vendredi 24 avril 2009

Esaïe 45,9 à 13


Texte biblique

Malheur à qui conteste avec son créateur ! –Vase parmi des vases de terre ! –L'argile dit–elle à celui qui la façonne: Que fais–tu ? Et ton œuvre : Il n'a point de mains ? Malheur à qui dit à son père : Pourquoi m'as–tu engendré ? Et à sa mère : Pourquoi m'as–tu enfanté ? Ainsi parle l'Eternel, le Saint d'Israël, et son créateur : Veut–on me questionner sur l'avenir, Me donner des ordres sur mes enfants et sur l'œuvre de mes mains C’est moi qui ai fait la terre, Et qui sur elle ai créé l’homme ; C’est moi, ce sont mes mains qui ont déployé les cieux, Et c’est moi qui ai disposé toute leur armée. C’est moi qui ai suscité Cyrus dans ma justice, Et j’aplanirai toutes ses voies ; Il rebâtira ma ville, et libérera mes captifs, Sans rançon ni présents, Dit l’Eternel des armées.

Réflexion

Contestation de la souveraineté de Dieu :

Toujours dans le thème de la défense de son unicité, Dieu met ici le doigt sur l’aspect qui, dans ce caractère de Dieu, est le générateur le plus fort des querelles et des contestations des hommes qui Lui sont rebelles : les droits que Lui confère, en tant que Dieu unique, Sa souveraineté. S’Il revendique cette souveraineté, Dieu le rappelle ici, ce n’est en aucun cas d’une manière usurpée, comme les tyrans de ce monde le font. C’est, rappelle Dieu, en vertu du fait qu’Il est le Créateur de toutes choses que cette légitimité Lui est donnée, comme un droit naturel, sur toute créature. Aussi, en tant que tel, Il est, Lui, le seul qui, à juste titre, peut revendiquer sur l’histoire de tout être comme de tout peuple le droit de projeter à son sujet tous les desseins qu’Il souhaite. Notre contestation envers ce droit de Dieu n’est, dit ici Esaïe, pas plus légitime que celle que pourrait exprimer l’argile à l’égard du potier au sujet de l’œuvre qu’il se propose de faire avec elle par ses mains.

Avec la contestation de ce droit de Dieu, droit qui est le pendant naturel de Son unicité, nous touchons sans nul doute à ce qui est à la racine même du péché. Car, qu’est-elle d’autre la proposition faite à nos premiers parents dans le jardin d’Eden d’être comme dieu, si ce n’est, de manière induite, la contestation du Malin à reconnaître le droit à la souveraineté que Dieu possède, de manière légitime, en tant qu’Auteur et Créateur de toutes choses ? cf Genèse 3,5. Présente dès l’origine de la fracture entre Dieu et l’homme, cette contestation première, montrera Paul, va, tel le levain, pénétrer la pâte de toute la pensée et la façon d’être et de réagir de l’homme à l’égard de Dieu. Elle va être l’argument principal utilisé, par exemple, par les contestataires de l’idée de l’élection ou de la prédestination, idée qui affirme de nouveau le droit légitime que possède Dieu de faire des choix en-dehors de toute considération autre que celle de Sa volonté : Rom 9,10 à 18. A la défense de Dieu, Paul ne reprendra pas autre chose que les arguments développés ici par Esaïe : Rom 9,19 à 24.

Si la contestation des droits que confère à Dieu Sa souveraineté due au fait qu’Il est le Créateur est la cause de toutes les rébellions, elle est aussi, montre ici Esaïe, la cause de tous les malheurs de l’homme. Les psychologues honnêtes le disent : autant que les blessures conséquentes aux malheurs qui nous arrivent, ce qui nous fait le plus souffrir est souvent notre rébellion, notre incapacité à accepter, quelque part à nous soumettre, à ce destin qui est le nôtre. Ce destin, pour autant, n’est pas toujours le fait de la volonté de Dieu : il est aussi le résultat de nos choix. Mais, autant nous refusons à Dieu le droit de conduire nos vies dans les voies qui Lui semblent bonnes pour nous, autant, paradoxalement, nous nous tournons vers Lui pour L’accuser lorsque les choses, en bout de course, ne se produisent pas comme nous l’aurions espéré ! En tout, et partout, nous devons le reconnaître : la source de tous nos malheurs résultent dans notre refus d’accepter et de reconnaître les droits que confère à Dieu, notre Créateur, la souveraineté légitime qu’Il possède sur nous.

C’est cette souveraineté qui, dit Dieu ici, sera à l’origine de la manifestation dans l’histoire de Cyrus et du succès qu’il aura parmi les peuples dans ses entreprises.

jeudi 23 avril 2009

Esaïe 45,8


Texte biblique

Que les cieux répandent d’en haut Et que les nuées laissent couler la justice ! Que la terre s’ouvre, que le salut y fructifie, Et qu’il en sorte à la fois la délivrance ! Moi, l’Eternel, je crée ces choses.

Réflexion

Vœu de Dieu :

Derrière le souhait d’être reconnu comme le Dieu unique et véritable parmi les nations, Dieu exprime dans ce verset isolé un autre souhait qui donne la raison première, profonde de ce désir si fort de reconnaissance de Dieu. Car si Dieu veut être reconnu pour ce qu’Il est, les raisons qui L’animent ne ressemblent en rien à celles que nous trouvons dans notre cœur lorsqu’un tel désir y habite. Car, alors que nous pensons à nous-mêmes, à notre honneur ou à notre amour propre bafoué, ce à quoi Dieu pense en souhaitant que les peuples Le reconnaissent comme seul et unique Dieu, c’est à leur paix et à leur bonheur. Seules, en effet, la royauté et la domination spirituelle de Dieu dans le monde sont en mesure de procurer à celui-ci la justice ! Paradoxalement, l’aspiration de Dieu pour le monde est la même que celle du monde pour lui-même. Mais alors que Dieu sait où se trouve la réponse à cette aspiration, celle-ci reste cachée au monde tant que le monde continue à chercher son salut en-dehors de Lui.

Deux conditions sont en effet nécessaires pour que l’aspiration de Dieu rejoigne l’aspiration du monde à la justice :

1. la 1ère est que les cieux distillent, envoient d’en haut les éléments par lesquels la justice peut éclore sur la terre. Il nous faut le savoir, et toute l’histoire humaine est là pour en témoigner : la justice ne peut éclore par elle-même de la terre. La justice est un don qui vient du ciel. Comme la pluie qui arrose et féconde la terre, c’est des cieux seulement que la justice vient pour produire ici-bas un fruit de justice : Esaïe 55,10 ; 32,17 ; Jacques 3,18. Cette justice, nous la voyons déjà vivante et présente dans le cœur de tous ceux qui, par Jésus-Christ, ont été justifiés, sont devenus des justes. Car, montre la Bible, Il est Lui, ce don du ciel, le don de la justice, thème même de l’Evangile : Rom 1,17, envoyé par le Père pour faire germer et féconder la justice sur la terre.

2. La seconde, indispensable, mais si difficile à obtenir, est que, en réponse à la pluie et au don de la justice apportés du ciel par Jésus-Christ, la terre s’ouvre pour, dit Dieu, que le salut y soit fécond. Toute la parabole du semeur, racontée par Jésus, nous donne les raisons de l’échec de l’œuvre de la justice envoyée par Dieu et commencée dans nos cœurs. Elles ne sont liées en rien à Dieu, mais, toutes entières, aux dispositions hostiles, mauvaises de notre cœur à la parole de justice que, par Jésus-Christ, le Père nous a envoyé du ciel. C’est de la réceptivité de chacun à ce que Dieu veut lui donner et faire naître dans son cœur par Jésus-Christ que dépend la qualité et l’abondance du fruit de justice qui naîtra dans une vie, un peuple, une société, une nation !

Que Dieu nous aide à être de ceux qui, dans ce monde, peuvent être pour Lui les témoins vivants de ce qu’Il peut accomplir lorsque Sa Parole de justice est reçue !

mercredi 22 avril 2009

Esaïe 45,1 à 7

Texte biblique

Ainsi parle l’Eternel à son oint, à Cyrus, Qu’il tient par la main, Pour terrasser les nations devant lui, Et pour relâcher la ceinture des rois, Pour lui ouvrir les portes, Afin qu’elles ne soient plus fermées ; Je marcherai devant toi, J’aplanirai les chemins montueux, Je romprai les portes d’airain, Et je briserai les verrous de fer. Je te donnerai des trésors cachés, Des richesses enfouies, Afin que tu saches Que je suis l’Eternel qui t’appelle par ton nom, Le Dieu d’Israël. Pour l’amour de mon serviteur Jacob, Et d’Israël, mon élu, Je t’ai appelé par ton nom, Je t’ai parlé avec bienveillance, avant que tu me connusses. Je suis l’Eternel, et il n’y en a point d’autre, Hors moi il n’y a point de Dieu ; Je t’ai ceint, avant que tu me connusses. C’est afin que l’on sache, du soleil levant au soleil couchant, Que hors moi il n’y a point de Dieu : Je suis l’Eternel, et il n’y en a point d’autre. Je forme la lumière, et je crée les ténèbres, Je donne la prospérité, et je crée l’adversité ; Moi, l’Eternel, je fais toutes ces choses.

Réflexion

Le choix de Cyrus :

Israël étant au centre de Son projet, l’Eternel montre ici que ce n’est pas par hasard que se fait l’histoire, mais uniquement en fonction du dessein particulier qu’Il a conçu pour se révéler au monde comme le Dieu unique et véritable, par son moyen. Aussi Dieu, le Dieu vivant, tout-puissant, souverain, le Dieu d’Israël qui veut être connu et reconnu comme le Dieu unique, annonce t-Il ici d’avance, alors qu’Israël est prêt à connaître la destruction de sa capitale et la déportation, le nom du futur dominateur du monde par qui, dans plusieurs décennies d’années, le peuple de Dieu pourra retourner dans sa terre et rebâtir sa capitale en ruines. Cette annonce prématurée de Dieu, au sujet de Cyrus, a deux objectifs :

1. elle est un message pour Israël. Elle atteste et confirme son statut particulier de serviteur de Dieu élu ! Elle souligne aussi une vérité que le juif Paul, parlant de son peuple, confirmera des siècles plus tard. Cette vérité est que les dons et l’appel de Dieu envers Israël sont irrévocables : Rom 11,28-29. De manière implicite, l’annonce prématurée de Dieu au sujet de la renaissance d’Israël, au seuil même de sa disparition, est un témoignage éloquent à Sa grâce, seul principe expliquant la survie de ce peuple au travers des âges !

2. elle est aussi un message pour le monde. Elle souligne ce que Dieu ne cesse de vouloir mettre en évidence au travers de toute Sa Parole : c’est le fait qu’Il est le seul Dieu véritable, car Lui seul a la capacité de réaliser, de manière exacte, les promesses de Sa Parole !

L’annonce d’Esaïe au sujet de Cyrus a aussi beaucoup à nous apprendre sur la façon mystérieuse avec laquelle Dieu agit et construit l’histoire. Deux vérités apparemment contradictoires nous sont, en effet, dites à propos de Cyrus :

1. la 1ère est que Cyrus est l’oint de l’Eternel, ce qui signifie que ce n’est pas, par sa propre intelligence ou sensibilité qu’il énoncera le décret favorisant le retour des juifs dans leur terre, mais sous l’impulsion de l’Esprit de Dieu !

2. la seconde est que, malgré cette onction, l’Eternel dit clairement ici que Cyrus ne le connaît pas. C’est donc à son insu, et non sur la base d’une relation personnelle, vivante et intime avec Dieu, que Cyrus va être l’outil de Dieu en son temps, pour Son dessein.

" Petit-fils de Cambyse, Cyrus monta sur le trône environ en 559 av.J-C… Il se heurta à Astyage, roi des Mèdes, s’empara d’Ecbatane et assura la prédominance des Perses. Puis il poursuivit ses conquêtes foudroyantes. En 546 av. J-C. il vainquit Cresus, roi de Lydie, prit sardes sa capitale, et bientôt toute l’(Asie Mineure. En 539, à Opis et à Sippar, il triompha des Babyloniens, dont le roi Nabonide s’enfuit. Aussitôt après, Gobryas, gouverneur de Guttim, entra dans Babylone sans combattre à la tête d’un détachement de l’armée de Cyrus. Plus tard Nabonide fut fait prisonnier à Babylone. Cyrus entra lui-même dans la ville et proclama la paix, avec un édit ordonnant de restituer de nombreuses idoles étrangères à leurs sanctuaires primitifs. Cet édit marquait un renversement de la politique inhumaine pratiquée par les conquérants assyriens et babyloniens, qui n’hésitaient pas à déporter des populations entières. Ceci aide à comprendre l’attitude de clémence et de tolérance religieuse du roi à l’égard des captifs juifs… De nombreux juifs profitèrent de cette permission et retournèrent à Jérusalem en 538 av. J-C. Cyrus mourut sur un champ de bataille en 530 av. J-C. et son tombeau subsiste à Pasargadae, en Iran. " (Dictionnaire biblique Emmaüs)

mardi 21 avril 2009

Esaïe 44,21 à 28


Texte biblique

Souviens–toi de ces choses, ô Jacob ! O Israël ! car tu es mon serviteur ; Je t'ai formé, tu es mon serviteur ; Israël, je ne t'oublierai pas. J’efface tes transgressions comme un nuage, Et tes péchés comme une nuée ; Reviens à moi, Car je t’ai racheté. Cieux, réjouissez–vous ! car l'Eternel a agi ; Profondeurs de la terre, retentissez d'allégresse ! Montagnes, éclatez en cris de joie ! Vous aussi, forêts, avec tous vos arbres ! Car l'Eternel a racheté Jacob, Il a manifesté sa gloire en Israël. Ainsi parle l’Eternel, ton rédempteur, Celui qui t’a formé dès ta naissance : Moi, l’Eternel, j’ai fait toutes choses, Seul j’ai déployé les cieux, Seul j’ai étendu la terre. J’anéantis les signes des prophètes de mensonge, Et je proclame insensés les devins ; Je fais reculer les sages, Et je tourne leur science en folie. Je confirme la parole de mon serviteur, Et j’accomplis ce que prédisent mes envoyés ; Je dis de Jérusalem : Elle sera habitée, Et des villes de Juda : Elles seront rebâties ; Et je relèverai leurs ruines. Je dis à l'abîme : Dessèche–toi, Je tarirai tes fleuves. Je dis de Cyrus : Il est mon berger, Et il accomplira toute ma volonté ; Il dira de Jérusalem : Qu’elle soit rebâtie ! Et du temple : Qu’il soit fondé !

Réflexion

Dieu, Rédempteur, Créateur du monde et Souverain de l’histoire

En contraste avec la vanité des idoles, qui ne sont que l’œuvre de la main de l’homme, Dieu rappelle ici à Israël qui Il est, comment il doit Le considérer et quelles attitudes doit engendrer la connaissance qu’Israël a de Lui. Car, toujours, l’une (la connaissance) précède les autres (les attitudes) et en est la cause ! Tout effort d’être quelque chose qui n’est pas issu de la connaissance intime de ce que Dieu est, n’est que légalisme ! Ce n’est que par la connaissance de ce que Dieu est pour nous que nous pouvons être pour Lui ce qu’Il veut que nous soyons ! Car, comme il est le Maître de l’histoire, Il est aussi la source de ce que nous pouvons être ici-bas à Sa gloire !

Ce que Dieu est pour Israël :

1. Il est Celui qui, dès le départ, l’a choisi, élu, pour être Son serviteur :

Dieu rappelle ainsi ici à Israël qu’il n’a en fait pas d’existence propre. Il n’existe que par rapport à Dieu, et par rapport au projet que Dieu s’est formé en Lui-même en le choisissant. C’est pourquoi Israël n’est pas libre de lui-même. Il lui est impossible, moins que tous les autres peuples du monde, d’écrire lui-même sa propre histoire et de disposer de lui-même comme il l’entend. L’histoire d’Israël est inaliénable de Dieu, de Son dessein, de Son projet pour le monde. Une réalité qui est aussi celle du chrétien né de nouveau comme de l’Eglise de Jésus-Christ, peuple de la nouvelle Alliance. Nous existons désormais pour Lui et toute tentative de nous affranchir de Lui ne peut se traduire et se solder pour nous, comme il en a été pour Israël, que par une somme douloureuse de malheurs, revers, échecs… : 1 Cor 6,16 à 20 ; Galates 5,17. Etant à Dieu, le chrétien comme Israël doit désormais s’en faire une raison (et le plus vite il le fera, le mieux il s’en portera) : toute revendication à l’autonomie et à la liberté d’être et de mener sa vie comme il l’entend doit désormais être bannie de ses prétentions et de son vocabulaire. Il a, dans la relation qu’il a avec Dieu, toute la liberté d’être ce que Dieu veut qu’Il soit, mais en-dehors d’elle, rien !

2. Il est Son rédempteur, Celui qui le rachète et efface Ses transgressions :

A cause de ce dessein, et parce que Dieu sait que, par lui-même, Israël est incapable d’être ce qu’Il a projeté qu’il soit, l’Eternel est aussi pour Israël le Rédempteur. Ce n’est que de Dieu que peut venir les ressources et la justice qui fait que, contre lui-même, Israël peut devenir ce que Dieu veut qu’il soit ! Plus le projet de Dieu pour un peuple, une nation ou un individu est élevé, plus il apparaît et devient manifeste, comme l’a écrit Paul à son sujet, que c’est par la grâce de Dieu seule que nous sommes ce que nous sommes : 1 Cor 15,15 ; Ephés 3,8 ; 1 Tim 1, 12 à 15. Israël comme l’Eglise sont ainsi la démonstration que, si c’est de Lui qu’ils ont reçu leur vocation d’être Ses serviteurs, ce n’est que par Lui qu’ils peuvent être ici-bas quelque chose pour Lui, à Sa gloire !

3. Il est le Souverain de son histoire, comme de celle du monde :

Israël étant Son serviteur, l’Eternel lui dit qu’Il est, non seulement Celui qui détermine ce qui lui arrive, mais aussi Celui qui préside et régit tout ce qui l’entoure et se produit dans l’histoire autour de lui. Le cœur du projet de Dieu (Israël) est, à la fois, le déterminant de ce qui fait l’histoire est la seule clé possible pour la comprendre. Aussi l’Eternel n’hésite-t-il pas, dans cette partie, d’utiliser à outrance le pronom personnel " Je ", pour faire pénétrer dans l’esprit d’Israël l’idée forte que rien de ce qui se produit le concernant n’est dû au hasard. Dieu est Celui qui fait tout : v 24, il est Celui qui initie, ordonne, parle et fait ce qu’Il décide : preuve en sera donnée, de manière concrète, par Cyrus, le Perse, qu’Esaïe désigne ici, près de 3 siècles avant l’heure, comme celui qu’Il a choisi et désigné pour être le décideur de la reconstruction de Jérusalem.

Sachons-le bien : ce ne sont pas les grands de ce monde qui sont les décideurs de ce qui se passe, mais notre Seigneur, en fonction du projet qu’Il a envers nous et pour nous Son peuple !

lundi 20 avril 2009

Esaïe 44,6 à 20


Texte biblique

Ainsi parle l’Eternel, roi d’Israël et son rédempteur, L’Eternel des armées: Je suis le premier et je suis le dernier, Et hors moi il n’y a point de Dieu. Qui a, comme moi, fait des prédictions Qu’il le déclare et me le prouve !, Depuis que j’ai fondé le peuple ancien ? Qu’ils annoncent l’avenir et ce qui doit arriver ! N'ayez pas peur, et ne tremblez pas ; Ne te l'ai–je pas dès longtemps annoncé et déclaré ? Vous êtes mes témoins: Y a–t–il un autre Dieu que moi ? Il n'y a pas d'autre rocher, je n'en connais point. Ceux qui fabriquent des idoles ne sont tous que vanité, Et leurs plus belles œuvres ne servent à rien ; Elles le témoignent elles–mêmes : Elles n'ont ni la vue, ni l'intelligence, Afin qu'ils soient dans la confusion. Qui est–ce qui fabrique un dieu, ou fond une idole, Pour n'en retirer aucune utilité ? Voici, tous ceux qui y travaillent seront confondus, Et les ouvriers ne sont que des hommes ; Qu’ils se réunissent tous, qu’ils se présentent, Et tous ensemble ils seront tremblants et couverts de honte. Le forgeron fait une hache, Il travaille avec le charbon, Et il la façonne à coups de marteau ; Il la forge d'un bras vigoureux ; Mais a–t–il faim, le voilà sans force ; Ne boit–il pas d'eau, le voilà épuisé. Le charpentier étend le cordeau, Fait un tracé au crayon, Façonne le bois avec un couteau, Et marque ses dimensions avec le compas ; Et il produit une figure d’homme, Une belle forme humaine, Pour qu’elle habite dans une maison. Il se coupe des cèdres, Il prend des rouvres et des chênes, Et fait un choix parmi les arbres de la forêt ; Il plante des pins, Et la pluie les fait croître. Ces arbres servent à l’homme pour brûler, Il en prend et il se chauffe. Il y met aussi le feu pour cuire du pain ; Et il en fait également un dieu, qu’il adore, Il en fait une idole, devant laquelle il se prosterne. Il brûle au feu la moitié de son bois, Avec cette moitié il cuit de la viande, Il apprête un rôti, et se rassasie ; Il se chauffe aussi, et dit: Ha ! Ha ! Je me chauffe, je vois la flamme ! Et avec le reste il fait un dieu, son idole, Il se prosterne devant elle, il l'adore, il l'invoque, Et s'écrie : Sauve–moi ! Car tu es mon dieu ! Ils n’ont ni intelligence, ni entendement, Car on leur a fermé les yeux pour qu’ils ne voient point, Et le cœur pour qu’ils ne comprennent point. Il ne rentre pas en lui–même, Et il n'a ni l'intelligence, ni le bon sens de dire: J'en ai brûlé une moitié au feu, J'ai cuit du pain sur les charbons, J'ai rôti de la viande et je l'ai mangée ; Et avec le reste je ferais une abomination ! Je me prosternerais devant un morceau de bois ! Il se repaît de cendres, Son cœur abusé l'égare, Et il ne sauvera point son âme, et ne dira point : N'est–ce pas du mensonge que j'ai dans ma main ?

Réflexion

L’aveuglement des idolâtres

L’avenir d’Israël précisément annoncé, l’Eternel revient une fois de plus sur la cause profonde de toutes les annonces prophétiques dont Il charge Esaïe d’être le héraut. Si Israël est le sujet de la prophétie, l’Eternel rappelle ainsi qu’il n’en est pas le premier objet. Le premier objet est Dieu Lui-même, Sa gloire. Ce que Dieu veut, à travers Israël, c’est fournir les preuves et donner les moyens au monde entier, et surtout à tous les idolâtres de voir, de constater par eux-mêmes, de visu, qui est le Dieu véritable. Car pour être cru et reçu comme Dieu, ceux qui prétendent l’être doivent eux-mêmes fournir les preuves, apporter la démonstration de leurs prétentions. Or, un seul, dit Dieu, a pu le faire : c’est Celui qui, avant que les choses soient, les prédit, les décrit, les annonce longtemps d’avance. Telle est la raison première de l’élection d’Israël, telle est aussi la raison essentielle de la prophétie, dont, dira Jean plus tard, Jésus, le Messie, en est l’esprit : Apoc 19,10 ; Jean 5,39, la preuve de véracité et de fiabilité la plus explicite !

Aussi, après avoir réaffirmé le but de la prophétie, l’Eternel va-t-il s’attacher, dans un pamphlet ironique, à dire pourquoi à ses yeux il vaudrait mieux appeler les idolâtres des " idiolâtres ". Les idolâtres sont des " idiolâtres " parce que :

1. De manière évidente, en se confiant à des entités imaginaires qui n’ont ni vue, ni connaissance de quoi que ce soit, ils préparent leur propre ruine. Inévitablement, nous finissons par devenir, avertit ici l’Eternel, semblables à ce à quoi nous nous confions pour notre salut. Si l’espoir de notre salut repose sur du néant et n’est qu’illusion, nous le serons aussi, emportés dans le jugement avec le faux abri dans lequel nous nous serons réfugiés. L’inverse, par contre, est aussi vrai. Si l’objet de notre foi pour notre salut est sûr et correspond à la vérité, nous sommes, cachés en lui, en parfaite sécurité : Jean 10,28-29

2. Par expérience, les fabricants d’idoles vivent le fait que, quoi que ce soit qu’ils aient comme besoins fondamentaux (faim, soif), ce n’est pas d’elles qu’ils reçoivent les ressources qui leur sont nécessaires pour vivre. L’idolâtrie n’est, en quelque sorte, qu’une tromperie de l’esprit (comme d’ailleurs la théorie de l’évolution). Dans les faits, les idolâtres comme les croyants savent fort bien que c’est sur la Providence divine, le Principe qui a ordonné l’univers que, chaque jour, de manière innée, ils comptent pour recevoir tout ce qui leur est indispensable pour leurs besoins vitaux.

3. De manière logique, par la simple analyse, ils devraient eux-mêmes comprendre l’absurdité de leur façon d’agir. Alors qu’autour de nous, le monde matérialiste ne cesse de taxer les croyants d’utopistes, l’Eternel affirme ici, preuves à l’appui, que la foi en Dieu est, en contraste avec l’absurdité qu’est l’idolâtrie, l’attitude la plus intelligente, logique, et raisonnable qui soit. Si, en effet, la plus grande des sagesses, pour la créature, est de se confier en son Créateur, sa plus grande folie est de se confier en l’œuvre de ses mains pour assurer son salut. Ne fait-il pas l’expérience tous les jours, comme Jésus le dira pour l’argent, du caractère périssable de la matière : Matthieu 6,19 à 21. Comment l’homme peut-il diviniser des choses dont, par ailleurs, tous les jours il se sert comme outil pour son service ou son bien-être ? Pour être Dieu, ce que nous appelons Dieu doit posséder le caractère de transcendance et de liberté totale à toute forme d’assujettissement ou d’exploitation. Or, ces deux caractères, seul Dieu, Celui qui est et existe par Lui-même, les possède !

samedi 18 avril 2009

Esaïe 44,1 à 5


Texte biblique

Ecoute maintenant, ô Jacob, mon serviteur ! O Israël, que j’ai choisi ! Ainsi parle l’Eternel, qui t’a fait, Et qui t’a formé dès ta naissance, Celui qui est ton soutien : Ne crains rien, mon serviteur Jacob, Mon Israël, que j’ai choisi. Car je répandrai des eaux sur le sol altéré, Et des ruisseaux sur la terre desséchée ; Je répandrai mon esprit sur ta race, Et ma bénédiction sur tes rejetons. Ils pousseront comme au milieu de l’herbe, Comme les saules près des courants d’eau. Celui–ci dira : Je suis à l'Eternel ; Celui–là se réclamera du nom de Jacob ; Cet autre écrira de sa main : à l'Eternel ! Et prononcera avec amour le nom d'Israël.

Réflexion

Dieu rassure Israël pour l’avenir

Si, dans le passé, les relations entre Israël et son Dieu ont pu être orageuses, l’Eternel l’assure : il n’en sera plus de même pour l’avenir. Car désormais, montre l’Eternel, ce qui fonde la relation d’Israël avec Dieu est, non plus la force propre qu’Israël doit déployer pour Lui obéir, mais un attachement à Dieu qui résulte de l’œuvre de Dieu en lui et pour lui. Tout, dans les mots utilisées ici par Dieu dans ce passage, quoique bref, expriment les facettes de cette relation qu’a désormais l’Israël nouveau avec son Dieu :

Quel est celui qui parle pour Israël ? Il est le Seigneur, celui qui l’a fait et qui, dès l’origine, avant même qu’Israël existe comme peuple et nation, a veillé sur sa formation. Cette attention de Dieu sur Israël dès sa conception (dès le ventre de sa mère) est une affirmation qu’Esaïe reprendra à plusieurs reprises : 44,24 ; 46,3 ; 49,1.5. Elle rappelle le dessein particulier auquel ce peuple, plus que tout autre, était, dès sa conception, l’objet, dessein qui explique à la fois les circonstances de son apparition sur la scène de l’histoire et ce qui en fut la suite.

A qui ce Dieu parle –t-Il ? Il donne ici à Israël un double nom :

1. Jacob, c’est son nom de naissance, nom qui, à lui seul, résume bien tout le caractère de l’homme de qui est issu le peuple (et du peuple) : talonneur ou supplanteur , en référence à la façon avec laquelle s’est passée sa naissance : Genèse 25,24 à 26. On y discerne à la foi l’habileté, la ténacité, mais aussi plis tard, la ruse et la fourberie, tous traits de caractère que l’on retrouvera en Israël. Qui, dans la Bible, en effet, s’est montré à la fois si soucieux d’être au bénéfice de la bénédiction de Dieu et, en même temps, si trompeur pour l’obtenir ?

2. Yeshouroun : le Redressé. C’est le nouveau nom, nom sur lequel Dieu fonde Ses promesses envers Israël pour l’avenir, que Dieu donne, après l’œuvre de rectification opérée en lui. Il témoigne du fait qu’en-dehors de cette œuvre là, il est impossible à Dieu d’envisager un partenariat, une alliance, un pacte durable avec lui, comme Il en est aussi pour nous. Sans redressement, sans une œuvre intérieure de transformation fondée sur Dieu, sans l’impératif d’une nouvelle naissance, il est impossible à Dieu de pérenniser un engagement quelconque envers quiconque. Israël ne peut être l’élu de Dieu, le choisi que s’il vit en et par Dieu !

Comment, dans le concret, Jacob peut-il devenir Yeshouroun ? De deux manières :

- D’abord par une résurrection physique, promesse qui, constamment, revient chez Esaïe. La résurrection d’Israël, devenu désert aride, en un verger verdoyant, est la marque initiale du témoignage de l’œuvre nouvelle que Dieu entreprend pour faire de Jacob Yeshouroun.

- Puis, par une résurrection spirituelle. La résurrection physique n’est que le préambule de la résurrections spirituelle. Si l’œuvre de Dieu se limitait à cela, croyons bien que Jacob ne deviendrait jamais Yeshouroun, mais resterait Jacob. La résurrection physique annonce qu’une résurrection spirituelle est sur le point de se produire. Il est impossible que l’une n’accompagne pas l’autre pour que l’objectif de Dieu, la pérennité de Son alliance avec le peuple qu’Il s’est choisi dès l’origine, ne puisse être atteint.

Quels fruits visibles manifesteront le redressement :

Ils se verront dans la façon amoureuse et passionnée avec laquelle les membres du peuple de Dieu parleront de leur Dieu ou afficheront leur appartenance à ce Dieu. Etre le peuple de Dieu ne sera plus un objet de honte pour Israël, mais un sujet de gloire, une parure qu’il arborera fièrement. La relation qu’Israël aura avec Dieu ne se limitera pas à la perpétuation de rites. Tout, en fait, dans ce que chacun vivra sera une dédicace à Sa gloire, une réponse amoureuse individualisée à l’amour dont il aura été l’objet.

Que dans l’Eglise de Jésus-Christ, peuple de " redressés " par la grâce, avant qu’Israël ne le vive à son tour, il en soit ainsi aujourd’hui dans le monde !

vendredi 17 avril 2009

Esaïe 43,22 à 28


Texte biblique

Et tu ne m’as pas invoqué, ô Jacob ! Car tu t’es lassé de moi, ô Israël ! Tu ne m’as pas offert tes brebis en holocauste, Et tu ne m’as pas honoré par tes sacrifices ; Je ne t’ai point tourmenté pour des offrandes, Et je ne t’ai point fatigué pour de l’encens. Tu n’as pas à prix d’argent acheté pour moi des aromates, Et tu ne m’as pas rassasié de la graisse de tes sacrifices ; Mais tu m’as tourmenté par tes péchés, Tu m’as fatigué par tes iniquités. C’est moi, moi qui efface tes transgressions pour l’amour de moi, Et je ne me souviendrai plus de tes péchés. Réveille ma mémoire, plaidons ensemble, Parle toi–même, pour te justifier. Ton premier père a péché, Et tes interprètes se sont rebellés contre moi. C’est pourquoi j’ai traité en profanes les chefs du sanctuaire, J’ai livré Jacob à la destruction, Et Israël aux outrages.

Réflexion

Pour l’amour de Moi

Poursuivant sur le thème commencé, Dieu souligne à nouveau ici à quel point le fait qu’Israël retrouve sa place de choix dans le cœur de Dieu et l’ordre des nations n’est en rien le produit de la qualité ou de la ferveur de sa piété, mais celui seul de la grâce. Aussi, pour mettre en valeur cette vérité, Dieu utilise-t-il un procédé qui nous est commun lorsque, affligé ou peiné, nous exprimons ce qui nous charge. Dieu, en quelque sorte, ouvre Son cœur, Il parle, Il partage, certes pas pour la première fois, mais ici avec des accents touchants, dans une confession, la peine, la tristesse, la déception qu’a été pour Lui, pendant si longtemps le comportement de Son peuple, ce peuple qu’Il aimait tant, à Son égard.

Dieu partage ! A travers de Son vécu douloureux avec Israël, Il s’adresse aussi à nous. Il nous dit ici à quel point, malgré le fait qu’Il est Dieu, un Dieu puissant, qui se suffit à Lui-même, Il est aussi un Dieu sensible, une Personne comme nous le sommes, dotée de sentiments, d’un cœur, un Dieu avide de recevoir, en réponse à Son amour, l’amour de nos cœurs. Or, Dieu le dit ici crûment à Israël. Alors qu’Il lui a tout donné, qu’Il a tant fait pour son salut, son bonheur, son bien-être, Il n’a, en retour, rien reçu de lui. Rien n’est pas juste. Il n’est pas le terme qui convient. Si ! Dieu a reçu quelque chose d’Israël. En lieu de reconnaissance et d’adoration, Il a reçu le mépris ! En lieu de sacrifices et d’holocaustes qui auraient rassasié Son cœur, Il a vu affluer, monter vers Lui l’odeur nauséabonde de leurs péchés. En lieu d’être une source de joie, Israël est devenu, par le récidivisme incurable de ses désobéissances une cause permanente de fatigue et de lassitude, comme peut l’être parfois pour des parents la conduite indocile et rebelle d’un fils. Si encore, dit Dieu, cette attitude n’était que le fait de quelques-uns ou, en quelque sorte, de l’adolescence. Mais ce fut dès sa naissance qu’Israël s’est montré tel, alors même que Dieu agissait pour lui et le sauvait : cf Actes 7,42-43. Une attitude qui s’est vu dès le début dans le père (Jacob) et qui, depuis, n’a fait que se perpétuer dans les fils !

Le plaidoyer touchant de Dieu porte en lui un double enseignement qui concerne tout croyant, membre du peuple de Dieu :

1. Il souligne de manière forte ce que Dieu entend lorsqu’Il parle de grâce. La grâce a pour raison première, non l’amour que Dieu a pour nous, mais en quelque sorte l’amour qu’Il a pour Lui. C’est en Lui-même, dans les ressources profondes de Son être, que Dieu trouve la capacité de faire grâce, d’effacer de Son cœur et de Sa mémoire tout ce qui dans nos vies, est cause de tristesse pour Lui. Aucun autre facteur, dit Dieu ici, n’entre en ligne de compte dans la décision qu’Il prend de nous faire grâce ! Car, rien ne provenant de nous ne peut l’inspirer à nous aimer, dignes que nous sommes d’être haï : Tite 3,3. Constatons-le d’une autre manière : dans toute l’histoire, c’est pour un seul homme que Dieu, du haut du ciel, fera entendre Sa voix pour dire de lui qu’il fait tout Son plaisir et l’objet de toute Son affection : Jésus-Christ : Luc 3,22. En-dehors de Lui, il n’y a pas de juste, pas même un seul, ni chez les Juifs, ni chez les grecs (les non juifs) : Rom 3,10.

Il souligne également la sensibilité de Dieu, la réalité selon laquelle, parce qu’Il a un cœur pétri d’amour, le péché, l’égoïsme, l’ingratitude l’affectent si profondément.

Que le Seigneur nous rende à notre tour sensible à cette réalité et nous donne, dans la crainte, de manifester toute l’admiration qui Lui est due pour la beauté de Sa grâce pour nous !