jeudi 13 août 2009

Esaïe 65,6 à 12


Texte biblique

Voici ce que j’ai résolu par devers moi : Loin de me taire, je leur ferai porter la peine, Oui, je leur ferai porter la peine De vos crimes, dit l’Eternel, et des crimes de vos pères, Qui ont brûlé de l’encens sur les montagnes, Et qui m’ont outragé sur les collines ; Je leur mesurerai le salaire de leurs actions passées. Ainsi parle l’Eternel : Quand il se trouve du jus dans une grappe, On dit : Ne la détruis pas, Car il y a là une bénédiction ! J’agirai de même, pour l’amour de mes serviteurs, Afin de ne pas tout détruire. Je ferai sortir de Jacob une postérité, Et de Juda un héritier de mes montagnes ; Mes élus posséderont le pays, Et mes serviteurs y habiteront. Le Saron servira de pâturage au menu bétail, Et la vallée d’Acor servira de gîte au gros bétail, Pour mon peuple qui m’aura cherché. Mais vous, qui abandonnez l’Eternel, Qui oubliez ma montagne sainte, Qui dressez une table pour Gad, Et remplissez une coupe pour Meni, Je vous destine au glaive, Et vous fléchirez tous le genou pour être égorgés ; Car j’ai appelé, et vous n’avez point répondu, J’ai parlé, et vous n’avez point écouté ; Mais vous avez fait ce qui est mal à mes yeux, Et vous avez choisi ce qui me déplaît.

Réflexion

Principes directeurs du jugement de Dieu.

Le procès de Dieu envers Son peuple établi, l’Eternel, en réponse à la prière du prophète, révèle les principes directeurs qui vont guider les postures que, dans Son jugement, Il va adopter à l’égard de chacun. Car, s’il est vrai que c’est dans son ensemble que la nation toute entière s’est montrée rétive, contredisante, délibérément offensante envers Lui, loin de Dieu l’idée selon laquelle chacun doit être logé à la même enseigne et rétribué de la même manière. Au milieu même de l’apostasie qui semble générale, Dieu connaît les cœurs. Il repère de loin qui L’aime, Le craint, Le sert et qui, dans sa vanité et son orgueil, s’élève contre Lui. Il fait la distinction et mesure exactement quelle est la proportion exacte parmi le peuple de ceux qui Lui sont encore fidèles, attachés et quelle part Lui est réellement rebelle. Bien plus encore, l’Eternel souligne ici le rôle, la valeur, le poids qu’a ce que l’on pourrait appeler le reste des justes dans la décision que, dans l’optique du jugement, Dieu prend envers la nation.

Dans son livre, "l’Aube de la Rédemption", Erich Sauer met en valeur l’importance qu’a pour le monde le résidu fidèle à Dieu. "Telle est la signification des hommes pieux dans le monde. Dans le jugement, ils sont les agents de chaque nouveau commencement et témoignent de l’unité du plan salvateur de Dieu. C’est à travers ce petit troupeau que le grand salut manifeste sa cohérence et sa continuité organiques…. Deux lignes courent ainsi au travers des âges. D’une part, la maturation du grand monde en vue de la tempête du jugement ; d’autre part, la préparation du petit troupeau en vue de la délivrance. Ce peuple se dresse parmi les peuples tel un roc au sein des flots. Les portes du séjour des morts elles-mêmes ne pourront avoir raison de lui : Mat 16,18. Avec sa stabilité demeure ou tombe toute espérance pour le monde, et derrière toute espérance se dresse la fidélité du Rédempteur à son alliance."

Sachons donc bien que lorsque Dieu juge, Il le fait toujours en toute connaissance de cause, qu’après avoir évalué avec exactitude les possibilités d’espoir ou non de réforme de la situation. Ce n’est que lorsque le péché est arrivé à son comble et que Dieu ne voit plus dans la société aucune trace d’un changement, d’une conversion ou d’une repentance possible qu’Il prend Sa décision de juger. Le même principe que celui qui est appliqué pour le monde, le principe du tri, s’appliquera pour Israël au jour du Messie. Alors que ceux qui L’auront abandonné seront livrés à l’épée et au jugement, la descendance des justes entrera dans le repos et en possession de son héritage.

Que Dieu nous donne dans le temps dans lequel nous vivons une conscience aiguë de la valeur et du poids de notre rôle de juste dans ce monde !
 

mercredi 12 août 2009

Esaïe 65,1 à 5


Texte biblique

J’ai exaucé ceux qui ne demandaient rien, Je me suis laissé trouver par ceux qui ne me cherchaient pas ; J’ai dit : Me voici, me voici ! A une nation qui ne s’appelait pas de mon nom. J’ai tendu mes mains tous les jours vers un peuple rebelle, Qui marche dans une voie mauvaise, Au gré de ses pensées ; Vers un peuple qui ne cesse de m’irriter en face, Sacrifiant dans les jardins, Et brûlant de l’encens sur les briques: Qui fait des sépulcres sa demeure, Et passe la nuit dans les cavernes, Mangeant de la chair de porc, Et ayant dans ses vases des mets impurs ; Qui dit : Retire–toi, Ne m'approche pas, car je suis saint !… De pareilles choses, c'est une fumée dans mes narines, C'est un feu qui brûle toujours.

Réflexion

Réponse de Dieu à la prière du prophète : cause première de la situation d’Israël

Comme il le fait toujours suite à nos supplications devant Lui, Dieu prit la parole pour répondre à la prière ouverte du prophète pour le salut d’Israël, son peuple. Si la prière exprime souvent de notre part le ressenti et la vue du moment sur une situation, vue qui peut nous remuer jusqu’au plus profond de nous-mêmes, la réponse de Dieu souligne que c’est à partir de la vue globale des choses que le jugement et l’avis de Dieu se font. Manifestement, bien qu’Il ne soit pas insensible aux arguments apportés dans la prière puisqu’Il y répond, la vue et l’avis de Dieu sur les choses portent la marque d’une objectivité plus grande que la nôtre qui, obligatoirement, à cause de notre vue partielle de la réalité, est davantage teintée de subjectivité.

L’Eternel ne revient pas sur les noms (Père, potier) sous lesquels le prophète L’a invoqué pour le salut de Son peuple. Il ne les nie, ni ne les cautionne, bien que ce soit sur eux, ces noms, que toute la prière du prophète repose. Le problème d’Israël, semble donc dire ici le Seigneur, n’est pas de ce côté, dans la défaillance de Dieu à jouer le rôle qui est le Sien pour la nation élue, comme nous aussi nous pouvons parfois le dire ou le suggérer à Dieu dans nos prières. Il est tout entier, dit Dieu, dans le caractère rebelle, idolâtre, déficient de la conduite de la nation à Son égard. Pour en convaincre le prophète, Dieu avance deux arguments :

- le 1er tient à l’exemple que constitue pour Israël la révélation qu’Il a donné de Lui-même à des peuples en qui il n’y avait aucune disposition pour Le chercher ou L’invoquer. D’où vient donc le fait, dit en quelque sorte Dieu, que, partout dans le monde des hommes qui ne cherchaient pas Dieu, le Dieu d’Israël, L’ont trouvé, alors que le peuple de Dieu qui, par Son élection, a été choisi par Lui ne Le connaît plus ? En apportant cet argument, Esaïe pose à Israël le mystère que doit être pour lui l’Eglise dans le monde, Eglise qui confesse en Jésus-Christ, celui qu’Israël a rejeté, le Fils de Dieu et le Sauveur du monde. C’est d’ailleurs, entre autres, cet argument qui sera le moteur de l’action d’évangélisation de Paul auprès des païens afin, dit-il, quelque part d’ouvrir les yeux d’Israël : Rom 10,16 à 21.

- Le second constitue la véritable réponse à la prière du prophète. Si Israël se trouve dans la situation dans laquelle il est, point n’est dû au manque d’effort fait par Dieu pour gagner son cœur, mais à sa volonté récurrente et délibérée de lui être rebelle, ce dont Israël témoigne par ses actes et sa conduite. Manifestement Israël ne veut pas de Dieu, son Dieu. Il ne Lui dit pas de façon induite, mais il le Lui signifie de façon ouverte en ne cessant de Le provoquer ouvertement par la transgression volontaire de tous les commandements par lesquels il devrait Lui montrer sa volonté de Lui plaire.

Que peut faire Dieu face à Son peuple, un peuple qu’Il aime, mais qui, de manière délibérée, fait tout pour provoquer Sa colère ? C’est de à quoi va répondre l’Eternel dans la suite du chapitre !
 

mardi 11 août 2009

Esaïe 64


Texte biblique

Oh ! si tu déchirais les cieux, et si tu descendais, Les montagnes s'ébranleraient devant toi, Comme s'allume un feu de bois sec, Comme s'évapore l'eau qui bouillonne ; Tes ennemis connaîtraient ton nom, Et les nations trembleraient devant toi. Lorsque tu fis des prodiges que nous n'attendions pas, Tu descendis, et les montagnes s'ébranlèrent devant toi. Jamais on n'a appris ni entendu dire, Et jamais l'œil n'a vu qu'un autre dieu que toi Fît de telles choses pour ceux qui se confient en lui. Tu vas au–devant de celui qui pratique avec joie la justice, De ceux qui marchent dans tes voies et se souviennent de toi. Mais tu as été irrité, parce que nous avons péché ; Et nous en souffrons longtemps jusqu'à ce que nous soyons sauvés. Nous sommes tous comme des impurs, Et toute notre justice est comme un vêtement souillé ; Nous sommes tous flétris comme une feuille, Et nos crimes nous emportent comme le vent. Il n'y a personne qui invoque ton nom, Qui se réveille pour s'attacher à toi: Aussi nous as–tu caché ta face, Et nous laisses–tu périr par l'effet de nos crimes. Cependant, ô Eternel, tu es notre père ; Nous sommes l'argile, et c'est toi qui nous as formés, Nous sommes tous l'ouvrage de tes mains. Ne t'irrite pas à l'extrême, ô Eternel, Et ne te souviens pas à toujours du crime ; Regarde donc, nous sommes tous ton peuple. Tes villes saintes sont un désert ; Sion est un désert, Jérusalem une solitude. Notre maison sainte et glorieuse, Où nos pères célébraient tes louanges, Est devenue la proie des flammes ; Tout ce que nous avions de précieux a été dévasté. Après cela, ô Eternel, te contiendras–tu ? Est–ce que tu te tairas, et nous affligeras à l'excès ?

Réflexion

Poursuite de la prière du prophète :

Toujours étreint par la nostalgie du temps passé, Esaïe continue ici à exprimer les soupirs et les attentes de son cœur à l’égard de Dieu. L’absence de Dieu étant la cause première et suffisante de tous les malheurs du peuple de Dieu, qu’espérer d’autre sinon le retour de Sa présence tel qu’Israël, le peuple de Dieu, l’a connu au temps de sa naissance ? L’âme plongée dans ses souvenirs, la prière du prophète est une alternance de soupirs, de constats, d’espérance qui traduit la variété des sentiments qui l’habitent :

Soupir : Si seulement…

Nous en avons déjà parlé le chapitre précédent. Le soupir du prophète exprime ce qui, à ses yeux, représente la condition suffisante au changement de situation du peuple. Dieu avec lui, au milieu de lui, il n’y a plus de discussions, de controverses sur l’identité, la place effective et le rôle particulier du peuple de Dieu dans le monde. Dieu absent, quand bien même les faits passés en rendent témoignage, Israël est incapable par lui-même de convaincre le monde de la vérité de son élection. Il n’y a que lorsque Dieu dit quelque chose au sujet de quelqu’un que ce que cette personne dit à son sujet est vrai : Paul, apôtre de Jésus-Christ par la volonté de Dieu… : Col 1,1. C’est pourquoi Esaïe souhaite si ardemment la manifestation de Dieu : elle seule, il le sait, peut être le point final du combat d’Israël quant à sa survie et la légitimité de son existence comme peuple mis à part par Dieu au milieu des peuples.

Constats

Les constats que fait Esaïe de la situation spirituelle qui est celle d’Israël vont dans deux directions. Pensant à Dieu, le Dieu qui est celui d’Israël, Esaïe mesure l’incroyable privilège qui est celui du peuple de Dieu d’avoir un Dieu aussi proche, aussi bienveillant, aussi bien disposé que ne l’est l’Eternel pour celui qui, désireux de marcher sans Ses voies, s’attend à Lui. Quelle autre richesse peut être, en effet, plus grande que celle-ci que d’avoir l’Eternel pour Ami, l’Eternel qui, à cause de Sa grâce, nous est favorable ? Mesurons-nous suffisamment la préciosité de ce privilège, au point de considérer que, s’il y aune chose qu’il nous faut absolument préserver, c’est le trésor que constitue pour nous la bienveillance de Dieu à notre égard ? Israël, malheureusement, ne l’a pas compris. Aussi, Esaïe est-il contraint de faire un second constat. C’est, regardant Israël, celui de l’état misérable dans lequel il se trouve sur le plan moral, état qui est la conséquence directe de son péché, de son abandon de Dieu. Si le péché est une tragédie, comprenons bien qu’il l’est d’abord, non au regard des dégâts qu’il occasionne dans la vie des hommes, mais surtout au regard des richesses qu’il leur fait perdre et qui auraient pu être les leurs dans leur relation avec Dieu. La vraie perte qu’occasionne le péché n’est pas d’abord dans le mal qu’il cause en nous, mais dans le fait premier, et combien plus grave, qu’il nous prive, nous fait passer à côté des richesses que la communion avec Dieu nous réserve. Croyons bien que si Dieu n’est pas avec nous, nous pouvons avoir tout ce que nous voulons à côté, il nous manque l’essentiel !

Espérance

Dieu étant la seule vraie richesse du peuple de Dieu, quelle est, alors qu’il est éloigné de Lui, son espérance, si ce n’est, comme l’exprime ici Esaïe, le retour par grâce de celui-ci dans la relation filiale qui le lie à Lui ? C’est le soupir et la prière qu’exprime, au nom du peuple, le prophète ! Malgré le péché du peuple, Dieu va-t-Il pour toujours garder Sa colère envers lui, le rejeter, laisser son pays et le lieu de son sanctuaire dévastés ? Surtout, malgré le péché du peuple, Dieu va-t-Il laisser indéfiniment ses ennemis triompher ? Va-t-il pour toujours se taire, se contenir alors que, sous ses yeux, son héritage continue à être pillé ? C’est à ces questions que les chapitres suivant vont s’attacher à répondre !

lundi 10 août 2009

Esaïe 63,15 à 64,1


Texte biblique

Regarde du ciel, et vois, De ta demeure sainte et glorieuse : Où sont ton zèle et ta puissance ? Le frémissement de tes entrailles et tes compassions Ne se font plus sentir envers moi. Tu es cependant notre père, Car Abraham ne nous connaît pas, Et Israël ignore qui nous sommes ; C’est toi, Eternel, qui es notre père, Qui, dès l’éternité, t’appelles notre sauveur. Pourquoi, ô Eternel, nous fais–tu errer loin de tes voies, Et endurcis–tu notre cœur contre ta crainte ? Reviens, pour l'amour de tes serviteurs, Des tribus de ton héritage ! Ton peuple saint n’a possédé le pays que peu de temps ; Nos ennemis ont foulé ton sanctuaire. Nous sommes depuis longtemps comme un peuple que tu ne gouvernes pas, Et qui n'est point appelé de ton nom… Oh ! si tu déchirais les cieux, et si tu descendais, Les montagnes s'ébranleraient devant toi...

Réflexion

Prière, interrogation et souhait :

Nostalgique de ce passé heureux marqué tout entier par la proximité de Dieu, le prophète exprime ce qu’est, en son temps la prière, le questionnement et le souhait du peuple désireux de renouer avec Lui. Car, redisons-le, pour celui qui a connu et goûté à Sa présence, rien, aucune expérience dans ce monde ne peut rivaliser en terme de bien-être au ressenti vécu dans la communion avec Lui. Aussi, plus qu’à une quelconque bénédiction, c’est au retour du vécu de celle-ci que, du fond de son cœur, le prophète aspire et pour lequel il prie et interpelle Dieu.

S’il espère être entendu, Esaïe le sait, ce n’est nullement et nulle part en raison de ce qu’est le peuple en lui-même. Aussi, ce qui motive le prophète à prier, ce n’est pas d’abord ce que le peuple est pour Dieu, mais encore et toujours, et c’est la toute la vérité sur laquelle repose le principe de la grâce, ce que Dieu est pour Son peuple. Oui ! Quelle que soit la mesure de la grâce dont nous sommes l’objet, rappelons-nous le : c’est en vertu de ce que Dieu est en Christ (notre Père et notre Rédempteur) pour nous, Ses enfants, que le retour à la bénédiction qu’est Sa communion et Sa présence dans nos vies est possible !

Convaincu de cette réalité, la prière toute entière d’Esaïe se trouve ici être dans son contenu la même que, à plusieurs reprises, l’appel lancé par Dieu à Son peuple par les prophètes. Après le péché, pour que notre relation avec Dieu soit rétablie, il nous est autant nécessaire de revenir à Lui que Lui de revenir à nous. Notons bien que, s’Il le voulait, Dieu pourrait faire le choix de rester éloigné de nous. C’est d’ailleurs parce qu’il semble le faire qu’Esaïe prie et, en quelque sorte, demande à Dieu de revenir sur Sa position. Comment le peuple de Dieu, même repentant, pourrait-il retrouver sa force, sa joie, sa santé si Dieu refuse de renouer avec lui, de lui accorder Sa faveur. Tel est le sens ici des questions angoissées d’Esaïe !

Le prophète termine sa prière par l’expression d’un souhait fou, le souhait qui, définitivement, mettrait fin à toutes les tergiversations qui ont caractérisé la marche passée du peuple. " Si seulement tu déchirais le ciel et tu descendais, ô Dieu… ! " En cette fin des siècles dans laquelle nous nous trouvons, la prière du prophète rejoint celle de l’Eglise : Apoc 22,20 et celle que Jésus, au temps de Son humanité, enseigna à Ses disciples : Mat 6,10. Si la demande d’Esaïe paraît un souhait fou, elle est aujourd’hui pour nous une promesse certaine. Dieu l’ayant accompli déjà une fois par l’envoi de Son Fils la réalisera une seconde fois lors de Son retour : Hébr 9,28. Que ce jour, ô Dieu, vienne bientôt !

dimanche 9 août 2009

Esaïe 63,7 à 14


Texte biblique

Je publierai les grâces de l’Eternel, les louanges de l’Eternel, D’après tout ce que l’Eternel a fait pour nous ; Je dirai sa grande bonté envers la maison d’Israël, Qu’il a traitée selon ses compassions et la richesse de son amour. Il avait dit : Certainement ils sont mon peuple, Des enfants qui ne seront pas infidèles ! Et il a été pour eux un sauveur. Dans toutes leurs détresses ils n'ont pas été sans secours, Et l'ange qui est devant sa face les a sauvés ; Il les a lui–même rachetés, dans son amour et sa miséricorde, Et constamment il les a soutenus et portés, aux anciens jours. Mais ils ont été rebelles, ils ont attristé son esprit saint ; Et il est devenu leur ennemi, il a combattu contre eux. Alors son peuple se souvint des anciens jours de Moïse : Où est celui qui les fit monter de la mer, Avec le berger de son troupeau ? Où est celui qui mettait au milieu d’eux son esprit saint ; Qui dirigea la droite de Moïse, Par son bras glorieux ; Qui fendit les eaux devant eux, Pour se faire un nom éternel ; Qui les dirigea au travers des flots, Comme un coursier dans le désert, Sans qu’ils bronchassent ? Comme la bête qui descend dans la vallée, L’esprit de l’Eternel les a menés au repos. C’est ainsi que tu as conduit ton peuple, Pour te faire un nom glorieux.

Réflexion

Déception et aspiration
Une nouvelle fois, dans le contexte de cette colère à venir, le prophète passe et repasse devant ses yeux la texture du drame qui constitue l’arrière-plan de la relation saccadée et tumultueuse de Dieu au cours des siècles avec Son peuple. Esaïe rappelle pour commencer les actes de Dieu envers Son peuple, actes qui, tous, témoignent des dispositions qui L’habitent envers lui. Tout est là, rappelle Esaïe, pour dire, témoigner de Sa fidélité, Son amour, de Sa parfaite identification à lui, à leur parcours, leur situation dans ce monde. Combien de fois , en effet, Dieu ne les a-t-Il pas sauvés, secourus, protégés, alors que sans Lui ils allaient à une mort certaine ! Il a, rappelle Esaïe, tout partagé avec eux : leurs souffrances, leurs détresses… Plus encore, trait et caractéristique de l’amour mis en avant par l’apôtre Paul, l’attitude de Dieu à l’égard de Son peuple témoigne de la confiance qu’Il avait aussi en lui, sa certitude, son honnêteté, la vérité de son amour et de son attachement pour Lui. Rempli d’amour pour eux, le cœur de Dieu était incapable de soupçonner le mal chez celui qui en était l’objet : 1 Cor 13,6.

La déception de Dieu, au regard de la manière avec laquelle Son peuple a répondu à Sa sollicitude, est à la mesure de cet amour qu’Il a manifesté à son égard. Car, malgré toutes les marques d’attention et les preuves d’affection dont Israël a été l’objet, le peuple n’a répondu en rien à l’attente de Dieu. Au contraire ! Ils se sont montrés, dit Esaïe, à Son égard si décevants que Dieu Lui-même, d’ami qu’Il était s’est changé en ennemi !

Est-ce à dire pour autant que le fruit de l’amour, semé dans leurs cœurs, soit resté sans fruit ? Non ! Car après suivi sa propre voie, le peuple de Dieu, victime première, tel le fils prodigue de la parabole, de sa rébellion, est soudainement saisi de nostalgie : Luc 15,17. Privé de la bénédiction et des bienfaits dont il jouissait lorsque l’Eternel avec lui, Israël se souvient des jours d’autrefois, du temps où, aux jours de Moïse, Dieu, comme un berger, marchait avec Lui, assurant sa protection et le conduisant lui-même dans les lieux de son repos. On peut, pour un temps, comme le peuple de Dieu, oublier l’amour de Dieu ! Mais, sachons-le : rien dans ce monde ne peut en termes de bonheur, de satisfaction, d’apport et de plénitude, rivaliser avec lui. Si l’amour de Dieu ne suffit pas pour nous attacher à Lui, les effets de sa perte sont le meilleur argument pour nous amener à revenir à Lui. Que dans nos cœurs la soif d’être avec Lui soit, en tout temps, le moteur de notre recherche de Sa présence !

samedi 8 août 2009

Esaïe 63,1 à 6


Texte biblique

Qui est celui–ci qui vient d'Edom, De Botsra, en vêtements rouges, En habits éclatants, Et se redressant avec fierté dans la plénitude de sa force ? –C'est moi qui ai promis le salut, Qui ai le pouvoir de délivrer. – Pourquoi tes habits sont–ils rouges, Et tes vêtements comme les vêtements de celui qui foule dans la cuve ? – J’ai été seul à fouler au pressoir, Et nul homme d’entre les peuples n’était avec moi ; Je les ai foulés dans ma colère, Je les ai écrasés dans ma fureur ; Leur sang a jailli sur mes vêtements, Et j’ai souillé tous mes habits. Car un jour de vengeance était dans mon cœur, Et l’année de mes rachetés est venue. Je regardais, et personne pour m’aider ; J’étais étonné, et personne pour me soutenir ; Alors mon bras m’a été en aide, Et ma fureur m’a servi d’appui. J’ai foulé des peuples dans ma colère, Je les ai rendus ivres dans ma fureur, Et j’ai répandu leur sang sur la terre.

Réflexion

Le jour de la vengeance

Si la vision qu’a eu Esaïe de Sion au jour du Seigneur l’a transporté d’enthousiasme, celle-ci n’est cependant qu’une partie de la réalité qui s’accomplira en ce jour. En effet, si la venue du jour du Seigneur est synonyme de salut et de délivrance pour les Siens, elle est aussi, l’Eternel l’a maintes fois dites par Esaïe et d’autres prophètes : Esaïe 61,2 ; Joël 2,1 à 11, le jour de Sa vengeance et de Sa colère. Aussi, regardant vers la frontière d’Edom, le frère ennemi, le Messie qu’Esaïe voit venir ne respire pas la paix, mais la guerre. Car pour sauver Son peuple et établir Son règne, le Messie doit auparavant accomplir une œuvre terrible, inouïe : l’œuvre de purification du monde par la colère. Or, le Messie le dit ici : de même que Lui seul pouvait accomplir l’œuvre de purification de nos péchés par Son sang, Lui seul a la légitimité de fouler les peuples dans la cuve de la grande colère de Dieu. Sans effusion de sang, nous rappelle l’épître aux hébreux, il n’y a pas de pardon : Hébr 9,22. Il était donc nécessaire que, pour assurer l’expiation de nos péchés, le sang de Christ soit versé. Jésus, nous dit Jean, est l’Agneau de Dieu qui ôte le péché du monde : Jean 1,29. Couverts par le sang de Christ, les élus n’ont donc rien à craindre de la colère de Dieu : leur salut et l’expiation de leurs fautes leurs sont acquis. Il n’en est cependant pas de même pour ceux qui, comme en Egypte au temps de Moïse, ne sont pas couverts pat le sang de l’agneau du sacrifice. Le péché réclamant la mort du coupable, c’est par leur propre sang que les ennemis de Dieu paieront, tôt ou tard, le prix de leurs fautes. Si au jour de Sa première venue, le sang de Christ a sali Ses vêtements pour nous, c’est rouge du sang de Ses victimes que le Christ paraîtra au jour de Son règne !

Pour les pécheurs que nous sommes, il n’existe face à Dieu que deux alternatives possibles : soit nous nous approchons de Lui, couverts par le sang de Christ, soit c’est le Christ qui vient couvert du sang des rebelles. Dans les deux cas, la justice de Dieu est satisfaite, à notre avantage ou à nos dépens. Libre à nous de choisir dans quelle situation nous serons au jour de Sa venue !

vendredi 7 août 2009

Esaïe 62


Texte biblique

Pour l’amour de Sion je ne me tairai point, Pour l’amour de Jérusalem je ne prendrai point de repos, Jusqu’à ce que son salut paraisse, comme l’aurore, Et sa délivrance, comme un flambeau qui s’allume. Alors les nations verront ton salut, Et tous les rois ta gloire ; Et l’on t’appellera d’un nom nouveau, Que la bouche de l’Eternel déterminera. Tu seras une couronne éclatante dans la main de l’Eternel, Un turban royal dans la main de ton Dieu. On ne te nommera plus délaissée, On ne nommera plus ta terre désolation ; Mais on t’appellera mon plaisir en elle, Et l’on appellera ta terre épouse ; Car l’Eternel met son plaisir en toi, Et ta terre aura un époux. Comme un jeune homme s’unit à une vierge, Ainsi tes fils s’uniront à toi ; Et comme la fiancée fait la joie de son fiancé, Ainsi tu feras la joie de ton Dieu. Sur tes murs, Jérusalem, j’ai placé des gardes ; Ils ne se tairont ni jour ni nuit. Vous qui la rappelez au souvenir de l’Eternel, Point de repos pour vous ! Et ne lui laissez aucun relâche, Jusqu’à ce qu’il rétablisse Jérusalem Et la rende glorieuse sur la terre. L’Eternel l’a juré par sa droite et par son bras puissant : Je ne donnerai plus ton blé pour nourriture à tes ennemis, Et les fils de l’étranger ne boiront plus ton vin, Produit de tes labeurs ; Mais ceux qui auront amassé le blé le mangeront Et loueront l’Eternel, Et ceux qui auront récolté le vin le boiront, Dans les parvis de mon sanctuaire. Franchissez, franchissez les portes ! Préparez un chemin pour le peuple ! Frayez, frayez la route, ôtez les pierres ! Elevez une bannière vers les peuples ! Voici ce que l’Eternel proclame aux extrémités de la terre : Dites à la fille de Sion : Voici, ton sauveur arrive ; Voici, le salaire est avec lui, Et les rétributions le précèdent. On les appellera peuple saint, rachetés de l’Eternel ; Et toi, on t’appellera recherchée, ville non délaissée.

Réflexion

Le bonheur futur de Jérusalem : objet de l’enthousiasme du prophète

Subjugué par la vision de Jérusalem à l’heure de sa gloire et de son rayonnement maximal sur le monde, Esaïe ne peut contenir l’enthousiasme qui le saisit. Pour qui aime la ville de Dieu et connaît toutes les déconvenues qu’au cours des siècles elle a connu, la joie, l’enthousiasme dont témoigne le prophète ne peuvent être que partagés. Car s’il y a bien une ville sur laquelle, au cours de l’histoire, on ne parierait pas pour l’avenir comme capitale du monde, c’est bien Jérusalem, à la fois délaissée par Dieu à cause du péché de son peuple, et dévastée par ses ennemis. Mais Dieu le promet ici : Jérusalem rétablie, ce temps est désormais fini. Destinée dès l’origine à être la ville du grand Roi, le lieu à partir duquel Sa lumière rayonnera sur le monde, Jérusalem, née en quelque sorte de nouveau, accomplira sa vocation. Car, quoi que l’homme fasse pour faire obstacle et différer le plan de Dieu, il est impossible qu’à terme celui-ci ne se réalise pas !

Quels sont les changement durables qui s’opéreront pour Jérusalem en ce temps ? Esaïe en discerne plusieurs :

Bien que s’appelant toujours Jérusalem, un nom nouveau traduisant ce que, à cause du Seigneur, elle est pour le monde, lui sera donnée. Jérusalem ne sera plus ce qu’elle est aujourd’hui : une source de conflit, une pierre pesante et d’achoppement pour les peuples : Zach 12,3. Elle sera reconnue par tous comme la Ville dans laquelle il a plu à Dieu, au travers de Son Oint, d’habiter. Couronne splendide, turban royal, perle du monde ou encore l’Epousée ou plaisir de Dieu : tels pourraient être les noms sous lesquels, partout dans le monde, on la désigne !

Contrairement à ce qui s’est produit à multiples reprises dans le passé, le peuple de Dieu, dit Esaïe, ne travaillera plus et ne se fatiguera plus pour les autres. Ceux qui sèmeront leur blé dans le pays, le récolteront aussi et le mangeront. Le temps de l’oppression sera pour toujours fini et Jérusalem pourra être ce que son nom dit qu’elle est : la ville de la paix.

Face à cette perspective, Esaïe toujours subjugué communique à son peuple deux appels qui, à son goût, devraient traduire en eux les aspirations que suscite la vision :

1er appel : v 6 et 7 : l’appel à la prière. La vision étant certaine, le peuple de Dieu devrait prier avec insistance jusqu’à ce qu’elle s’accomplisse. Se faisant, Esaïe nous indique de manière claire ce qui est à la source de la prière persévérante : non pas une insistance pour obtenir ce que nous voulons, mais le désir passionné de voir ce que Dieu a dit qu’Il ferait se réaliser.

2ème appel : v 10 à 12 : la proclamation au peuple de Dieu dispersé dans le monde entier de la bonne nouvelle de son rachat. La captivité est finie, le peuple de Dieu peux rentrer à la maison. Cette proclamation est aussi celle dont Jésus, notre Seigneur, a chargé les Siens avant Son départ !

Quelle que soit la vision que Dieu nous donne de ce qu’Il va faire dans l’avenir, celle-ci ne peut et ne doit jamais nous laisser les bras ballants. Nous sommes ouvriers avec Dieu et, si c’est Lui seul qui a le pouvoir d’accomplir ce qu’Il a en vue, Il désire nous associer à ce qu’Il projette de faire. Que Dieu nous donne jusqu’au bout d’être actif dans le champ de Dieu !