vendredi 31 juillet 2009

Esaïe 58,13-14

Texte biblique

Si tu retiens ton pied pendant le sabbat, Pour ne pas faire ta volonté en mon saint jour, Si tu fais du sabbat tes délices, Pour sanctifier l’Eternel en le glorifiant, Et si tu l’honores en ne suivant point tes voies, En ne te livrant pas à tes penchants et à de vains discours, Alors tu mettras ton plaisir en l’Eternel, Et je te ferai monter sur les hauteurs du pays, Je te ferai jouir de l’héritage de Jacob, ton père ; Car la bouche de l’Eternel a parlé.

Réflexion

Le sabbat qui plaît au Seigneur

Après la pratique du jeûne selon l’esprit qui convient au sens spirituel qu’il recouvre, l’Eternel interpelle Son peuple sur le second point de la pratique de sa piété qui, comme le 1er, a glissé de sons sens originel vers une pratique formelle, pour ne pas dire une formalité. Ce second point touche à un domaine qui, dès le don de la loi, nous est présenté comme étant à la foi cher, précieux, mais aussi premier dans l’ordre de priorités qui doit caractériser la relation du peuple de Dieu avec Lui : Exode 20,8 à 11. Ce point est celui du sabbat, ou plus exactement de ce qui caractérise l’emploi de notre temps comme de ce qui occupe nos affections en ce jour que Dieu a voulu mis à part pour Lui.

Toute piété véritable pose pour chacun de nous la question incontournable de la façon avec laquelle, en tant que peuple de Dieu, nous utilisons le jour qu’Il a mis à part pour Lui. Car, rappelle ici l’Eternel, outre le fait qu’il est un jour de repos, le jour du sabbat est d’abord un jour sacré, un jour qui Lui est consacré. Il ne convient donc pas en ce jour, et c’est faire injure à Dieu que de le faire, que le peuple de Dieu délaisse ce temps qui, normalement, Lui est destiné, pour se divertir ou s’occuper de ses propres affaires. Tout le reste de la semaine, Dieu l’a ordonné ainsi, peut et doit être consacré à la gestion des affaires et des responsabilités qui sont les nôtres ici-bas. Mais le jour du sabbat est le jour particulier où le Seigneur doit être l’objet de notre attention, nos affections, nos délices. Alors qu’autour de nous le jour du Seigneur est d’abord un jour où l’homme pense à lui et ne songe qu’à son bien-être, prenons garde, en tant que peuple de Dieu, de ne pas glisser nous aussi dans ce travers et de mépriser, par nos actes tout innocents, ce rendez-vous auquel Dieu nous attend !

Comme il en est pour le jeûne, l’Eternel précise ici que la bénédiction qu’Il tient en réserve pour les Siens est liée aussi à cette condition. Ce n’est que si je manifeste que Dieu occupe la place première dans mes affections que je pourrai connaître l’abondance des richesses que, dans Son amour, Il destine à ceux qui l’aiment.

jeudi 30 juillet 2009

Esaïe 58,6 à 12

Texte biblique

Voici le jeûne auquel je prends plaisir : Détache les chaînes de la méchanceté, Dénoue les liens de la servitude, Renvoie libres les opprimés, Et que l’on rompe toute espèce de joug ; Partage ton pain avec celui qui a faim, Et fais entrer dans ta maison les malheureux sans asile ; Si tu vois un homme nu, couvre–le, Et ne te détourne pas de ton semblable. Alors ta lumière poindra comme l’aurore, Et ta guérison germera promptement ; Ta justice marchera devant toi, Et la gloire de l’Eternel t’accompagnera. Alors tu appelleras, et l’Eternel répondra ; Tu crieras, et il dira : Me voici ! Si tu éloignes du milieu de toi le joug, Les gestes menaçants et les discours injurieux, Si tu donnes ta propre subsistance à celui qui a faim, Si tu rassasies l’âme indigente, Ta lumière se lèvera sur l’obscurité, Et tes ténèbres seront comme le midi. L’Eternel sera toujours ton guide, Il rassasiera ton âme dans les lieux arides, Et il redonnera de la vigueur à tes membres ; Tu seras comme un jardin arrosé, Comme une source dont les eaux ne tarissent pas. Les tiens rebâtiront sur d’anciennes ruines, Tu relèveras des fondements antiques ; On t’appellera réparateur des brèches, Celui qui restaure les chemins, qui rend le pays habitable.

Réflexion

Le jeûne significatif et sa portée

Toujours dans la même pensée, qui est celle de la concordance entre les actes extérieurs et les dispositions intérieures, l’Eternel donne ici à Israël la description de ce qu’est à Ses yeux un jeûne véritable et significatif. S’il y a dans la Bible bien des actes de piété mentionnés et recommandés, la pratique du jeûne apparaît parmi eux, semble-t-il, comme l’un de ceux que l’on pourrait qualifier de majeur. Acte de renoncement volontaire, le jeûne se présente dans la Bible comme un exercice spirituel traduisant une volonté forte, de la part de celui qui le pratique, de prière et de recherche d’être au diapason de la pensée et de la volonté de Dieu. Aussi, n’est-il pas étonnant que nous le trouvions exercer et pratiquer dans la Bible par des hommes et des femmes faisant preuve d’un fort attachement à Dieu et d’une grande piété : Jésus : Luc 4,2 ; Anne : Luc 2,37 ; Jean-Baptiste : Mat 3,4 ; Paul et Barnabas : Actes 13,1 à 3 etc…

Comme tout ce qui nous est donné par Dieu pour le servir, il est arrivé au jeûne au fil du temps, par l’effet de la perversion du cœur humain, ce qui s’est produit également pour toutes les autres vertus par lesquelles Dieu désire que notre cœur réponde à Son amour. Délaissant l’esprit dans lequel il doit être vécu, le jeûne est devenu un simulacre de la piété véritable, simulacre par lequel, au temps de Jésus, les hommes religieux cherchaient à se mettre eux-mêmes en valeur aux yeux des autres : Matthieu 6,16 à 18. Si, au temps d’Esaïe, ce qui péchait était de nature différente, il n’en est pas moins vrai pour autant que la pratique du jeûne avait perdu, à cause des actes de violence et d’égoïsme dont elle était par ailleurs simultanément entachée, toute valeur et signification.

Le jeûne ayant comme objectif premier, par l’insistance et la ferveur spirituelle qu’il suppose, de faire entendre sa voix à Dieu : Esaïe 58,3 ; Jac 5,17, Dieu rétablit ici les conditions liées à son efficacité. La pratique du jeûne traduisant un désir fort de recherche d’obéissance à Dieu, il est inconcevable qu’elle ne se traduise pas dans les actes à l’abandon de tout ce qui, dans notre relation avec les autres, est contraire à l’amour que Dieu leur porte. Le jeûne exprimant une volonté de renoncement, Dieu appelle Son peuple à aller, pour qu’il soit reçu tel qu’il désire qu’il le soit par Lui, dans ses applications jusqu’au bout de ce qu’il implique. Car, dans l’exercice spirituel, ce n’est pas d’abord l’acte lui-même que Dieu considère, mais l’esprit dans lequel il est vécu. Et, si ce n’est pas la somme de tout, cet esprit se révèle dans l’attitude et le comportement dont nous faisons preuve à l’égard de notre prochain le plus faible : le pauvre, le nu, le prisonnier, l’homme privé de ressource, l’humilié, l’employé pour le riche… Que sert-il, en effet à un homme de jeûner pour être entendu par Dieu si, dans sa façon d’être et de vivre auprès des autres, il ne L’écoute pas ? Que Dieu me donne toujours de me souvenir que c’est dans le concret de ma vie, mes attitudes et mes actes qu’Il juge et évalue la profondeur et la sincérité de ma piété.

Le véritable esprit du jeûne remis au centre de sa pratique, l’Eternel accompagne les exhortations au changement qu’Il donne à Son peuple par la promesse des multiples bénédictions qu’Il tient en réserve pour eux à ce sujet. L’ordre spirituel rétabli, le jeûne traduisant effectivement la soif du peuple de chercher Dieu et de pratiquer ce qu’Il a appris de Lui dans les relations humaines, Dieu le dit ici : toutes les conditions sont réunies pour que, comme Il le désire, le peuple fasse l’expérience de la bénédiction de Dieu sur lui. L’Eternel le rappelle ici de façon forte : ne peut être béni de Sa part que celui qui vit pour être un canal de bénédiction pour les autres. Ce n’est que lorsque la grâce reçue l’est dans le but d’être partagée et dispensée en direction des autres qu’elle se renouvelle dans notre propre vie.

Si la bénédiction de Dieu se traduit par de multiples bienfaits, elle est d’abord dans son essence le fruit de Sa présence personnelle avec nous. Dieu avec nous, c’est, montre ici l’Eternel, être au bénéfice de :
- Sa lumière qui fait de nous des lumières pour les autres : v 8 et 10
- Sa justice qui fait qu’en Lui nous devenions aussi pour les autres l’expression de la justice : v 8
- Sa force qui, seule, nous rétablit et guérit les blessures et dégâts occasionnés par le péché, et fait de nous une source d’encouragement pour autrui : v 8
- Sa protection dans le combat faisant de nous aux yeux des autres des témoins de ce qu’Il est à sa gloire : v 8
- Sa proximité immédiate dès notre appel au secours lancé vers Lui : v 9
- Sa direction dans tous les choix de vie qui sont devant nous : v 11
- Sa suffisance capable de nous rassasier et de répondre à tous nos besoins, et qui nous rend capable à notre tour d’abreuver et de répondre à la soif d’autrui : v 11
- Son assistance pour être les outils et les instruments au travers desquels Son œuvre, autrefois détruite par le péché, peut être reconstruite : v 12

Si de telles promesses trouvent pour Israël leur traduction de façon physique, elles sont aussi la réalité de ce que, en Christ, nous pouvons aussi vivre sur le plan spirituel.

mercredi 29 juillet 2009

Esaïe 58,1 à 5


Texte biblique

Crie à plein gosier, ne te retiens pas, Elève ta voix comme une trompette, Et annonce à mon peuple ses iniquités, A la maison de Jacob ses péchés ! Tous les jours ils me cherchent, Ils veulent connaître mes voies ; Comme une nation qui aurait pratiqué la justice Et n'aurait pas abandonné la loi de son Dieu, Ils me demandent des arrêts de justice, Ils désirent l'approche de Dieu. – Que nous sert de jeûner, si tu ne le vois pas ? De mortifier notre âme, si tu n'y as point égard ? –Voici, le jour de votre jeûne, vous vous livrez à vos penchants, Et vous traitez durement tous vos mercenaires. Voici, vous jeûnez pour disputer et vous quereller, Pour frapper méchamment du poing ; Vous ne jeûnez pas comme le veut ce jour, Pour que votre voix soit entendue en haut. Est–ce là le jeûne auquel je prends plaisir, Un jour où l'homme humilie son âme ? Courber la tête comme un jonc, Et se coucher sur le sac et la cendre, Est–ce là ce que tu appelleras un jeûne, Un jour agréable à l'Eternel ?

Réflexion
Inutilité des actes de piété sans pratique

Poursuivant dans la dénonciation des attitudes par lesquelles Israël se rend coupable devant son Dieu, l’Eternel met ici le doigt sur un comportement qui, malheureusement, se retrouve de façon assez commune et permanente dans la vie du peuple de Dieu. Ce comportement est celui qui consiste à vivre dans une dichotomie totale entre les actes de piété dont on peut faire preuve extérieurement et l’esprit ou l’attitude qui intérieurement nous habitent. Ainsi en était-il d’Israël qui, sur le plan du formalisme religieux, agissait comme s’il était animé d’un véritable désir de proximité et de recherche de Dieu (en pratiquant le jeûne) et qui, en même temps, se comportait de la façon la plus charnelle et la plus égocentrique qui soit.

Il y a de tout temps, pour tout enfant de Dieu, toujours un risque à penser que ce que nous faisons et montrons à l’extérieur puisse suffire à satisfaire Dieu dans le type de relation qu’Il désire entretenir avec nous : cf 2 Tim 3,5. Si telle est notre pensée, nous devons vite nous détromper. De façon très claire, le reproche le plus fort que Jésus ait adressé aux hommes religieux de son temps, est le reproche de l’hypocrisie, cette attitude qui consiste à soigner l’extérieur, c’est-à-dire à agir au dehors comme si nous étions animés d’une vraie motivation dans notre attachement à Dieu, alors qu’à l’intérieur, dans la pratique nous nous comportons aussi mal que ceux qui ne se soucient pas de lui : Matthieu 23,25-26.

La dichotomie dont fait preuve ici Israël ne se limite pas à une opposition entre les actes de piété que l’on montre et la réalité intérieure qui habite les cœurs. Elle est aussi entre ce qu’on prétend vivre ou chercher à vivre avec Dieu, et la façon avec laquelle on se comporte envers notre prochain. Là aussi, Jésus a été clair : il est impossible de séparer amour pour Dieu et amour pour le prochain : Matthieu 22,34 à 40. Nous sommes aux yeux de Dieu menteur si nous prétendons L’aimer et qu’en même temps nous haïssons, détestons, entretenons envers notre prochain de l’animosité : 1 Jean 4,20-21. Même si la perfection n’est qu’en Jésus, ce que Dieu veut c’est que, dans notre vie, il y ait le minimum d’écart entre ce que nous professons à Son égard et la façon avec laquelle, en pratique, nous nous comportons dans la vie. Il est impossible et inacceptable pour Dieu que ce que nous professons vouloir vivre avec Lui n’ait pas sa traduction dans les actes quotidiens de la vie.

Que Dieu nous donne dans Sa grâce de progresser en Lui dans l’unité de notre être !
 

mardi 28 juillet 2009

Esaïe 57,14 à 21


Texte biblique

On dira : Frayez, frayez, préparez le chemin, Enlevez tout obstacle du chemin de mon peuple ! Car ainsi parle le Très–Haut, Dont la demeure est éternelle et dont le nom est saint : J'habite dans les lieux élevés et dans la sainteté ; Mais je suis avec l'homme contrit et humilié, Afin de ranimer les esprits humiliés, Afin de ranimer les cœurs contrits. Je ne veux pas contester à toujours, Ni garder une éternelle colère, Quand devant moi tombent en défaillance les esprits, Les âmes que j’ai faites. A cause de son avidité coupable, je me suis irrité et je l’ai frappé, Je me suis caché dans mon indignation ; Et le rebelle a suivi le chemin de son cœur. J’ai vu ses voies, Et je le guérirai ; Je lui servirai de guide, Et je le consolerai, lui et ceux qui pleurent avec lui. Je mettrai la louange sur les lèvres. Paix, paix à celui qui est loin et à celui qui est près ! dit l’Eternel. Je les guérirai. Mais les méchants sont comme la mer agitée, Qui ne peut se calmer, Et dont les eaux soulèvent la vase et le limon. Il n’y a point de paix pour les méchants, dit mon Dieu.

Réflexion

Promesse de relèvement
Autant l’Eternel assure le méchant, l’idolâtre, qui persévère dans ses pratiques criminelles, de Sa justice, autant, dans ce passage, l’Eternel assure-t-Il l’homme qui se laisse toucher dans son cœur par le sentiment d’écrasement et de honte que lui procure son péché de Sa proximité et de Sa grâce. Face à l’imminence pressentie de la colère et du jugement de Dieu, il n’y a sur la terre que deux types de personnes. Les premières, devenues insensibles, au lieu de se préparer et de prendre la mesure de ce qui les attend, s’endurcissent et se fortifient toujours plus dans la folie de leurs attitudes et de leur comportement criminels devant Dieu. C’est à la justice de Dieu qu’elles devront faire face lorsqu’Il paraîtra .dans Sa gloire et dans Son règne et pour manifester Ses droits sur Sa création. Les secondes, ce sont celles qui, sans être meilleures que les premières, se laissent toucher dans leur conscience par l’Esprit de Dieu les convainquant de péché, de justice et de jugement : cf Jean 16,9 à 11. Désespérant d’elles-mêmes, saisies par le fort sentiment de honte et de culpabilité qui les accable au regard de la sainteté de Dieu, elles sont les candidates privilégiées de la grâce.

Alors que la manifestation dans sa plénitude de cette grâce est encore à venir, l’Eternel nous fait part ici des fondements sur lesquelles elle repose. La grâce de Dieu, nous montre ici ce texte, est en premier lieu un acte qui repose sur une décision de Sa volonté. Sur le plan de Sa justice, Dieu aurait en effet toutes les raisons de laisser libre cours à Sa colère. Aussi, ce qui retient Dieu de le faire n’a sa source qu’en une seule chose : le fait qu’il n’est à aucun moment dans le plaisir de Dieu de voir les âmes et les esprits qu’Il a fait périr sous le poids de leur condamnation. S’il y a un temps nécessaire pour le châtiment, afin que le pécheur se repente et se détourne du chemin de ses propres voies : cf Hébr 12,5 à 11, celui-ci en aucun cas, soyons-en certain, ne correspond à ce que Dieu chérit dans Son cœur pour nous. Le châtiment est une voie de recours provisoire que Dieu utilise afin de ramener l’homme aux dispositions d’humilité le rendant aptes à âtre au bénéfice de Ses bénédictions. Mais la volonté toute entière de Dieu est tournée vers Son projet qui est de nous faire participer, par l’association, aux richesses qui se trouvent dans Sa personne. Tel a été Son projet dès l’éternité, tel est celui qu’Il ne cesse, dans Sa patience, de vouloir réaliser encore aujourd’hui : cf Ephés 1,3 à 6.
Que Dieu, en Christ, trouve dans mon cœur aujourd’hui les dispositions Le rendant capable de me faire bénéficier de Son bon projet pour moi !
 

lundi 27 juillet 2009

Esaïe 57,1 à 13


Texte biblique

Mais vous, approchez ici, fils de l’enchanteresse, Race de l’adultère et de la prostituée ! De qui vous moquez–vous ? Contre qui ouvrez–vous une large bouche Et tirez–vous la langue ? N'êtes–vous pas des enfants de péché, Une race de mensonge, S’échauffant près des térébinthes, sous tout arbre vert, Egorgeant les enfants dans les vallées, Sous des fentes de rochers ? C'est dans les pierres polies des torrents qu'est ton partage, Voilà, voilà ton lot ; C'est à elles que tu verses des libations, Que tu fais des offrandes : Puis–je être insensible à cela ? C’est sur une montagne haute et élevée que tu dresses ta couche ; C’est aussi là que tu montes pour offrir des sacrifices. Tu mets ton souvenir derrière la porte et les poteaux ; Car, loin de moi, tu lèves la couverture et tu montes, Tu élargis ta couche, et tu traites alliance avec eux, Tu aimes leur commerce, tu choisis une place. Tu vas auprès du roi avec de l’huile, Tu multiplies tes aromates, Tu envoies au loin tes messagers, Tu t’abaisses jusqu’au séjour des morts. A force de marcher tu te fatigues, Et tu ne dis pas : J'y renonce ! Tu trouves encore de la vigueur dans ta main : Aussi n'es–tu pas dans l'abattement. Et qui redoutais–tu, qui craignais–tu, pour être infidèle, Pour ne pas te souvenir, te soucier de moi ? Est–ce que je ne garde pas le silence, et depuis longtemps ? C'est pourquoi tu ne me crains pas. Je vais publier ta droiture, Et tes œuvres ne te profiteront pas. Quand tu crieras, la foule de tes idoles te délivrera–t–elle ? Le vent les emportera toutes, un souffle les enlèvera. Mais celui qui se confie en moi héritera le pays, Et possédera ma montagne sainte.

Réflexion

Message aux idolâtres

Le cas du juste évoqué, c’est aux adultères spirituels, c’est-à-dire tous ceux qui, d’une manière ou d’une autre, par des pratiques occultes et des alliances contre nature, profanent le nom de Dieu, que l’Eternel s’adresse maintenant. Se confortant dans leurs attitudes par le silence apparent de Dieu, silence qui n’est pas autre chose que le fait pour Lui de retenir, de façon délibérée, Sa colère, les idolâtres ont pratiqué leurs abominations sans retenue. Les pierres des torrents, les montagnes élevées sont ainsi partout dans le pays les témoins de leurs crimes. Plus encore, emportés par la frénésie de leurs passions, leurs adultères ne se limitaient pas aux imitations des pratiques abominables qu’ils voyaient se faire parmi les peuples qui les entouraient. Eux-mêmes prenaient l’initiative de quitter le pays pour aller voir ailleurs et exporter ensuite chez eux les cultes et les pratiques qu’ils y découvraient. Rien, montre le texte, n’arrête le cœur qui commence à se donner au mal et au vice. Ayant goûté au fruit défendu, il lui en faux toujours plus. Aussi, au lieu de mettre son cœur et sa pensée au service de l’attachement à Dieu et au bien, les adeptes du péché et de l’idolâtrie s’ingénient de plus en plus au mal, finissant par se prostituer à tout ce qui porte le sceau de l’abomination : cf Rom 1,24 à 32.
L’heure vient cependant, avertit ici l’Eternel, où Dieu va interrompre Son silence et demander à chacun de rendre compte de sa conduite. En ce jour, tout ce qui aura été fait en secret sera mis au jour. Les œuvres et la justice de chacun seront dévoilées. Où seront alors, demande l’Eternel, les faux dieux avec lesquels les idolâtres se seront prostitués ? De quel secours seront-ils pour abriter les coupables au jour de la colère ? Oui ! En ce jour, seuls ceux qui auront pris l’Eternel pour abri seront en sécurité et pourront rester et jouir en sécurité du pays. Que Dieu nous donne chaque jour de nous souvenir que c’est aujourd’hui que nous semons ce que nous récolterons demain et en éternité ! Que notre attachement à Sa Personne s’accompagne d’un détachement tout aussi fort à ce qui Lui est incompatible !
 

samedi 25 juillet 2009

Esaïe 57,1-2


Texte biblique

Le juste périt, et nul n’y prend garde ; Les gens de bien sont enlevés, et nul ne fait attention Que c’est par suite de la malice que le juste est enlevé. Il entrera dans la paix, Il reposera sur sa couche, Celui qui aura suivi le droit chemin.

Réflexion
Disparition du juste : cause

Alors que dans le chapitre précédent l’Eternel fait part à Son peuple de la menace qui pèse sur lui à cause de l’insouciance spirituelle dont il fait preuve dans ce temps de jugement, le Seigneur apporte ici un éclairage inédit sur un fait qui, à vue humaine, passe inaperçu aux yeux de la communauté aveugle. Ce fait, permis par Dieu, est celui de la disparition des justes, disparition due à leur élimination. Au seul regard humain de ce fait, on pourrait y voir un grand malheur et une profonde injustice. Dieu y voit pour Sa part deux choses : une sorte de délivrance pour eux et l’anticipation d’un grand malheur pour ceux qui, restant vivants, vont devoir affronter Sa colère. Comme le dit l’apôtre Pierre, le jugement de Dieu va commencer par les gens de Sa maison : 1 Pierre 4,17. Or, s’il en est ainsi, répond Jésus d’une manière imagée, qu’en sera-t-il ensuite de ceux qui n’en font pas partie : Luc 23,31.

L’interprétation qu’apporte le Seigneur au départ, à la disparition ou l’élimination des justes de la terre avant le jour de Sa colère, coïncide pleinement avec l’esprit de la victoire attachée, depuis la résurrection de Christ, à l’œuvre de la grâce. Rien, en effet, de ce qui se produit pour le juste n’est synonyme de malheur réel et de défaite. Tout est gain et bénéfice pour lui, comme en témoigne aussi l’apôtre Paul à la perspective de sa mort : Philip 1,16 à 21. La victoire de Dieu sur le monde a comme conséquence pratique pour le juste le fait que le mal qui pourrait l’atteindre se trouve immédiatement privé, dévitalisé de sa force, et changé en bien. Que Dieu nous donne chaque jour en Lui, par Sa grâce, d’en vivre la réalité selon Rom 8,28.

Si à l’époque d’Esaïe, la disparition des justes de la terre était le fait d’une mort prématurée, elle le sera à la fin des temps du fait de leur enlèvement : 1 Thes 4,13 à 18. Si, au temps d’Esaïe, cette disparition était annonciatrice du malheur qui allait venir, combien en sera-t-il encore davantage pour le monde au jour où elle se produira. Nul doute que le monde, ne voulant pas admettre la signification divine de l’événement cherchera à fournir une explication rassurante sur le sujet. La réalité cependant demeurera et sera aussitôt suivie d’événements tels que, même si le monde ne voudra pas voir, il sera bien obligé de regarder. Que Dieu nous donne avant ce jour d’être de ceux qui, comme le dit Esaïe 56,1-2, s’attachent à être fidèle et juste pour être compté, au temps voulu, parmi les disparus !
 

vendredi 24 juillet 2009

Esaïe 56,9 à 12


Texte biblique

Vous toutes, bêtes des champs, Venez pour manger, vous toutes, bêtes de la forêt ! Ses gardiens sont tous aveugles, sans intelligence ; Ils sont tous des chiens muets, incapables d’aboyer ; Ils ont des rêveries, se tiennent couchés, Aiment à sommeiller. Et ce sont des chiens voraces, insatiables ; Ce sont des bergers qui ne savent rien comprendre ; Tous suivent leur propre voie, Chacun selon son intérêt, jusqu'au dernier : – Venez, je vais chercher du vin, Et nous boirons des liqueurs fortes ! Nous en ferons autant demain, Et beaucoup plus encore ! –

Réflexion

Des chefs indignes

Si la recherche de l’équité, de la justice, de l’attachement à Dieu par l’obéissance et le respect de Sa loi est l’attitude convenable dans l’attente de la réalisation de la promesse du règne de Dieu, elle n’est de loin pour l’heure pas du tout celle qui est présente dans le cœur du peuple, plus particulièrement encore en celui de ses chefs. Au contraire ! Au lieu de sentinelles, dont la mission consiste à se garder éveillés pour être capable de discerner, prévenir et avertir le peuple sur ce qui se produit, ceux-ci se sont complètement détournés de leur mission pour ne songer qu’à satisfaire leurs convoitises et leurs appétits charnels. Aussi ne voient-ils rien venir du danger qui va les emporter, préoccupés qu’ils sont jour après jour à faire bombance, s’enivrer et s’exciter mutuellement dans leurs passions coupables.

Le comportement des chefs du peuple en ce temps nécessaire de préparation à l’imminence de la manifestation du règne de justice de Dieu nous enseigne deux choses :
- Il met en relief la nécessité de la juste perspective dans lequel le chrétien doit vivre l’aujourd’hui. Si le chrétien ne doit pas vivre comme s’il était déjà demain et que le règne du Seigneur était déjà là, son attitude dans l’aujourd’hui doit cependant être conditionnée par cette réalité qui constitue l’objet de son attente. Sans vision, sans espérance, le peuple de Dieu ne peut que se replier sur lui-même et, finalement, retourner à son péché (comme Pierre, après la mort de Jésus, retourna à sa pêche et ses filets.).

- Il met en relief également le fait que rien n’obstrue autant notre vision spirituelle des réalités que l’attachement que nous démontrons à la satisfaction de nos sens, des convoitises et des plaisirs de la chair. La chair, comme le rappelle Paul, est totalement opposée à l’Esprit : Gal 5,16-17. Aussi marcher selon la chair, c’est inévitablement se couper de la vie et de la lumière que donne l’Esprit.
Si le peuple est coupable de vivre selon les tendances de son cœur, combien le sont davantage ceux que Dieu a chargé d’en être les conducteurs et les sentinelles. Car c’est envers tout le peuple qui les suit, les écoute et les regarde comme ses modèles que leur comportement est préjudiciable. Que le Seigneur donne chaque jour aux chefs de Son peuple la conscience aiguë de leurs responsabilités de modèles dans la façon avec laquelle ils se conduisent devant lui !