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vendredi 12 juin 2009

Esaïe 51,17 à 23


Texte biblique

Réveille–toi, réveille–toi ! lève–toi, Jérusalem, Qui as bu de la main de l'Eternel la coupe de sa colère, Qui as bu, sucé jusqu'à la lie la coupe d'étourdissement ! Il n’y en a aucun pour la conduire De tous les fils qu’elle a enfantés, Il n’y en a aucun pour la prendre par la main De tous les fils qu’elle a élevés. Ces deux choses te sont arrivées : –Qui te plaindra ? –Le ravage et la ruine, la famine et l'épée. –Qui suis–je pour te consoler ? – Tes fils en défaillance gisaient à tous les coins de rues, Comme le cerf dans un filet, Chargés de la colère de l’Eternel, Des menaces de ton Dieu. C’est pourquoi, écoute ceci, malheureuse, Ivre, mais non de vin ! Ainsi parle ton Seigneur, l’Eternel, Ton Dieu, qui défend son peuple : Voici, je prends de ta main la coupe d’étourdissement, La coupe de ma colère ; Tu ne la boiras plus ! Je la mettrai dans la main de tes oppresseurs, Qui te disaient : Courbe–toi, et nous passerons ! Tu faisais alors de ton dos comme une terre, Comme une rue pour les passants.

Réflexion

Changement de main

Au soupir du peuple de voir le bras de Dieu s’éveiller pour le secourir, Dieu répond ici en invitant Jérusalem, symbole de tout Israël, à s’éveiller à son tour et à se préparer pour le changement imminent dont elle va être le bénéficiaire. En effet, Dieu l’annonce ici clairement : le temps de la colère de Dieu envers Jérusalem, temps au cours duquel la capitale juive était livrée à la vindicte et à la domination des nations est terminée. La coupe que l’Eternel avait placé dans les mains du peuple de Dieu, coupe de Sa colère et de Son jugement que tout Israël devait boire, va changer de main. Elle sera désormais placée, dit l’Eternel, dans la main de ceux qui, dans ce temps de disgrâce du peuple de Dieu, profitaient de la situation pour l’humilier, l’asservir et l’écraser.

Nous le savons tous, nous qui sommes croyants : rien de ce qui se produit dans le monde ne relève du hasard. Tout a sa source en Dieu. C’est Lui, ne cesse de dire la Bible, qui, en son temps, élève l’un et abaisse l’autre et vice versa. Aussi nous trompons-nous lourdement si nous pensons que l’histoire du monde, avec ses victoires, ses défaites, ses renversements de régimes et de situations, n’est que le pur produit d’un jeu de hasard. Tout vient là aussi de Dieu qui décide, après avoir jugé une nation, de lui ôter des mains la coupe de la colère qu’elle devait boire pour la mettre dans les mains de celle qui était, peu de temps auparavant, la cause de sa tristesse et de son malheur.. " C’est, dit Saint-Augustin, le Dieu immuable qui est la cause de tous les changements et de toutes les révolutions du monde. " Aussi celle que nous vivons dans le temps présent ! L’heure du jugement venue, rappelle Pierre, c’est par la maison de Dieu, qu’elle commence : 1 Pierre 4,17. Or, si ce qui arrive au bois vert nous stupéfie, renchérit Jésus, qu’en sera-t-il lorsque le feu s’attaquera au bois sec, prêts depuis longtemps à subir la colère : Luc 23,31 ?

Hors du fait que l’Eternel avait abandonné Son peuple, ce passage met aussi en lumière une des réalités marquantes d’une société mûre pour le jugement. C’est une société incapable de produire en son sein des chefs sages, compétents. L’absence de véritables chefs mûrs, animés d’une vision à long terme pour leur peuple, est, disait Ralph Shallis en son temps, l’un des signes probants de la fin d’une civilisation. Que Dieu nous donne en Christ d’être et de rester Ses témoins en tout temps !

jeudi 11 juin 2009

Esaïe 51,9 à 16


Texte biblique

Réveille–toi, réveille–toi ! revêts–toi de force, bras de l'Eternel ! Réveille–toi, comme aux jours d'autrefois, Dans les anciens âges ! N'est–ce pas toi qui abattis l'Egypte, Qui transperças le monstre ? N'est–ce pas toi qui mis à sec la mer, Les eaux du grand abîme, Qui frayas dans les profondeurs de la mer Un chemin pour le passage des rachetés ? Ainsi les rachetés de l’Eternel retourneront, Ils iront à Sion avec chants de triomphe, Et une joie éternelle couronnera leur tête ; L’allégresse et la joie s’approcheront, La douleur et les gémissements s’enfuiront. C'est moi, c'est moi qui vous console. Qui es–tu, pour avoir peur de l'homme mortel, Et du fils de l'homme, pareil à l'herbe ? Et tu oublierais l’Eternel, qui t’a fait, Qui a étendu les cieux et fondé la terre ! Et tu tremblerais incessamment tout le jour Devant la colère de l’oppresseur, Parce qu’il cherche à détruire ! Où donc est la colère de l’oppresseur ? Bientôt celui qui est courbé sous les fers sera délivré ; Il ne mourra pas dans la fosse, Et son pain ne lui manquera pas. Je suis l’Eternel, ton Dieu, Qui soulève la mer et fais mugir ses flots. L’Eternel des armées est son nom. Je mets mes paroles dans ta bouche, Et je te couvre de l’ombre de ma main, Pour étendre de nouveaux cieux et fonder une nouvelle terre, Et pour dire à Sion: Tu es mon peuple !

Réflexion

Prière du peuple de Dieu et réponse

Fort de l’encouragement, basé sur le précédent historique d’Abraham et Sara, que Dieu lui donne, le peuple de Dieu, sur la base d’autres précédents, intercède auprès de Lui pour qu’Il accomplisse maintenant pour lui la promesse de salut et de délivrance qu’Il lui a fait. S’il en est un, ce passage est parmi ceux qui, dans toute l’Ecriture, illustre le mieux la place qu’occupe la prière dans la relation qu’a le peuple de Dieu avec Lui. Si la prière est importante, essentielle, désirée par Dieu dans notre relation avec Lui, ce texte montre cependant qu’elle n’est pas première. Ce qui vient avant la prière est Dieu, Sa Parole, la révélation qu’Il donne de Sa pensée, de Sa volonté. Ce n’est que lorsque l’homme a bien entendu la voix de Dieu qu’il peut se mettre à prier correctement et avec efficacité. A vouloir trop mettre l’insistance sur la prière, on a pu faire parfois courir le risque de faire croire au peuple que c’est de sa pratique et de son usage que tout dépend. Bien qu’étant un exercice spirituel essentiel, la prière est et ne peut être que la réponse que donne l’âme du peuple de Dieu touché, éclairé et instruit par Dieu. " J’ai entendu, c’est pourquoi je prie " pourrait être défini comme le credo de la prière, de même que celui du témoignage est : " J’ai cru, c’est pourquoi j’ai parlé : 2 Cor 4,13. "

Eclairé, instruit et assuré par Dieu quant à la certitude du triomphe de Sa justice et de Son règne, on comprend le soupir formulé ici par le peuple. Ce soupir nous rappelle la dernière prière de la Bible, formulée par l’Eglise, éclairée elle aussi par la révélation de la victoire et du triomphe final de Jésus-Christ : Apoc 22,20. Après que Son maître ait certifié qu’Il venait, et bientôt, l’Eglise toute entière prie et s’écrie : Oui ! Viens Seigneur ! Cette prière, se souhait de voir le bras de Dieu agir et mettre fin à la puissance du mal rejoint encore la première demande formulée par Jésus dans la prière type qu'Il a donné à Ses disciples : que Ton règne vienne, que Ta volonté soit faite sur terre comme au ciel : Mat 6,10. Qui, emprisonné dans un cachot et enchaîné dans des fers, n’aurait pas envie que la promesse de libération certaine que les plus hautes autorités lui auraient faites ne s’accomplissent au plus vite ! Aussi la prière du peuple de Dieu, qui est synonyme de salut pour lui et de jugement pour ses ennemis, est-elle légitime !

La réponse de Dieu au soupir et à l’attente formulés par le peuple de Dieu ne se fait pas attendre. Si Dieu n’agit pas immédiatement, Il demande une chose aux Siens en attendant cette heure : c’est d’être Ses témoins par le courage dont ils font preuve. Rien n’est plus désarmant pour les ennemis du peuple de Dieu que l’assurance dont celui-ci peut faire preuve face à l’adversité et aux menaces dont il est l’objet : Actes 4,13. D’une certaine manière, cette assurance est quelque part pour eux le signe certain, contre toute apparence, de leur condamnation. La réponse de Dieu à la prière de Son peuple nous rappelle également que rien de ce qui se produit pour lui n’est hors de son contrôle. Malgré l’apparence et leur puissance, les ennemis de Dieu ne peuvent, en matière de torts, faire au peuple de Dieu que ce qu’Il leur permet. C’est Dieu et non eux qui fixent les limites des préjudices qui lui seront faits : cf : Job 1,12 ; 2,6. Dieu rappelle enfin ici à Son peuple que Sa victoire, dont Il a parlé précédemment, est inconcevable sans la victoire avec Lui du peuple de Dieu. Victoire de Dieu et victoire (ou salut) de Son peuple sont inséparables, car l’une s’accomplit et se démontre par l’autre, et la seconde est le témoignage et la signature dans les faits de la première.

Que Dieu soit béni pour le privilège en Christ d’être vainqueur avec Lui sur le péché, la mort, le monde et Satan : cf Rom 16,20.

mercredi 10 juin 2009

Esaïe 51,4 à 8


Texte biblique

Mon peuple, sois attentif ! Ma nation, prête–moi l'oreille ! Car la loi sortira de moi, Et j'établirai ma loi pour être la lumière des peuples. Ma justice est proche, mon salut va paraître, Et mes bras jugeront les peuples ; Les îles espéreront en moi, Elles se confieront en mon bras. Levez les yeux vers le ciel, et regardez en bas sur la terre ! Car les cieux s’évanouiront comme une fumée, La terre tombera en lambeaux comme un vêtement, Et ses habitants périront comme des mouches ; Mais mon salut durera éternellement, Et ma justice n’aura point de fin. Ecoutez–moi, vous qui connaissez la justice, Peuple, qui as ma loi dans ton cœur ! Ne craignez pas l'opprobre des hommes, Et ne tremblez pas devant leurs outrages. Car la teigne les dévorera comme un vêtement, Et la gerce les rongera comme de la laine ; Mais ma justice durera éternellement, Et mon salut s’étendra d’âge en âge. Réveille–toi, réveille–toi ! revêts–toi de force, bras de l'Eternel ! Réveille–toi, comme aux jours d'autrefois, Dans les anciens âges ! N'est–ce pas toi qui abattis l'Egypte, Qui transperças le monstre ?

Réflexion

Une espérance qui ne sera pas décevante

Face au doute, l’Eternel encourage Son peuple à prendre pour certaine l’espérance de Sa victoire finale et de Son règne sur les nations. La manifestation de ce règne de Dieu se traduira de deux manières : pour ceux qui poursuivent la justice, qui ont la loi de Dieu dans leurs cœurs, elle sera synonyme de joie, de délivrance et de salut ; mais pour les incrédules et les moqueurs, elle se transformera en jugement et en terreur. Siméon et l’apôtre Paul en leur temps le soulignaient déjà : la prédication du Christ crucifié et ressuscité, témoignage de la victoire de Dieu sur les puissances mauvaises, sépare l’humanité en deux camps. Elle est pour les uns odeur de vie, pour les autres odeur de mort : Luc 2,34-35 ; 2 Cor 2,15-16.

Si l’Eternel encourage Son peuple à s’accrocher dans la foi à la certitude de la réalisation de l’espérance que Sa victoire représente, c’est, montre t-Il, aussi pour le fait qu’il n’y a pas d’autre alternative d’espoir que celle-ci. Sans la certitude du règne final et triomphal de Dieu, les hommes n’ont d’autre choix que de se résigner au règne toujours plus cruel et marqué de l’injustice. L’Eternel est formel : la loi du péché, de l’injustice, du plus fort ne sera pas celle qui prévaudra toujours dans le monde. Vient le moment où la loi de Dieu prévaudra, où ce sera elle, par la puissance et la présence du Messie, qui sera la lumière qui guidera l’éthique, la pensée, le comportement des nations. Vient le moment où tous ceux qui font les braves devant Lui périront, seront consumés, détruits. L’Eternel promet ici que la manifestation de ce règne de justice est proche. Tous ceux qui sont habités par l’Esprit en ressentent aujourd’hui, avec une sainte crainte, l’imminence. Au-delà de l’aspiration à la justice, le règne de l’Eternel est aussi la seule alternative à la décomposition physique et finale de l’univers. Oui ! Le ciel et la terre passeront, mais les paroles et les promesses de Dieu ne passeront pas : Matthieu 24,35. Que Dieu soit béni pour la richesse de l’espérance que nous avons en Christ !

mardi 9 juin 2009

Esaïe 51,1 à 3


Texte biblique

Ecoutez–moi, vous qui poursuivez la justice, Qui cherchez l'Eternel ! Portez les regards sur le rocher d'où vous avez été taillés, Sur le creux de la fosse d'où vous avez été tirés. Portez les regards sur Abraham votre père, Et sur Sara qui vous a enfantés ; Car lui seul je l’ai appelé, Je l’ai béni et multiplié. Ainsi l’Eternel a pitié de Sion, Il a pitié de toutes ses ruines ; Il rendra son désert semblable à un Eden, Et sa terre aride à un jardin de l’Eternel. La joie et l’allégresse se trouveront au milieu d’elle, Les actions de grâces et le chant des cantiques.

Réflexion

V 1 à 3 : Abraham et Sara : un précédent :

Il se peut qu’à l’écoute des promesses du Seigneur au sujet de l’avenir florissant réservé à Israël : Esaïe 49,9.19 au temps de la royauté du Messie, certains de ceux qui écoutaient Esaïe aient du mal à être convaincus de la faisabilité de ces annonces. Comment donc les convaincre et les gagner à la foi ? Quels arguments Dieu peut-Il utiliser pour que, de peuple vaincu habitant dans un pays en ruines, le peuple de Dieu soit amené à relever la tête et envisager de nouveau son avenir avec confiance ? Comme il le fait toujours lorsqu’il s’agit de soutenir et de fortifier la foi chancelante, minée par le doute, de Ses enfants, c’est à l’Ecriture, et au témoignage que celle-ci rend des hauts faits de Dieu dans le passé, que l’Eternel va avoir recours. Pour se faire, il va conduire Israël à se reporter au miracle qui fut, chacun en Israël le sait, à l’origine de l’existence même de la nation : le miracle de l’appel et de la fécondité d’Abraham et de son épouse, Sara. L’Ecriture le rappelle à maintes reprises, et plus particulièrement l’apôtre Paul lorsqu’il s’agira pour lui de mettre en valeur le principe de la foi en la grâce comme fondement de la justification : Rom 4,16 à 22 : c’est par la grâce de Dieu, par Sa puissance seule que Ses promesses s’accomplissent. Ce que Dieu requiert de l’homme n’est pas la capacité d’accomplir ou de faire ce que Dieu promet et annonce, mais la foi. Si donc Israël est né du miracle de la foi et de la puissance de Dieu, il n’y a de la part de Dieu aucune impossibilité à accomplir les promesses qu’Il lui fait pour l’avenir.

La méthode utilisée ici par Dieu pour ranimer la foi de Son peuple nous montre la valeur et le rôle qu’a, pour les croyants, la Parole de Dieu dans le mystère de la foi. Paul est clair sur le sujet : la foi vient de ce qu’on entend, du témoignage qui nous est rapporté de ce que Dieu est et fait. Et ce témoignage nous est donné par la Parole : Rom 10,17. Par la Parole de Dieu nous est rendu témoignage de tous les précédents que Dieu a accompli dans l’histoire. Tous ces précédents expliqués, démontrés sont là pour nous dire, à nous qui vivons des siècles plus tard, que ce que Dieu a fait en un temps, Il peut le faire, les mêmes conditions réunies, tout le temps. Que Dieu soit béni pour le témoignage qu’Il nous a laissé de Ses hauts faits dans l’histoire ! Par lui, l’acte de croire n’est pas un effort démesuré ! Il est plutôt l’appropriation dans nos circonstances d’une réalité qui, dans le passé, a déjà fait ses preuves. Ce que Dieu a fait, démontré dans le passé, nous pouvons croire qu’Il peut le faire maintenant et ici pour nous aujourd’hui ou demain !

Notons bien ici que si Dieu demande à Israël de porter ses regards sur Abraham et Sara, ce n’est pas sur le modèle qu’ils auraient été qu’Il leur demande de s’attarder. C’est bien plutôt pour leur montrer ce que, à partir d’un matériau stérile et incrédule, la grâce et la puissance de Dieu sont capables d’accomplir. Si nous servons de modèles au monde, ce n’est pas pour ce que nous sommes en nous-mêmes. C’est plutôt comme moyen d’illustration que Dieu veut nous utiliser. C’est à Lui seul et non à nous-mêmes que doit être rendue toute la gloire de ce qui peut sortir comme leçon pour les autres de nos vies !