie, et ne lui fut plus assujetti... La quatorzième année du roi Ezéchias, Sanchérib, roi d’Assyrie, monta contre toutes les villes fortes de Juda, et s’en empara. Ezéchias, roi de Juda, envoya dire au roi d'Assyrie à Lakis : J'ai commis une faute ! Eloigne–toi de moi. Ce que tu m'imposeras, je le supporterai. Et le roi d'Assyrie imposa à Ezéchias, roi de Juda, trois cents talents d'argent et trente talents d'or. Ezéchias donna tout l’argent qui se trouvait dans la maison de l’Eternel et dans les trésors de la maison du roi. Ce fut alors qu’Ezéchias, roi de Juda, enleva, pour les livrer au roi d’Assyrie, les lames d’or dont il avait couvert les portes et les linteaux du temple de l’Eternel.

Réflexion

Attaque du roi d’Assyrie :

C’est à Ezéchias que l’on doit en premier la cause de l’attaque par le roi d’Assyrie du royaume de Juda. En effet, alors que, sous ses yeux, le royaume du Nord tombait et que tout Israël était déporté, conduit par sa foi et son attachement à Dieu, Ezéchias, peut-être conseillé par le prophète Esaïe, choisit de braver le souverain en refusant de lui payer le tribut imposé en tant que vassal. C’est ainsi contre toute logique et, pourrait-on dire, au plus mauvais moment qu’Ezéchias choisit de faire confiance à son Dieu et de s’en remettre à Lui pour assurer la sécurité et le destin de son peuple.

La réponse du roi d’Assyrie ne tarda pas à se manifester. Sennachérib leva son armée et, une après l’autre, attaqua les villes fortes du royaume de Juda et les conquit. Au lieu d’inspiration, le choix d’Ezéchias passa dès lors pour une faute et un acte de témérité insensé. Ezéchias n’avait-il pas, comme Nabal, fait preuve de folie et exposé son peuple inutilement au danger ? Face à la déferlante assyrienne, ce fut sans doute là sa conclusion. Renonçant à la prétention de liberté que lui avait inspiré sa foi, Ezéchias rentra de nouveau dans les habits du vassal et reprit la posture de soumission qu’il avait abandonné, au prix d’une rançon financière exorbitante.

L’histoire aurait pu s’arrêter là ! Elle ne le fit pas. La foi en Dieu étant à l’origine de la réaction d’Ezéchias, il était impossible que l’affaire se conclue par la victoire de l’arrogance. Ce n’était pas seulement de la parole et de l’honneur d’Ezéchias qu’il était question ici, mais de ceux de Dieu. Cela d’autant plus que, contraint, Ezéchias avait du prendre sur les richesses du temple dont Il était l’hôte pour acheter de nouveau sa liberté. La suite du récit est une démonstration de la façon avec laquelle, par la puissance de Dieu, une affaire mal partie et vouée à l’échec peut être transformée en une victoire éclatante, totale et définitive et à un renversement inconcevable des forces en présence. Mais n’est ce pas là la logique qui préside à l’oeuvre de la croix, défaite apparente, suivie par l’éclatante victoire de la résurrection ?