jeudi 11 juin 2009

Esaïe 51,9 à 16


Texte biblique

Réveille–toi, réveille–toi ! revêts–toi de force, bras de l'Eternel ! Réveille–toi, comme aux jours d'autrefois, Dans les anciens âges ! N'est–ce pas toi qui abattis l'Egypte, Qui transperças le monstre ? N'est–ce pas toi qui mis à sec la mer, Les eaux du grand abîme, Qui frayas dans les profondeurs de la mer Un chemin pour le passage des rachetés ? Ainsi les rachetés de l’Eternel retourneront, Ils iront à Sion avec chants de triomphe, Et une joie éternelle couronnera leur tête ; L’allégresse et la joie s’approcheront, La douleur et les gémissements s’enfuiront. C'est moi, c'est moi qui vous console. Qui es–tu, pour avoir peur de l'homme mortel, Et du fils de l'homme, pareil à l'herbe ? Et tu oublierais l’Eternel, qui t’a fait, Qui a étendu les cieux et fondé la terre ! Et tu tremblerais incessamment tout le jour Devant la colère de l’oppresseur, Parce qu’il cherche à détruire ! Où donc est la colère de l’oppresseur ? Bientôt celui qui est courbé sous les fers sera délivré ; Il ne mourra pas dans la fosse, Et son pain ne lui manquera pas. Je suis l’Eternel, ton Dieu, Qui soulève la mer et fais mugir ses flots. L’Eternel des armées est son nom. Je mets mes paroles dans ta bouche, Et je te couvre de l’ombre de ma main, Pour étendre de nouveaux cieux et fonder une nouvelle terre, Et pour dire à Sion: Tu es mon peuple !

Réflexion

Prière du peuple de Dieu et réponse

Fort de l’encouragement, basé sur le précédent historique d’Abraham et Sara, que Dieu lui donne, le peuple de Dieu, sur la base d’autres précédents, intercède auprès de Lui pour qu’Il accomplisse maintenant pour lui la promesse de salut et de délivrance qu’Il lui a fait. S’il en est un, ce passage est parmi ceux qui, dans toute l’Ecriture, illustre le mieux la place qu’occupe la prière dans la relation qu’a le peuple de Dieu avec Lui. Si la prière est importante, essentielle, désirée par Dieu dans notre relation avec Lui, ce texte montre cependant qu’elle n’est pas première. Ce qui vient avant la prière est Dieu, Sa Parole, la révélation qu’Il donne de Sa pensée, de Sa volonté. Ce n’est que lorsque l’homme a bien entendu la voix de Dieu qu’il peut se mettre à prier correctement et avec efficacité. A vouloir trop mettre l’insistance sur la prière, on a pu faire parfois courir le risque de faire croire au peuple que c’est de sa pratique et de son usage que tout dépend. Bien qu’étant un exercice spirituel essentiel, la prière est et ne peut être que la réponse que donne l’âme du peuple de Dieu touché, éclairé et instruit par Dieu. " J’ai entendu, c’est pourquoi je prie " pourrait être défini comme le credo de la prière, de même que celui du témoignage est : " J’ai cru, c’est pourquoi j’ai parlé : 2 Cor 4,13. "

Eclairé, instruit et assuré par Dieu quant à la certitude du triomphe de Sa justice et de Son règne, on comprend le soupir formulé ici par le peuple. Ce soupir nous rappelle la dernière prière de la Bible, formulée par l’Eglise, éclairée elle aussi par la révélation de la victoire et du triomphe final de Jésus-Christ : Apoc 22,20. Après que Son maître ait certifié qu’Il venait, et bientôt, l’Eglise toute entière prie et s’écrie : Oui ! Viens Seigneur ! Cette prière, se souhait de voir le bras de Dieu agir et mettre fin à la puissance du mal rejoint encore la première demande formulée par Jésus dans la prière type qu'Il a donné à Ses disciples : que Ton règne vienne, que Ta volonté soit faite sur terre comme au ciel : Mat 6,10. Qui, emprisonné dans un cachot et enchaîné dans des fers, n’aurait pas envie que la promesse de libération certaine que les plus hautes autorités lui auraient faites ne s’accomplissent au plus vite ! Aussi la prière du peuple de Dieu, qui est synonyme de salut pour lui et de jugement pour ses ennemis, est-elle légitime !

La réponse de Dieu au soupir et à l’attente formulés par le peuple de Dieu ne se fait pas attendre. Si Dieu n’agit pas immédiatement, Il demande une chose aux Siens en attendant cette heure : c’est d’être Ses témoins par le courage dont ils font preuve. Rien n’est plus désarmant pour les ennemis du peuple de Dieu que l’assurance dont celui-ci peut faire preuve face à l’adversité et aux menaces dont il est l’objet : Actes 4,13. D’une certaine manière, cette assurance est quelque part pour eux le signe certain, contre toute apparence, de leur condamnation. La réponse de Dieu à la prière de Son peuple nous rappelle également que rien de ce qui se produit pour lui n’est hors de son contrôle. Malgré l’apparence et leur puissance, les ennemis de Dieu ne peuvent, en matière de torts, faire au peuple de Dieu que ce qu’Il leur permet. C’est Dieu et non eux qui fixent les limites des préjudices qui lui seront faits : cf : Job 1,12 ; 2,6. Dieu rappelle enfin ici à Son peuple que Sa victoire, dont Il a parlé précédemment, est inconcevable sans la victoire avec Lui du peuple de Dieu. Victoire de Dieu et victoire (ou salut) de Son peuple sont inséparables, car l’une s’accomplit et se démontre par l’autre, et la seconde est le témoignage et la signature dans les faits de la première.

Que Dieu soit béni pour le privilège en Christ d’être vainqueur avec Lui sur le péché, la mort, le monde et Satan : cf Rom 16,20.

mercredi 10 juin 2009

Esaïe 51,4 à 8


Texte biblique

Mon peuple, sois attentif ! Ma nation, prête–moi l'oreille ! Car la loi sortira de moi, Et j'établirai ma loi pour être la lumière des peuples. Ma justice est proche, mon salut va paraître, Et mes bras jugeront les peuples ; Les îles espéreront en moi, Elles se confieront en mon bras. Levez les yeux vers le ciel, et regardez en bas sur la terre ! Car les cieux s’évanouiront comme une fumée, La terre tombera en lambeaux comme un vêtement, Et ses habitants périront comme des mouches ; Mais mon salut durera éternellement, Et ma justice n’aura point de fin. Ecoutez–moi, vous qui connaissez la justice, Peuple, qui as ma loi dans ton cœur ! Ne craignez pas l'opprobre des hommes, Et ne tremblez pas devant leurs outrages. Car la teigne les dévorera comme un vêtement, Et la gerce les rongera comme de la laine ; Mais ma justice durera éternellement, Et mon salut s’étendra d’âge en âge. Réveille–toi, réveille–toi ! revêts–toi de force, bras de l'Eternel ! Réveille–toi, comme aux jours d'autrefois, Dans les anciens âges ! N'est–ce pas toi qui abattis l'Egypte, Qui transperças le monstre ?

Réflexion

Une espérance qui ne sera pas décevante

Face au doute, l’Eternel encourage Son peuple à prendre pour certaine l’espérance de Sa victoire finale et de Son règne sur les nations. La manifestation de ce règne de Dieu se traduira de deux manières : pour ceux qui poursuivent la justice, qui ont la loi de Dieu dans leurs cœurs, elle sera synonyme de joie, de délivrance et de salut ; mais pour les incrédules et les moqueurs, elle se transformera en jugement et en terreur. Siméon et l’apôtre Paul en leur temps le soulignaient déjà : la prédication du Christ crucifié et ressuscité, témoignage de la victoire de Dieu sur les puissances mauvaises, sépare l’humanité en deux camps. Elle est pour les uns odeur de vie, pour les autres odeur de mort : Luc 2,34-35 ; 2 Cor 2,15-16.

Si l’Eternel encourage Son peuple à s’accrocher dans la foi à la certitude de la réalisation de l’espérance que Sa victoire représente, c’est, montre t-Il, aussi pour le fait qu’il n’y a pas d’autre alternative d’espoir que celle-ci. Sans la certitude du règne final et triomphal de Dieu, les hommes n’ont d’autre choix que de se résigner au règne toujours plus cruel et marqué de l’injustice. L’Eternel est formel : la loi du péché, de l’injustice, du plus fort ne sera pas celle qui prévaudra toujours dans le monde. Vient le moment où la loi de Dieu prévaudra, où ce sera elle, par la puissance et la présence du Messie, qui sera la lumière qui guidera l’éthique, la pensée, le comportement des nations. Vient le moment où tous ceux qui font les braves devant Lui périront, seront consumés, détruits. L’Eternel promet ici que la manifestation de ce règne de justice est proche. Tous ceux qui sont habités par l’Esprit en ressentent aujourd’hui, avec une sainte crainte, l’imminence. Au-delà de l’aspiration à la justice, le règne de l’Eternel est aussi la seule alternative à la décomposition physique et finale de l’univers. Oui ! Le ciel et la terre passeront, mais les paroles et les promesses de Dieu ne passeront pas : Matthieu 24,35. Que Dieu soit béni pour la richesse de l’espérance que nous avons en Christ !

mardi 9 juin 2009

Esaïe 51,1 à 3


Texte biblique

Ecoutez–moi, vous qui poursuivez la justice, Qui cherchez l'Eternel ! Portez les regards sur le rocher d'où vous avez été taillés, Sur le creux de la fosse d'où vous avez été tirés. Portez les regards sur Abraham votre père, Et sur Sara qui vous a enfantés ; Car lui seul je l’ai appelé, Je l’ai béni et multiplié. Ainsi l’Eternel a pitié de Sion, Il a pitié de toutes ses ruines ; Il rendra son désert semblable à un Eden, Et sa terre aride à un jardin de l’Eternel. La joie et l’allégresse se trouveront au milieu d’elle, Les actions de grâces et le chant des cantiques.

Réflexion

V 1 à 3 : Abraham et Sara : un précédent :

Il se peut qu’à l’écoute des promesses du Seigneur au sujet de l’avenir florissant réservé à Israël : Esaïe 49,9.19 au temps de la royauté du Messie, certains de ceux qui écoutaient Esaïe aient du mal à être convaincus de la faisabilité de ces annonces. Comment donc les convaincre et les gagner à la foi ? Quels arguments Dieu peut-Il utiliser pour que, de peuple vaincu habitant dans un pays en ruines, le peuple de Dieu soit amené à relever la tête et envisager de nouveau son avenir avec confiance ? Comme il le fait toujours lorsqu’il s’agit de soutenir et de fortifier la foi chancelante, minée par le doute, de Ses enfants, c’est à l’Ecriture, et au témoignage que celle-ci rend des hauts faits de Dieu dans le passé, que l’Eternel va avoir recours. Pour se faire, il va conduire Israël à se reporter au miracle qui fut, chacun en Israël le sait, à l’origine de l’existence même de la nation : le miracle de l’appel et de la fécondité d’Abraham et de son épouse, Sara. L’Ecriture le rappelle à maintes reprises, et plus particulièrement l’apôtre Paul lorsqu’il s’agira pour lui de mettre en valeur le principe de la foi en la grâce comme fondement de la justification : Rom 4,16 à 22 : c’est par la grâce de Dieu, par Sa puissance seule que Ses promesses s’accomplissent. Ce que Dieu requiert de l’homme n’est pas la capacité d’accomplir ou de faire ce que Dieu promet et annonce, mais la foi. Si donc Israël est né du miracle de la foi et de la puissance de Dieu, il n’y a de la part de Dieu aucune impossibilité à accomplir les promesses qu’Il lui fait pour l’avenir.

La méthode utilisée ici par Dieu pour ranimer la foi de Son peuple nous montre la valeur et le rôle qu’a, pour les croyants, la Parole de Dieu dans le mystère de la foi. Paul est clair sur le sujet : la foi vient de ce qu’on entend, du témoignage qui nous est rapporté de ce que Dieu est et fait. Et ce témoignage nous est donné par la Parole : Rom 10,17. Par la Parole de Dieu nous est rendu témoignage de tous les précédents que Dieu a accompli dans l’histoire. Tous ces précédents expliqués, démontrés sont là pour nous dire, à nous qui vivons des siècles plus tard, que ce que Dieu a fait en un temps, Il peut le faire, les mêmes conditions réunies, tout le temps. Que Dieu soit béni pour le témoignage qu’Il nous a laissé de Ses hauts faits dans l’histoire ! Par lui, l’acte de croire n’est pas un effort démesuré ! Il est plutôt l’appropriation dans nos circonstances d’une réalité qui, dans le passé, a déjà fait ses preuves. Ce que Dieu a fait, démontré dans le passé, nous pouvons croire qu’Il peut le faire maintenant et ici pour nous aujourd’hui ou demain !

Notons bien ici que si Dieu demande à Israël de porter ses regards sur Abraham et Sara, ce n’est pas sur le modèle qu’ils auraient été qu’Il leur demande de s’attarder. C’est bien plutôt pour leur montrer ce que, à partir d’un matériau stérile et incrédule, la grâce et la puissance de Dieu sont capables d’accomplir. Si nous servons de modèles au monde, ce n’est pas pour ce que nous sommes en nous-mêmes. C’est plutôt comme moyen d’illustration que Dieu veut nous utiliser. C’est à Lui seul et non à nous-mêmes que doit être rendue toute la gloire de ce qui peut sortir comme leçon pour les autres de nos vies !

lundi 8 juin 2009

Esaïe 50,10 et 11


Texte biblique

Quiconque parmi vous craint l’Eternel, Qu’il écoute la voix de son serviteur ! Quiconque marche dans l’obscurité et manque de lumière, Qu’il se confie dans le nom de l’Eternel, Et qu’il s’appuie sur son Dieu ! Voici, vous tous qui allumez un feu, Et qui êtes armés de torches, Allez au milieu de votre feu et de vos torches enflammées ! C’est par ma main que ces choses vous arriveront ; Vous vous coucherez dans la douleur.

Réflexion

Appel du Serviteur

Disciple du Seigneur, le Serviteur est en même temps, pourrait-on dire, Son média, le porteur de Sa parole et de Son message. Cette parole, le Serviteur la décline, suivant à qui elle est destinée, en deux propositions et une menace qui, à elles seules, résument le message que Dieu adresse à toute l’humanité :

1ère proposition : les destinataires en sont ceux qui, dans le cœur, sont habités par la crainte de Dieu. Pour eux, le message du Seigneur est simple. Si vraiment dans le cœur ils ont le souci de plaire à Dieu, d’honorer Son nom, de manifester au monde la déférence qu’ils ont pour Sa Personne, une voie simple leur est offerte pour atteindre leurs buts : écouter Son serviteur, devenir en quelque sorte les disciples de Celui qui, par excellence, est le Disciple de Dieu. L’apôtre Paul, qui a embrassé cette voie, est clair : être imitateur de Christ, ou de ceux qui imitent le Christ, est la voie par excellence de la croissance spirituelle et du témoignage : 1 Cor 4,16 ; 11,1 ; Ephés 5,1 ; Phil 3,17 ; 1 Thes 1,6. Etre disciple de Christ, c’est imiter le modèle, l’exemple, les voies suivies par ceux qui démontrent qu’ils ont, dans leurs vies, opté pour ce choix : 1 Cor 4,17 ; 2 Tim 3,10-11. C’est dans la mesure où je cherche à être disciple du Christ que je peux évaluer le degré de réalité de crainte de Dieu qui m’habite. Légèreté, désinvolture envers Dieu est et restera en effet toujours impossible de faire rimer avec désir d’apprendre, d’imiter, de suivre Christ.

2ème proposition : elle s’adresse à ceux qui marchent dans les ténèbres… et qui en souffrent, qui ne se complaisent pas dans ce sort. Là aussi, le message du Serviteur à leur encontre est simple : il est un appel à la foi, une foi placée dans la révélation du nom du Seigneur. La 1ère chose en effet dont a besoin celui qui vit dans les ténèbres est d’une révélation : la révélation de qui est Dieu, définition que l’on a au travers du Nom sous lequel Il se présente. L’Evangile selon Jean est, de toute la Bible, sans nul doute l’écrit apologétique le plus fort de ce principe qui est à la base de la foi. Car, autant la foi comme condition au salut et à l’expérience de la connaissance de Dieu est l’appel qu’adresse Jean, autant la présentation de l’identité de Celui qui doit être l’objet de notre foi est chez Jean le fondement sur lequel se greffe cette foi. C’est la foi au nom de Jésus-Christ, en ce qu’Il est (d’où la répétition des " Je suis) qui est la foi qui sauve, éclaire, guide, sort celui qui est dans les ténèbres pour le conduire dans l’admirable lumière de Dieu : Jean 1,5 à 13 ; 8,12 ; 20,31 ; 1 Pierre 2,9.

Une menace : elle s’adresse à ceux qui restent animés par le feu de leur rébellion. Ce feu qu’ils ont allumé et qu’ils entretiennent, prévient le Serviteur, sera finalement le feu qui les consumera pour l’éternité. Nous pensons parfois que c’est Dieu qui allume le feu qui consume les damnés. Ce n’est pas le langage que tient l’Ecriture. C’est d’eux-mêmes, au contraire, que sort ce feu : Ezéchiel 28,18, le feu du remords, un feu qui ne s’éteint point : Mat 3,12 ; Apoc 20,10.15.15 ; 21,8.

jeudi 4 juin 2009

Esaïe 50,1 à 3


Texte biblique

Ainsi parle l'Eternel : Où est la lettre de divorce par laquelle j'ai répudié votre mère ? Ou bien, auquel de mes créanciers vous ai–je vendus ? Voici, c'est à cause de vos iniquités que vous avez été vendus, Et c'est à cause de vos péchés que votre mère a été répudiée. Je suis venu : pourquoi n'y avait–il personne ? J'ai appelé : pourquoi personne n'a–t–il répondu ? Ma main est–elle trop courte pour racheter ? N'ai–je pas assez de force pour délivrer ? Par ma menace, je dessèche la mer, Je réduis les fleuves en désert ; Leurs poissons se corrompent, faute d'eau, Et ils périssent de soif. Je revêts les cieux d’obscurité, Et je fais d’un sac leur couverture.

Réflexion

Où se situe le problème

Bine que faisant partie d’un nouveau chapitre, suivant le découpage choisi par ceux qui en sont les auteurs, les premiers versets du chapitre 50 sont inclus dans la réponse que Dieu donne à Sion quant à la réflexion qu’elle se faisait sur sa situation : 49,14. A la pensée que Dieu l’avait oublié ou abandonné, l’Eternel a répondu qu’une telle possibilité était, de Sa part, inconcevable. Si donc il est impossible à l’Eternel d’abandonner et d’oublier Jérusalem et Israël, d’où vient que le peuple de Dieu en soit réduit à l’état d’exil et de déportation dans lequel il se trouve ? La réponse de l’Eternel est à la fois une justification et une démonstration :

1. Justification : l’Eternel la présente sous la forme de deux preuves

S’il y a rupture entre Dieu et Son peuple, celle-ci n’est, dit l’Eternel, en aucun cas le fait de Son initiative. Le contrat qui lie Israël à son Dieu est semblable à celui qui lie l’homme et sa femme dans le mariage. Pour que ce contrat soit rompu, la loi prévoit qu’un document, la lettre de divorce, entérine cette décision : Deut 24,1 à 3. De plus, pour être effective, c’est par l’homme, le chef du foyer que cette lettre de divorce devait être rédigée. L’Eternel interroge Israël : où se trouve, dit-Il, le document qui attesterait de la décision de Dieu de rompre l’union qu’Il a scellée envers Israël ? Un tel document n’existe pas ! On n’en trouve trace nulle part dans toutes les pages de la Parole de Dieu. Au contraire, dit Paul, les dons et l’appel de Dieu sont irrévocables : Rom 11,29. Ce n’est en rien à une décision de Dieu qu’est due la situation d’exil et de déportation dans laquelle se trouve le peuple de Dieu !

Dieu n’ayant pas divorcé d’Israël, une 2ème possibilité peut à la rigueur expliquer la situation de séparation et de rupture vécue par le peuple de Dieu. Comme la chose peut, dans une situation extrême de pauvreté, se produire dans le monde entre parents et enfants, la déportation d’Israël serait le moyen choisi par Dieu pour payer la dette qu’il doit à ses créanciers. Là aussi, bien que devant être envisagée sur le plan de la raison, une telle possibilité est doublement absurde : d’abord parce que Dieu n’est pas un homme pour être en faute et redevable à quiconque, ensuite parce que, comme l’a déjà montré Esaïe, c’est plutôt la réalité inverse qui existe. Si des peuples doivent être sacrifiés pour la réalisation du projet de Dieu, ce n’est pas Israël mais les autres qui le seront : Esaïe 43,3-4.

2. Démonstration

Les possibilités humaines d’explication de la situation vécue par Israël, pouvant mettre en cause la responsabilité de l’Eternel, écartées, l’Eternel dresse ici le procès-verbal des causes qui sont à l’origine de l’état de fait dans lequel se trouve le peuple de Dieu :

- Si Israël a été vendu, telle une vulgaire marchandise par Dieu, point n’est la faute à Dieu, mais à leurs péchés. C’est eux-mêmes, par leurs compromis et leur idolâtrie qui se sont placés en situation de faiblesse et, finalement, d’esclavage par rapport à ceux qui les ont conquis. Chacun rappelle, l’apôtre Pierre, est l’esclave de ce qui a triomphé de lui : 2 Pierre 2,19. Il n’y a sur le plan spirituel aucune neutralité possible. Se séparer de Dieu, c’est obligatoirement se placer sous la coupe de Son ennemi, ne plus vivre par l’Esprit, c’est vivre sous l’emprise de la chair.

- Si Israël a été séparé de Dieu, point n’est la faute à Dieu qui n’a cessé d’aller vers eux, de lui envoyer ses prophètes pour l’appeler. Ce qui est arrivé à Israël est aussi ce qui advenu à la chèvre de M Seguin qui, parce qu’elle a fait la sourde aux appels de son maître qui voulait la sauver, a fini par se faire dévorer par le loup.

L’Eternel finit d’établir le procès-verbal dressant la responsabilité d’Israël dans sa situation en évoquant les capacités qui sont liées à Son pouvoir. L’Eternel n’a-t-Il pas maintes fois fait la preuve, par Ses actes sur la nature, de Sa puissance ? Israël aurait-il oublié ce qu’il a vécu à la sortie d’Egypte ou dans le désert ? Le Dieu qui a fait le ciel et la terre serait-Il impuissant pour sauver ? Prenons acte : chaque fois que nous, peuple de Dieu, en sommes réduits à une situation d’esclavage, c’est à nous seuls qu’en est la faute !

mercredi 3 juin 2009

Esaïe 49,14 à 26


Texte biblique

Sion disait : L'Eternel m'abandonne, Le Seigneur m'oublie ! – Une femme oublie–t–elle l'enfant qu'elle allaite ? N'a–t–elle pas pitié du fruit de ses entrailles ? Quand elle l'oublierait, Moi je ne t'oublierai point. Voici, je t’ai gravée sur mes mains ; Tes murs sont toujours devant mes yeux. Tes fils accourent ; Ceux qui t’avaient détruite et ravagée Sortiront du milieu de toi. Porte tes yeux alentour, et regarde : Tous ils s’assemblent, ils viennent vers toi. Je suis vivant ! dit l’Eternel, Tu les revêtiras tous comme une parure, Tu t’en ceindras comme une fiancée. Dans tes places ravagées et désertes, Dans ton pays ruiné, Tes habitants seront désormais à l’étroit ; Et ceux qui te dévoraient s’éloigneront. Ils répéteront à tes oreilles, Ces fils dont tu fus privée : L'espace est trop étroit pour moi ; Fais–moi de la place, pour que je puisse m'établir. Et tu diras en ton cœur : Qui me les a engendrés ? Car j'étais sans enfants, j'étais stérile. J'étais exilée, répudiée : qui les a élevés ? J'étais restée seule : ceux–ci, où étaient–ils ? Ainsi a parlé le Seigneur, l’Eternel : Voici: Je lèverai ma main vers les nations, Je dresserai ma bannière vers les peuples ; Et ils ramèneront tes fils entre leurs bras, Ils porteront tes filles sur les épaules. Des rois seront tes nourriciers, et leurs princesses tes nourrices ; Ils se prosterneront devant toi la face contre terre, Et ils lécheront la poussière de tes pieds, Et tu sauras que je suis l’Eternel, Et que ceux qui espèrent en moi ne seront point confus. Le butin du puissant lui sera–t–il enlevé ? Et la capture faite sur le juste échappera–t–elle ? – Oui, dit l’Eternel, la capture du puissant lui sera enlevée, Et le butin du tyran lui échappera ; Je combattrai tes ennemis, Et je sauverai tes fils. Je ferai manger à tes oppresseurs leur propre chair ; Ils s’enivreront de leur sang comme du moût ; Et toute chair saura que je suis l’Eternel, ton sauveur, Ton rédempteur, le puissant de Jacob.

Réflexion

Jérusalem rebâtie et repeuplée

S’il y a un lieu en Israël où les effets du salut opéré par le Serviteur de l’Eternel pour lui se verra, c’est sans conteste à Jérusalem, la capitale du royaume. De tout temps, tout au long de l’histoire du peuple de Dieu, Jérusalem a été le symbole vivant de la situation spirituelle exacte du peuple de Dieu. Alors que David prend le pouvoir, c’est à Jérusalem, ville qu’il fortifie, qu’il s’installe : 2 Sam 5,6 à 10. Alors que le roi d’Assyrie attaque Juda sous Ezéchias, c’est Jérusalem qu’il doit faire tomber pour dire qu’il a remporté la victoire sur le pays : Esaïe 36,1-2. Lorsque, suite à ses désobéissances, Israël et Juda sont déportés, c’est par la destruction de Jérusalem que se montre le fait que la gloire de Dieu quitte son peuple : 2 Rois 25 ; Ezéchiel 11,22 à 25. Lorsque, par la grâce de Dieu, Artaxerxès autorise les Juifs à retourner dans leur terre, c’est pour y reconstruire Jérusalem qu’ils y vont : Néhémie 1,16 à 18. Il est donc inévitable qu’Israël restauré sous l’effet de l’œuvre du Serviteur, c’est à Jérusalem que les effets de la grâce de Dieu vont être les plus visibles.

De même que, pour les exilés et les prisonniers, la liberté et le retour dans leur terre seront comme un rêve, Esaïe exprime ici l’étonnement complet que sera pour Jérusalem, à la fois sa reconstruction et le retour de ses fils qu’elle croyait à jamais perdus. Pour sa part, Jérusalem n’avait plus d’espoir, Dévastée, la gloire de Dieu l’ayant quittée, Jérusalem se pensait définitivement abandonnée, oubliée de Dieu. Dieu contredit ce sentiment de la ville par une métaphore. Une mère, dit Dieu, peut-elle oublier l’enfant qui est sorti d’elle ? Si elle le faisait, Dieu, Lui, ne le peut ! Israël et Jérusalem, nés de Dieu et choisis par Dieu, un lien indéfectible la lie pour toujours à Dieu. Quoi qu’il advienne ou qu’il soit advenu à Israël ou Jérusalem dans l’histoire, il est impossible que ce peuple et cette ville sortent de l’Esprit de Dieu. Même séparés et éloignés de Lui, ils sont et ne peuvent qu’être toujours présents à Son souvenir. Israël et Jérusalem font partie de Lui, gravés à jamais sur Ses mains. Car, paradoxe terrible, c’est là que, justement, les mains du Serviteur de Dieu ont été percées pour le péché du monde. Oui ! Comment Dieu pourrait-Il oublier Jérusalem, alors que c’est là même que s’est produit l’événement crucial de l’histoire du monde !

C’est dans l’étonnement absolu de la grâce que Jérusalem voit donc revenir dans ses murs ses fils. A la vue de leur grand nombre, sa surprise est d’autant plus grande. Ces fils si nombreux, déjà mûrs, qui les a fait naître, élevés, qui s’est occupé d’eux, alors qu’elle était dans la désolation la plus totale ? Oui ! S’il a bien un fait, un événement qui, dans le monde, atteste de la gloire de l’Eternel, c’est la survie d’Israël et, plus encore, de sa présence de nouveau si forte après des siècles de dispersion et de disparition totale de la scène du monde. Esaïe soulignera plus tard encore, par d’autre mots, le caractère stupéfiant de ce miracle : Esaïe 66,7-8.

Non seulement, souligne ici enfin Esaïe, Israël et Jérusalem, sous l’effet de l’œuvre du Serviteur Messie, sont-ils appelés à ressusciter, mais encore à occuper dans le futur la place de tête dans le cortège des nations. Non seulement les nations vont relâcher ses fils, mais, sous l’effet de la royauté du Serviteur, juste retournement des choses et de l’histoire, des rois et des princes viendront se prosterner devant le peuple de Dieu et lui faire bénéficier de leurs riches ressources, tandis que tous ceux qui, par animosité, voudront s’évertuer à l’attaquer connaîtront et subiront les assauts de la colère de Dieu. Tous verront et sauront alors, une fois pour toutes et de manière évidente que l’Eternel, le Dieu et le Sauveur d’Israël, est bien le seul et unique Dieu !

mardi 2 juin 2009

Esaïe 49,7 à 13


Texte biblique

Ainsi parle l’Eternel, le rédempteur, le Saint d’Israël, A celui qu’on méprise, qui est en horreur au peuple, A l’esclave des puissants : Des rois le verront, et ils se lèveront, Des princes, et ils se prosterneront, A cause de l’Eternel, qui est fidèle, Du Saint d’Israël, qui t’a choisi. Ainsi parle l’Eternel : Au temps de la grâce je t’exaucerai, Et au jour du salut je te secourrai ; Je te garderai, et je t’établirai pour traiter alliance avec le peuple, Pour relever le pays, Et pour distribuer les héritages désolés ; Pour dire aux captifs : Sortez ! Et à ceux qui sont dans les ténèbres : Paraissez ! Ils paîtront sur les chemins, Et ils trouveront des pâturages sur tous les coteaux. Ils n’auront pas faim et ils n’auront pas soif ; Le mirage et le soleil ne les feront point souffrir ; Car celui qui a pitié d’eux sera leur guide, Et il les conduira vers des sources d’eaux. Je changerai toutes mes montagnes en chemins, Et mes routes seront frayées. Les voici, ils viennent de loin, Les uns du septentrion et de l’occident, Les autres du pays de Sinim. Cieux, réjouissez–vous ! Terre, sois dans l'allégresse ! Montagnes, éclatez en cris de joie ! Car l'Eternel console son peuple, Il a pitié de ses malheureux.

Réflexion

Porteur de bienfaits…

Après avoir décrit la personne que sera le serviteur du Seigneur et la portée qu’aura sa mission dans le monde, Esaïe poursuit ici en énumérant les effets bénéfiques de Sa présence pour Israël. Comme il en a été dans le descriptif du serviteur, il n’y aura pas de commune mesure entre ce que celui-ci sera, dans un premier temps, sur le plan humain et la gloire qui, au final, sera attachée à Son nom. Sur le plan humain, Esaïe le dit : Il sera d’abord le méprisé, traité comme un sans-droit, comme rien par les dominateurs de son temps. Pourtant, au bout de l’histoire, à la seule évocation de Son nom, des rois et des princes se lèveront, jetteront leurs couronnes et se prosterneront devant Lui. Résultant de Son humiliation, une gloire sans pareille lui sera donnée dans tout l’univers, un nom au-dessus de tout nom. Plus que n’importe quelle autre, la plume de l’apôtre Paul va donner chair à l’annonce d’Esaïe, identifiant clairement le parcours du Serviteur méprisé, puis glorifié, à celui vécu par Jésus dans ce monde : cf Phil 2,5 à 11.

Au-delà de Sa propre Personne, c’est aux bienfaits qui résulteront pour Israël de la venue du serviteur qu’Esaïe s’attache ici. Secouru par Dieu Lui-même après Son humiliation (allusion est faite ici à la résurrection), le serviteur méprisé deviendra le Messie effectif du peuple de Dieu :

- Il sera Lui-même l’alliance du peuple : une alliance, dira Jésus, faite en son sang. Esaïe annonce ici, de manière induite, l’idée que le Serviteur sera lui-même le sacrifice par lequel la communion entre Dieu et Son peuple sera rendue possible.
- Il relèvera le pays, redonnera à chacun le patrimoine perdu
- Il sera celui qui, par sa Parole, ordonnera la libération des prisonniers
- Il sera celui qui apaisera la faim et la soif de Son peuple et lui procurera la nourriture dont il a besoin.
- Il sera à la fois leur guide pour les conduire sur des chemins préparés et aplanis et leur protecteur contre les éléments qui, dans le passé, les ont fait souffrir

Grâce à Lui enfin, tous les exilés du peuple rentreront et retourneront dans leur pays.

Notons que si ces choses se produiront de manière toute pratique pour Israël, elles trouvent aussi pleinement leur application pour les croyants d’aujourd’hui sur le plan spirituel. Jésus est déjà pour nous le Libérateur, la Source d’eau vive, le pain de vie, le bon berger… Béni soit Son grand et saint Nom !

Son règne sera un règne marqué par la joie universelle et sera, pour Israël, le temps de la consolation !