mardi 21 juillet 2009

Esaïe 55,6 à 9


Texte biblique

Cherchez l'Eternel pendant qu'il se trouve ; Invoquez–le, tandis qu'il est près. Que le méchant abandonne sa voie, Et l’homme d’iniquité ses pensées ; Qu’il retourne à l’Eternel, qui aura pitié de lui, A notre Dieu, qui ne se lasse pas de pardonner. Car mes pensées ne sont pas vos pensées, Et vos voies ne sont pas mes voies, Dit l’Eternel. Autant les cieux sont élevés au–dessus de la terre, Autant mes voies sont élevées au–dessus de vos voies, Et mes pensées au–dessus de vos pensées.

Réflexion

Cherchez le Seigneur

Lancée au peuple de Dieu, l’invitation à venir pour bénéficier gratuitement des trésors de la bonté de Dieu, s’accompagne ici d’une injonction, elle aussi pressante, à ne pas différer ou reporter à plus tard le moment d’y répondre. Car si le temps de la grâce nous ouvre largement les portes d’accès aux richesses de Sa bonté, l’invitation de Dieu implique également la nécessité, de la part de ceux qui l’entendent, d’abandonner à la fois les pensées et les voies par lesquelles ils se sont tenus éloignés et séparés de Lui. Le temps de la grâce est un temps de pardon, un temps où tous les contentieux entre Dieu et l’homme peuvent, par l’effet de l’œuvre rédemptrice du Serviteur, être réglés. L’offre de Dieu d’un nouveau départ auquel nous sommes invités n’a cependant de vraie valeur que si elle s’accompagne d’un changement de mentalité, de la volonté de notre part d’abandonner ce par quoi nous étions séparés de Lui.

Si ce sont d’abord nos péchés qui nous séparent de Dieu, le besoin et l’opportunité que représente pour nous l’offre de la grâce ne se limitent pas à eux. Car quel que soit le niveau de perfection qu’ait pu atteindre un homme, il demeure qu’il reste entre Dieu et lui une distance infranchissable. Mis à part le péché, la seconde raison pour laquelle l’offre de la grâce est pour nous une opportunité extraordinaire, est que par elle nous est donnée la possibilité d’atteindre ce que, jamais, nous n’aurions pu par l’effort, l’obéissance ou la discipline. Comme le dira Paul plus tard, la grâce offerte, ce n’est plus nous qui par nos efforts essayons de gravir la montagne de la sainteté pour atteindre le ciel, c’est le ciel qui, en Jésus-Christ, s’abaisse jusqu’à nous pour nous permettre d’y entrer, pardonnés et justifiés : Rom 10,6-7. Une telle distance nous sépare en effet naturellement de Dieu, que seule une initiative du ciel peux nous permettre, à nous terriens mauvais et pécheurs, d’y avoir accès. Le monde de Dieu est à un tel niveau de supériorité par rapport à notre monde que seule la grâce peut nous permettre d’y avoir part. Que cette offre de la grâce, ultime message annoncé au temps de la royauté de Christ, à toutes les nations, trouve dans le cœur de beaucoup un écho et une résonance positifs.
 

lundi 20 juillet 2009

Esaïe 55,1 à 5


Texte biblique

Vous tous qui avez soif, venez aux eaux, Même celui qui n’a pas d’argent ! Venez, achetez et mangez, Venez, achetez du vin et du lait, sans argent, sans rien payer ! Pourquoi pesez–vous de l'argent pour ce qui ne nourrit pas ? Pourquoi travaillez–vous pour ce qui ne rassasie pas ? Ecoutez–moi donc, et vous mangerez ce qui est bon, Et votre âme se délectera de mets succulents. Prêtez l’oreille, et venez à moi, Ecoutez, et votre âme vivra : Je traiterai avec vous une alliance éternelle, Pour rendre durables mes faveurs envers David. Voici, je l’ai établi comme témoin auprès des peuples, Comme chef et dominateur des peuples. Voici, tu appelleras des nations que tu ne connais pas, Et les nations qui ne te connaissent pas accourront vers toi, A cause de l’Eternel, ton Dieu, Du Saint d’Israël, qui te glorifie.

Réflexion

Venez…

Jérusalem restaurée dans sa relation avec son Dieu, l’invitation est adressée à tous et à chacun de venir pour se procurer ce dont il a besoin pour vivre, boisson et nourriture diverses, gratuitement. Marqués parfois souvent et longtemps, ou de manière récurrente, par le sentiment de notre indignité, l’une de nos plus grandes difficultés dans notre relation avec Dieu peut être de jouir avec abondance de tout ce que Sa grâce met à notre disposition pour notre profit. Nous pensons toujours quelque part un peu, surtout après avoir vécu dans l’échec, la désobéissance ou l’éloignement de Dieu, qu’il ne nous est pas possible dans notre indignité de retrouver réellement la faveur et l’amitié de Dieu : cf Luc 15,19. Marqué par notre culpabilité, le sentiment de notre insuffisance ou de notre déficience, nous nous réjouissons certes de la grâce qui nous permet de revenir, mais nous pensons que la décence nous interdit d’aller plus loin qu’à l’entrée du seuil de la maison de notre Père. Nous restons donc là, nous estimant déjà content d’y être, acceptant, à cause de cette indignité dont nous sommes convaincus, de ne pas être logé à la même enseigne que ceux qui, de manière évidente, méritent mieux que nous.

C’est à des personnes comme nous, et comme à celles desquelles il est question ici, les Israélites rachetés par le Serviteur, qu’est lancée l’invitation joyeuse et engageante de Dieu. Le Serviteur ayant réellement pris sur Lui, à Son compte, le poids de toutes nos iniquités, l’accès par grâce à toutes les richesses de la bonté de Dieu nous est de nouveau ouvert. Si notre péché déshonore Dieu, Dieu le sous-entend ici : c’est aussi quelque part manquer de Lui faire honneur que de se priver de ce dont Il désire nous gratifier dans Son amour. C’est assez, dans le passé, de nous être nourri et d’avoir écouté autre chose que ce qu’Il avait en réserve pour nous. Aussi Dieu entend-Il que nous ne nous privions de rien de ce que la grâce dont nous sommes l’objet, en vertu de l’alliance qu’Il a contracté avec nous en Christ, nous autorise de jouir. Tous sont donc logés à la même enseigne : tous peuvent librement et pleinement jouir, recevoir, prendre ce que Dieu a mis à leur disposition sur Sa table.

Oui ! A cause du Fils de David, de beaux jours attendent encore Israël, le peuple de Dieu ! Par la grâce dont il sera l’objet, il sera une force d’attraction pour tous les peuples qui ne connaissaient pourtant pas son Dieu. Que ce jour vienne bientôt ! Que notre vie, à nous qui sommes déjà au bénéfice de cette même grâce en Christ, soit aussi pour ceux qui nous entourent une invitation à s’approcher de Lui !

vendredi 3 juillet 2009

Esaïe 54,11 à 17


Texte biblique

Malheureuse, battue de la tempête, et que nul ne console ! Voici, je garnirai tes pierres d’antimoine, Et je te donnerai des fondements de saphir ; Je ferai tes créneaux de rubis, Tes portes d’escarboucles, Et toute ton enceinte de pierres précieuses. Tous tes fils seront disciples de l’Eternel, Et grande sera la prospérité de tes fils. Tu seras affermie par la justice ; Bannis l’inquiétude, car tu n’as rien à craindre, Et la frayeur, car elle n’approchera pas de toi. Si l’on forme des complots, cela ne viendra pas de moi ; Quiconque se liguera contre toi tombera sous ton pouvoir. Voici, j’ai créé l’ouvrier qui souffle le charbon au feu, Et qui fabrique une arme par son travail ; Mais j’ai créé aussi le destructeur pour la briser. Toute arme forgée contre toi sera sans effet ; Et toute langue qui s’élèvera en justice contre toi, Tu la condamneras. Tel est l’héritage des serviteurs de l’Eternel, Tel est le salut qui leur viendra de moi, Dit l’Eternel.

Réflexion

La Jérusalem des temps futurs

Alors que l’Eternel présentait au monde Celui qu’Il appelait le Serviteur, Il dévoila, au-delà de l’homme qu’Il sera, l’espoir qu’Il représentera pour tous les peuples. " C’est peu de choses que Tu sois Mon serviteur pour relever les tribus d’Israël : J’ai fait de Toi la lumière des nations, pour que mon salut parvienne jusqu’aux extrémités de la terre : Esaïe 49,6. " Ce même principe de projection que l’Eternel a appliqué au sujet de la gloire que connaîtra dans l’avenir le Serviteur, gloire contrastant si fortement avec ce qu’il connut au temps de son humanité (cf Esaïe 53), Dieu l’applique ici aussi à Jérusalem.

S’il y a bien, en effet, ici-bas une ville, un peuple qui furent, tout au long de l'histoire, malmenés, battus, méprisés, sans conteste, ce fut bien Jérusalem et Israël. A l’instar de son Messie cependant, Dieu affirme que ce que connut Israël dans l’histoire est sans comparaison avec la gloire qui, désormais, l’attend. Le Serviteur glorifié, Jérusalem et Israël rétablis en grâce devant Dieu connaîtront et partageront avec Lui cette gloire qui sera la Sienne sur toute la terre. Au-delà de la position prééminente qu’occupera le peuple de Dieu au temps de la royauté de son Messie, la vision que donne l’Eternel à Esaïe semble même se projeter plus loin. Elle rejoint la vision qu’eut à Patmos le dernier apôtre de Christ, l’apôtre Jean, lorsque concluant la Révélation, il voit descendre du ciel la ville sainte, la nouvelle Jérusalem, éclatante comme une pierre de jaspe : Apoc 21,9 à 27.

Vision mélangée entre le temps et l’éternité, l’Eternel énonce ici plusieurs caractéristiques de ce que sera Jérusalem au temps du règne de Son Oint :

- Tous ceux qui y habiteront, sans exception, dit-il, seront disciples du Seigneur. Il n’y aura parmi les habitants de Jérusalem aucun incirconcis de cœur.

- Ses habitants jouiront d’une paix abondante. Il n’y aura en son sein trace d’aucune corruption ni injustice.

- Jérusalem sera l’objet d’une totale sécurité. Aucun des projets qui pourrait naître dans le cœur des hommes ou d’autres peuples contre elle n’aboutira. Car, c’est l’Eternel lui-même qui, par Sa puissance, assurera sa protection et sa sécurité. Jérusalem sera l’objet d’une immunité divine totale, Dieu Lui-même assurant sa défense.

Que notre prière pour Jérusalem soit celle de Salomon dans le psaume 72 : Psaume 72,1 à 7.

jeudi 2 juillet 2009

Esaïe 54,4 à 10


Texte biblique

Ne crains pas, car tu ne seras point confondue ; Ne rougis pas, car tu ne seras pas déshonorée ; Mais tu oublieras la honte de ta jeunesse, Et tu ne te souviendras plus de l’opprobre de ton veuvage. Car ton créateur est ton époux : L’Eternel des armées est son nom ; Et ton rédempteur est le Saint d’Israël : Il se nomme Dieu de toute la terre ; Car l’Eternel te rappelle comme une femme délaissée et au cœur attristé, Comme une épouse de la jeunesse qui a été répudiée, dit ton Dieu. Quelques instants je t’avais abandonnée, Mais avec une grande affection je t’accueillerai ; Dans un instant de colère, je t’avais un moment dérobé ma face, Mais avec un amour éternel j’aurai compassion de toi, Dit ton rédempteur, l’Eternel. Il en sera pour moi comme des eaux de Noé : J’avais juré que les eaux de Noé ne se répandraient plus sur la terre ; Je jure de même de ne plus m’irriter contre toi Et de ne plus te menacer. Quand les montagnes s’éloigneraient, Quand les collines chancelleraient, Mon amour ne s’éloignera point de toi, Et mon alliance de paix ne chancellera point, Dit l’Eternel, qui a compassion de toi.

Réflexion

Le 3ème effet de la grâce conséquente au sacrifice du Serviteur, le plus important, se verra dans la faveur assurée dont Jérusalem sera, désormais pour toujours, l’objet de la part de son Dieu.

Si la restauration physique de l’état hébreu et l’élargissement de ses frontières comme de son influence sur le monde seront pour Israël l’un des plus beaux fruits conséquents au sacrifice du Serviteur pour le péché, celui-ci n’égalera pas en importance la retour en grâce du peuple de Dieu dans l’alliance qui, depuis toujours, le lie à son Dieu. La purification du péché d’Israël, premier auteur de la mort du Serviteur qui lui a été envoyé et, qu’en son temps, elle n’a pas reconnu mais rejeté, est à la fois le sujet clé, central qui touche à son avenir comme à l’avenir du monde. Le problème qui est au cœur de l’histoire du monde n’est ni financier, ni économique, mais spirituel. Il touche à ce qui s’est produit il y a près de 2 000 ans, au moment où le Christ, le Messie de Dieu, a été condamné et crucifié. Depuis ce jour, un contentieux toujours non réglé existe, non seulement entre Dieu et les hommes, mais surtout entre Dieu et Israël. Le jour où ce contentieux sera levé sera le jour où le projet de Dieu par Israël pour le monde, projet constamment reporté, pourra enfin, dans toute sa plénitude, se réaliser.

Conscient du poids énorme de culpabilité qui peut peser sur le cœur d’Israël au sujet de Jésus, le Christ, l’Eternel n’a de cesse ici de rassurer Son peuple quant à la sécurité que la grâce dont il sera l’objet lui apportera :

1. Israël n’aura désormais plus besoin d’avoir peur ni honte, les deux sentiments que l’on retrouve chez nos premiers parents directement après leurs forfaits : Genèse 3,7-8. La conscience de la gravité du péché dont s’est rendu coupable Israël envers le Christ, sera la même à la connaissance de la vérité, que celle qui saisit nos premiers parents. Dieu le promet : le pardon dont Israël sera l’objet, non seulement effacera leur faute, mais la peine que cette faute a engendré pour eux : Psaume 32,5. Dieu fera pour Israël ce qu’Il fait aussi dans l’âme de tout pécheur qui se repent : Il lève non seulement la sanction pénale qui le condamnait, mais Il le délivre aussi de la honte et du remords qui pourraient l’accabler.

2. L’Eternel le promet : si pour un temps, Il a dû, dans Son indignation contre elle, se séparer d’Israël, l’abandonner, Il s’engage désormais à Lui conserver Sa fidélité à jamais. La promesse que Dieu fait à Israël réconcilié avec Lui est, dit l’Eternel, à la hauteur de celle qu’Il a faite à Noé pour toute l’humanité suite au déluge. Quels que soient les bouleversements cosmiques ou terrestres dont le monde sera l’objet, Dieu s’y engage : l’alliance de paix qu’Il contractera envers Israël au temps de Sa restauration ne sera jamais remise en question. Autrement dit, Dieu assure à Israël que si un temps de colère vient sur le monde, le remuant jusque dans ses fondements, la relation de Dieu avec Israël, réconcilié avec Lui, n’en sera pas affectée.

Béni soit Dieu pour les garanties de paix et de sécurité dont nous sommes en Christ l’objet de Sa part !

mercredi 24 juin 2009

Esaïe 54,1 à 3


Texte biblique

Réjouis–toi, stérile, toi qui n'enfantes plus ! Fais éclater ton allégresse et ta joie, toi qui n'as plus de douleurs ! Car les fils de la délaissée seront plus nombreux Que les fils de celle qui est mariée, dit l'Eternel. Elargis l’espace de ta tente ; Qu’on déploie les couvertures de ta demeure : Ne retiens pas ! Allonge tes cordages, Et affermis tes pieux ! Car tu te répandras à droite et à gauche ; Ta postérité envahira des nations, Et peuplera des villes désertes.

Réflexion

Jérusalem, l’épouse répudiée, rappelée :

Au-delà du bénéfice que les nations retireront de l’œuvre de rédemption accomplie par le sacrifice du Serviteur, c’est Jérusalem la première qui, dit ici l’Eternel, en sera l’objet. Quelle signification aurait en effet le salut de Dieu pour le monde si ceux chez qui, les premiers, il avait été annoncé (et donc les premiers concernés) en étaient privés. Si l’œuvre de justice et de salut accomplie par le Serviteur s’étend au monde, ce qui en est la couronne par excellence est et reste Jérusalem. Aussi, nous projetant au temps où cette œuvre sera dans sa phase de réalisation totale, l’Eternel fait briller devant nos yeux les facettes glorieuses de la grâce dont la ville de son cœur sera l’objet au temps de sa restauration complète :

V 1 : le premier effet de la grâce apportée par le sacrifice du Serviteur à Jérusalem sera dans la multiplication de sa population. Ville autrefois délaissée, abandonnée, Jérusalem sera peuplée comme jamais elle le fut tout au long de son histoire. Cette multiplication sera telle qu’elle surpassera, rien que pour Israël, le nombre des rachetés du Serviteur, incorporés dans l’Eglise, tout au long de l’histoire. Plusieurs autres passages de l’Ecriture semblent aussi aller dans ce sens : Rom 11,12.

V 2 et 3 : le second effet de la grâce conséquente au sacrifice du Serviteur sera, pour Israël, dans l’élargissement de son territoire. Pour la première fois de son histoire, Israël occupera réellement l’espace prévu pour lui par Dieu depuis l’origine. La grandeur d’Israël ne se limitera cependant pas à ses frontières géographiques. Elle se verra dans le rayonnement et l’influence, la domination qu’elle exercera, par l’intermédiaire du Serviteur glorifié, sur le monde. Jérusalem sera alors pour le monde la même bénédiction qu’aura été Jonas dans l’obéissance pour Ninive : une pleine bénédiction alors que, comme le prophète, elle ne l’aura été que très partiellement et contre elle-même du temps de sa désobéissance. S’accomplira alors pleinement le projet que Dieu, initialement avait en vue pour et à travers Abraham : Genèse 12,1 à 3.

Ces deux raisons, sans aucun doute connues par Satan, le Prince de ce monde, suffisent à elles seules pour justifier les tentatives de génocide, d’extermination et l’antisémitisme permanent dont a été l’objet tout au long des siècles le peuple juif. Comme il en fut pour Moïse ou Jésus à leur naissance, c’est à la destinée prophétique d’Israël que le diable et tous ses ennemis, de façon conscient ou non, en ont dans leurs projets néfastes contre lui.

mardi 23 juin 2009

Esaïe 53,10 à 12


Texte biblique

Il a plu à l'Eternel de le briser par la souffrance… Après avoir livré sa vie en sacrifice pour le péché, Il verra une postérité et prolongera ses jours ; Et l'œuvre de l'Eternel prospérera entre ses mains. A cause du travail de son âme, il rassasiera ses regards ; Par sa connaissance mon serviteur juste justifiera beaucoup d’hommes, Et il se chargera de leurs iniquités. C'est pourquoi je lui donnerai sa part avec les grands ; Il partagera le butin avec les puissants, Parce qu'il s'est livré lui–même à la mort, Et qu'il a été mis au nombre des malfaiteurs, Parce qu'il a porté les péchés de beaucoup d'hommes, Et qu'il a intercédé pour les coupables.

Réflexion

L’œuvre que Dieu faisait par Lui

Après avoir présenté le Serviteur sur la base du double point de vue de l’opinion des hommes et de la vérité, l’Eternel résume ici le sens et le but du parcours si singulier qui fut le Sien ici-bas en évoquant tous les points qui le caractérisent :

1. le point de la souffrance qu’Il a connu : elle n’est pas, contrairement à le conclusion qu’en tiraient Ses contemporains à sa vue, la marque de Son jugement, mais le fait entier de la volonté de Dieu pour Lui. Lui-même en Son temps l’a d’ailleurs dit à Ses disciples horrifiés par cette perspective : Matthieu 16,21 à 23. La souffrance par laquelle devait passer le Serviteur était le seul chemin possible en vue de la réalisation du but qu’avait Sa venue

2. ce but était celui de faire de Lui le sacrifice de réparation par lequel la dette et l’offense du péché seraient lavées devant Dieu. Avec ce point, nous touchons au cœur même du problème qui se trouve au cœur de l’univers : le problème de la séparation qui existe entre Dieu et l’homme suite au péché. Cette rupture aux yeux de Dieu est si grave qu’elle ne peut être réparée que d’une seule manière : par le don volontaire de la vie d’un juste pour payer le péché, la faute de tous les injustes. Tel est le sens fondamental de la mort de Jésus.

3. L’œuvre de réconciliation accomplie, l’Eternel nous ouvre les yeux sur la portée qu’aura cette œuvre pour l’humanité. Ce n’est qu’à partir de la mort de Jésus que la bénédiction apportée par ce que Jésus a fait en s’offrant en sacrifice pour le péché se verra dans le monde. Cet " après la croix " est le seul point à partir duquel doit se former le jugement des hommes sur Lui.

4. L’Eternel termine en justifiant, par le parcours et l’engagement total que fut celui du Serviteur pour le salut du monde, la gloire éternelle qui succédera à Son passage ici-bas. Si nous voulons la connaître, c’est sur Ses traces que nous devons marcher : la trace de l’obéissance et du don entier de notre vie à la cause pour laquelle, par Sa volonté, le Seigneur nous appelle : Phil 3,7 à 15.

Que Dieu accomplisse en moi le projet pour lequel Il m’a appelé à Le servir dans ce monde !

lundi 22 juin 2009

Esaïe 53,7 à 9


Texte biblique

Il a été maltraité et opprimé, Et il n’a point ouvert la bouche, Semblable à un agneau qu’on mène à la boucherie, A une brebis muette devant ceux qui la tondent ; Il n’a point ouvert la bouche. Il a été enlevé par l’angoisse et le châtiment ; Et parmi ceux de sa génération, qui a cru Qu’il était retranché de la terre des vivants Et frappé pour les péchés de mon peuple ? On a mis son sépulcre parmi les méchants, Son tombeau avec le riche, Quoiqu’il n’eût point commis de violence Et qu’il n’y eût point de fraude dans sa bouche.

Réflexion

Ce que Sa génération a vu et ce qu’Il faisait pour elle :

L’Eternel poursuit le descriptif du parcours terrestre du Serviteur en évoquant dans cette partie la portée de l’impact qu’il aura eu pour les gens de Sa génération. En lisant ce que l’Eternel en dit, le même constat s’impose : il n’y a aucune corrélation entre ce qu’était le Serviteur, la portée de Son œuvre, et le jugement que Ses contemporains ont porté sur Lui. Selon l’appréciation des hommes de Son temps, le Serviteur fait pratiquement figure de maudit. Considérant la fin qu’Il connut, la mort sur le bois de la croix, la loi de Dieu elle-même confirme cette opinion : Gal 3,13 ; Deut 21,22-23. Si l’apparence donne raison à l’opinion du peuple, une fois de plus, c’est sur le fond que celui-ci fait erreur. Car, contrairement au jugement final que Ses contemporains ont porté sur Lui au regard de Sa fin, ce n’était pas pour ce qu’Il était Lui qu’Il s’est trouvé dans la position du maudit, mais pour ce que nous étions nous. Le Serviteur, quant à Lui, était bien le Béni de Dieu : toute Sa vie, Ses actes, Ses paroles en ont témoigné : Jean 3,2 ; Matthieu 7,29 ; Jean 7,46 ; Matthieu 11,2 à 5. Tout autre que celui de ceux qui L’entourent est d’ailleurs l’appréciation que le Serviteur Lui-même porte sur Son parcours en sa fin : Jean 17,4.

Sa fin ne correspondant pas à ce qu’Il a démontré tout au long de Sa vie, il faut en chercher la signification non dans le schéma de la logique naturelle, mais, au-delà du type de mort qui fut la Sienne, dans le témoignage que Dieu va Lui-même donner par la suite quant à la valeur que cet acte revêt à Ses yeux : cf Rom 1,3-4. Toute la suite de l’histoire du Serviteur, de l’impact, positif et salutaire que produira Sa mort suivie de Sa résurrection pour des millions en chaque siècle, invalide totalement le jugement que les hommes de Sa génération ont porté sur Lui. Du coup, comme le dit Erich Sauer, ce n’est pas Lui mais les hommes qui L’ont condamné qui se trouvent, à cause de leur erreur d’appréciation sur Lui, sous le coup du jugement de Dieu. " Que répondrait l’Israélite, dit-il, à qui l’on demanderait aujourd’hui pourquoi, alors que les pères ne subirent que 70 ans de captivité loin de leur patrie, pour les crimes et les abominations dont ils avaient souillé la terre sainte pendant des siècles… pourquoi et pour quel crime, les fils sont maintenant dispersés parmi les peuples depuis plus de 18 siècles, et Jérusalem foulée aux pieds des nations jusqu’à ce jour. Quelle est donc cette sanglante culpabilité qui éloigne ainsi Israël d’une vie paisible dans la terre de ses pères ? C’est précisément son péché qui est la racine de la misère actuelle d’Israël ! "

Si le recul de l’histoire fait que l’absence de corrélation entre le jugement porté sur Lui par les hommes de Sa génération et la réalité, c’est-à-dire la sentence de Dieu sur les mêmes faits, porte un coup fatal aux opinions fondées sur l’apparence, le vécu du Serviteur est pour nous, hommes et serviteurs d’un autre temps, un puissant encouragement. Car, comme Lui, il peut nous arriver dans notre service d’être découragé par le peu d’impact que semble avoir sur ceux qui nous entourent nos actes, notre témoignage, nos efforts de persuasion. Comme Lui, nous pouvons à vue humaine nous interroger et nous dire : A quoi bon ! C’est en vain que je souffre et que je sers avec fidélité mon Dieu : cf Psaume 73,13-14. Pire, par l’effet d’un aveuglement, il se peut même que, comme Lui, nous soyons pris pour l’inverse de ce que nous sommes : des maudits et des ennemis de Dieu en lieu de saints et de bénis : Jean 16,2. Regardons alors au Serviteur, à Sa fin réelle, à la gloire subséquente à Son parcours. C’est ici pour Lui comme pour nous que se situe la vérité et la valeur réelle du service accompli ! N’anticipons donc pas : 1 Cor 4,5 et que, dans Sa grâce, Dieu nous rappelle que c’est de Lui, et de Lui seul, que chacun recevra la louange qui lui sera due !